08/02/2016

Rencontre de Grenoble (2): nous ne sommes pas des lapins

A celles et ceux qui nous attaquent pour être d'affreux gauchistes ennemis de l'Etat, nous répondons cela:

Nous ne sommes pas des lapins effrayés par les phares du terrorisme international et d'Etat. Nous sommes des citoyens et citoyennes qui gardons nos yeux grands ouverts face à la pornographie réelle du monde qui veut qu'une grande partie de soeurs et frères humains meurent dans la misère la plus haïssable, qu'une autre partie doit se débrouiller par système D pour survivre dans la jungle moderne de nos villes, alors que la dernière partie peut, elle, envisagée de vivre normalement, de faire des projets intéressants, d'avoir un réel avenir devant elle.

Si deux milliards de personnes sur sept que composent ce monde peut faire la loi, organiser la planète exclusivement pour eux en traitant les relations internationales par dessous la jambe républicaine en disant qu'il y a un temps démocratique pour une classe de possédants et de citoyens "réussis", une nation "supérieure" aux autres qui, elles, n'auraient pas accès aux droits démocratiques, et un temps du n'importe quoi. de la guerre perpétuelle, de la violence, de la dictature, de l'anarchie négative à travers des actes de barbarie d'une rare cruauté, et que ses populations-là qui vivent sous cette Terreur n'ont qu'à se taire, qu'à accepter leur sort humiliant de migrants et migrantes qui soit ont tout perdu sur place, soit perdront encore davantage en arrivant chez nous pour raison qu'on les exclut du corps social, de nos nations démocratiques par nos lois répressives, alors nous avons légitimement raison de nous opposer à ces politiques mondiales militarisées qui construisent partout des murs, poussent à la haine du tous contre tous, décident que seule la loi martiale, la loi militaire, la loi de la guerre devra régner ad aeternam pour sauver les nantis de la catastrophe.

Le monde ne sera pas sauvé par cette politique-là. Jamais. Nous savons très bien, en Europe où a conduit la militarisation du monde, à cette agression permanente des uns contre les autres, à cette division ethnique entre ceux qui sont "purs" et dignes de vivre et les autres "impurs" qui seraient digne de mourir. Quand G.W.Bush attaque l'Irak sur un double énorme mensonge (armes chimiques et but d'offrir la démocratie aux Irakiens en éliminant la dictature de Saddam Hussein) et crée un demi-million de morts irakiens, contre seulement quelques morts américaines, sur place, que cet homme à la tête de la "plus grande démocratie du monde" offre le chaos que l'on connaît aujourd'hui, peut-on dire encore que nous, l'Occident avons agi en démocrates ou devons-nous plutôt avouer que nos Etats peuvent aussi être des Etats terroristes qui pratiquent et encouragent à la guerre, à la haine, à la montée du terrorisme, à l'atteinte à nos valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, et de justice?

Nous ne sommes pas d'affreux gauchistes qui ne nous attaquons pas aux terroristes qui détruisent les vies de nos enfants, de nos compagnes; qui nous détruisent nous-mêmes par une soirée douce et magique sur une terrasse parisienne. C'est scandaleux d'oser dire cela quand on se dit Républicain. Nous sommes simplement des personnes dignes, que combattons et traquons les injustices flagrantes de notre monde, l'indécence de cette immense richesse concentrée entre les mains d'un seul petit pour cent de possédants qui tirent toutes les ficelles, obtient à peu près tout de nos gouvernements veules qui trahissent, eux, les valeurs de la démocratie au nom du capital et de la finance mondiale.

Non. Nous ne sommes pas d'affreux gauchistes. Je me suis toujours senti libéral dans l'âme avec l'obligation de me battre pour obtenir ce que je veux obtenir, l'obligation d'aider plus faible que moi tout en mettant le plus faible face à ses propres responsabilités. Mais ne pas nous reconnaître dans notre combat, c'est aussi nous éliminer de la carte de ce nouveau fascisme mondial qui veut absolument maintenir une classe dominante au pouvoir qui décide de tout et ne veulent annuler notre discours par des mots et des phrases qui nous condamnent à une chimère sociale alors que nous sommes des progressistes de l'utopie démocratique, des créateurs et créatrices d'un autre monde possible.

Voilà. Je m'arrête ici. Grenoble se souviendra de ce 7 février 2016. Et ses enfants seront un jour reconnaissants à tous ces gens présents ce jour-là au Palais des Sports qui avaient un grand rêve réalisable comme celui fait un jour par Martin Luther King.

Rencontre de Grenoble: la contredanse salée au gouvernement Valls

 1'300 personnes réparties dans deux salles du Palais des sports de Grenoble.

La réponse cinglante à l'ex-président Sarkozy et au président actuel Hollande a été une démonstration énergique de la mobilisation citoyenne contre l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

De très nombreuses personnes ont tenu six heures sans jamais quitter leur chaise pas trop confortable pour suivre l'entier du débat. C'est dire la passion qui animait tous les participants et participantes durant la réunion et la nécessité d'écouter les intervenants et intervenantes.

A la contredanse salée envoyée à Mr Hollande et son gouvernement il n'a manqué finalement que le poivre de Cayenne de Christiane Taubira pour pimenter un menu déjà très copieux et d'excellent cru. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de la part de Médiapart. L'ex-ministre n'a sans doute pas voulu planter le couteau au coeur du gouvernement dont elle a été une pièce maîtresse.

Toutes les interventions peuvent être visionnées dans leur intégralité sur la chaîne You Tube ou Daily Motion.

Merci à Médiapart, à la Municipalité de Grenoble, aux intervenants, ainsi qu'à la divine intervention de quelques enfants aux tambours...battant la renaissance citoyenne et l'exigence de changer quelque chose à cette France, à cette Europe qui prend de mauvais chemins très sombres frisant la rechute vers des fascismes et des totalitarismes dont on a cru pouvoir, en d'autres temps, se débarrasser intégralement. La Vème République a vécu. Il faut changer la France pour changer d'Europe!

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NOBLES HEURES POUR NOS LIBERTÉS

 

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07/02/2016

Grenoble, nous voilà!

Mon train m'attend. Je dois faire vite. Mais doucement, Killy, va doucement. Notre train nous attend. Nous devons faire vite. Mais doucement Killy, va doucement. Nous n'allons pas faire un Kill. Nous allons danser, chanter, philosopher, et donner quelque chose de nous, quelque chose d'essentiel à ce monde qui dépérit et qui ne cesse de se trouver des excuses pour organiser la guerre, la violence, le crime, le viol.

Rien de justifie la haine. Sauf la haine elle-même. La haine de soi et des autres. La haine, la jalousie, le besoin de faire du mal pour se venger à froid de nos petites frustrations contemporaines.

Non! A Grenoble, nous n'allons pas à un rassemblement de la haine. Mais à un rassemblement d'amour pour nos passions, notre culte à al vie et au partage, notre besoin de se reconnaître même si nous ne nous sommes jusque-là jamais rencontrer.

A tout-à-l'heure. Killy. Mais doucement, Killy, tout en douceur. Il faut remporter la victoire des idées et faire venir à la lumière ce monde qui s'enfonce dans son obscurité, ses passions guerrières, ses envies d'en découdre sur le terrain militaire par manque de passion amoureuse.

06/02/2016

La régresssion masculiniste en France, en Amérique, partout

Lors du rassemblement de Grenoble "pour nos libertés" de ce 7 février, il serait bon aussi de faire part de l'actuelle régression masculiniste qui tente de rattraper un terrain perdu durant les années de la libération féminine, soit années 68 et suivantes.

Oui, il faut le dire d'entrée. Le discours qui légitime pratiquement le viol sur les femmes libérées tend à se refaire une place dans notre société actuelle. Et cela n'est pas l'oeuvre de quelques migrants venant d'une autre culture mais bel et bien de personnes européennes, américaines, ou autres qui revendiquent une parole outrancière, lâche, et carrément scandaleuse. Certains hommes en veulent aux femmes qui se sont affranchies de leur tutelle. Ces mêmes hommes tiennent le discours de la "femme qui l'a bien cherché" par son apparence vestimentaire, pire encore, par ses ballades solitaires dans la cité ou à la campagne, voir même au domicile où elle devrait être chaperonnée en permanence par son mari ou une autre femme avec l'interdit du droit de visite d'un autre homme en cas de présence seule! Et cela est proprement stupéfiant dans l'actualité d'aujourd'hui! Parce que se sont bien souvent les mêmes hommes qui s'en prennent avec violence à l'islam et aux agressions de Cologne sur "leurs femmes" en solo ou en groupe de femmes dans la rue et de nuit, vêtues pour faire la fête! Comprend qui pourra.

Car oui. L'islam intégriste prône la tenue vestimentaire pudique, le voile, voir le hijab. Cet islam promeut aussi l'interdiction aux femmes de se promener toutes seules dans la rue ainsi que la visite à domicile d'hommes sans présence du mari ou d'une personne tierce féminine ou frère du mari qui peut empêcher tout rapprochement physique coupable entre la femme mariée et l'homme visiteur. Cela s'appelle rendre irresponsable la femme de ses actes, la mettre sous tutelle, lui interdire l'accès à une vie mondaine sans l'accompagnement de son mari et vivre en résidence surveillée en permanence!

La femme serait-elle donc si salope que ça? incapable de maîtrise et de fidélité à son amoureux élu ou alors, libre de ses actes? Lubrique comme une femelle toujours en chaleur? La femme serait donc un objet sexuel sans sujet, sans personnalité, exposée à la concupiscence des hommes et obligatoirement à surveiller, à fliquer, à régenter pour sauver l'honneur de l'homme marié ou l'amant unique? La femme serait-elle enfin la coupable idéale, la goule de Satan qui sans règles strictes imposées des hommes s'expose à toutes les licences imaginables sans jamais réfléchir à ses actes? La femme serait, pour l'apothéose de cette vision machiste, cet objet condamné légitimement au viol en cas de désobéissance à l'homme tout-puissant, viol qui ne serait alors absolument pas de la culpabilité de l'homme mais entièrement attribué au comportement illicite de la femme?

Que veulent donc ces masculinistes d'un autre temps, d'autres moeurs que nous n'acceptons plus, nous les libéraux, les libérés de la révolution sexuelle qui refusons d'ignorer ce même pied d'égalité qui unit la femme et l'homme sous la même responsabilité des actes accomplis par amour ou purement par goût du sexe et de la transgression? La charia des hommes blancs, bien souvent souverainistes et nationalistes, et prêts à dire aux femmes le discours religieux tel qu'ils le conçoivent, tel qu'ils voudraient l'appliquer aux épouses et aux femmes en général, selon des codes qui ne devraient pourtant plus faire partie de notre modernité sacralisant les rapports d'égalité entre femmes et hommes.

"Six heures pour nos libertés" c'est aussi dire NON à ce nouvel état d'urgence mâle créé par des hommes masculinistes qui vouent aux enfers les discours féministes et les droits, l'égalité  acquise par nos compagnes et partenaires de vie.

 

Les Anges...filles d'amour...filles de joie...filles libres...femmes égales à

l'homme libre...

05/02/2016

Lettre d'un abruti cuisinier à un abruti d'écrivain

"Il a fait la cuisine". L'homme commence son discours comme cela. Il aurait pu dire: "Il a fait l'amour au monde en général et à la gastronomie en particulier. Mais non. L'homme parle de fascisme, d'élitisme, tout en dénigrant la profession. Cuisinier ce n'est pas être un grand écrivain comme Jacques Chessex. Non. Cuisinier c'est réservé aux abrutis qui n'ont jamais réussi à faire d'études. La nourriture est spirituel ou pas...selon l'homme de lettres. Donc la nourriture est prioritairement, pour lui, une nourriture de l'âme. Celles et ceux qui pensent constamment à la "bouffe" sont obscènes, fabriquent leurs concours pornographiques pour élire leurs porno stars de la cuisine...

Mais l'écrivain, lui, ne fait pas de concours obscène. Il se fait élire au Goncourt ou au Fémina par de grands représentants de la culture spirituelle pas de la culture cul...inaire. Le Gandhi de la cuisine, pardon du sexe maître queue, est mort. Décernons-lui la médaille en or Roco Sifridi... Repas à quatre pattes compris dans le tarif. 

Non, monsieur l'écrivain. Je ne baisse pas ma culotte pour manger du luxe. Je travaille comme petit cuisinier dans une trattoria-pizzeria pour une petite paie qui donne à manger et contenter jusqu'à 400 personnes (avec mes collègues de feu) par jour pour éventuellement, un jour, manger chez un tout grand chef qui fait de l'orfèvrerie, de la joaillierie culinaire, au même titre qu'un musicien ou qu'un écrivain.

La cuisine peut être du grand art. Nous mangeons très souvent de la daube dans nos vies, comme nous lisons parfois de la daube et écoutons une musique de daube sur nos téléphones ou radios-télévisions. Rien à voir avec le grand art... Parce que la passion n'est pas la même. Parce que la persévérance pour arriver au but et servir du sublime n'est pas du tout la même que de servir simplement un hamburger, une pizza, ou une pâte de bon aloi dans un fast-food.

Ne pas savoir faire la différence entre une grande cuisine d'art et un restaurant populaire est un manque de culture culinaire évidente et traiter de fasciste les cuisiniers qui se subliment chaque jour pour créer de l'art est d'un mépris scandaleux et une terrifiante injure faite à ce grand chef décédé, dont vous n'avez même pas orthographié correctement son nom, et à toute la profession, Monsieur Despot écrivain...

Son nom est Benoît Violier avec un l à moins que vous vouliez volontairement lui donner deux ailes pour voler. Mais il vole sans vous et il n'a pas oublié, en route vers le paradis des artistes, son accent circonflexe sur le i de son prénom.

L'erreur est humaine mais à ce point-là, alors que les obsèques ne sont pas mêmes achevées, c'est totalement impardonnable de votre part.

Ce billet est écrit par un petit cuisinier qui sait ce que cela veut dire de trimer dans une cuisine et qui reconnaît la passion des grands chefs donnant toute leur vie à leur art...parfois même beaucoup trop jusqu'à leur propre suicide...

Gastroporno ! (RIP Benoît Viollier)