21/01/2021

Corneille Theunissen et le travail des enfants

Les médailles et les monnaies permettent de refaire connaissance avec certains pans de l'Histoire oubliés ou méconnus de nos jours.

A la fin du XIXème siècle, un sculpteur-graveur va marquer de son emprunte la condition ouvrière, en particulier celle des mineurs et des paysans, ainsi que le monde militaire et la tragédie de la première guerre mondiale.

Faut-il voir chez Theunissen les traces de l'artiste engagé défendant dans ses oeuvres les couches sociales défavorisées par la vie?

En tout cas, la légende accorde à Corneille Theunissen la montée sur Paris au bras de Louise Michel, la célèbre institutrice anarchiste de la Commune. http://www.wikiphidias.fr/index.php?option=com_content&am...

Son oeuvre monumentale d'une famille de mineurs qui se trouve au Centre historique minier de Lewarde marque la souffrance endurée et accumulée par elle. https://commons.m.wikimedia.org/wiki/File:Corneille_Theun...

En 1916, il se rend à l’hôpital mobile sous tentes de Wimereux installé pour soigner les blessés de la bataille de la Somme, où il retranscrit par ses portraits et dessins la souffrance des malades et l'application du personnel hospitalier (source Wikipédia). https://fr.wikipedia.org/wiki/Corneille_Theunissen . Là, il dresse le portrait de deux infirmières au chevet des soldats:

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C'est grâce à une splendide médaille que ce billet existe. Sans elle, Theunissen me serait sans doute resté à jamais étranger à mes connaissances artistiques et sociales.

Sur l'avers de cette médaille, Theunissen dresse le portrait d'Emile Deshayes de Marcère, Ministre et dernier sénateur inamovible de la IIIème République. Mais si le Ministre a l'honneur de cette médaille ce n'est pas pour avoir été ministre mais parce que la Compagnie des Mines de Béthune le remercie pour ses 20 ans à la présidence et direction de la Compagnie spécialisée dans l'extraction de houille. https://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_des_mines_de_B%C3...

Au revers de celle-ci, le décor semble à première vue assez étonnant. Au premier plan, des enfants, se tenant par la main, dansent autour d'un chêne. Un des enfants tient une branche d'olivier. Un autre, ce qui semble être une branche de belladone. https://www.ebay.fr/itm/Plantes-Belladone-Datura-Lithogra...

Il faut savoir que la belladone est utilisée à l'époque pour calmer les souffrances et qu'à la Renaissance elle était utilisée sous forme de crème pour augmenter la beauté des yeux des femmes. Reconnu comme poison, la belladone est aujourd'hui presque totalement abandonnée dans les traitements médicaux à cause des risques trop élevés.

Sur le chêne, une inscription gravée qui compare les volumes d'extraction de houille entre l'année 1888 et l'année 1908. Le volume a plus que doublé et la Compagnie de Béthune est alors au sommet de sa gloire nationale.

A l'arrière plan, une maison qui est sans doute l'ancien orphelinat par la suite transformé en bureaux de direction parce que l'orphelinat ne semble pas avoir été rentable pour la Compagnie qui préfèrera finalement aux coûts de l'orphelinat les familles de mineurs acceptant l'accueil des enfants abandonnés contre travail à la mine.

Dans une sorte d'allégorie, Theunissen oppose sur cette médaille, en unique exemplaire connu pour une frappe en argent, la souffrance consentie par les enfants durant l'extraction de millions de tonnes de houille à une danse joyeuse et endiablée autour d'un chêne représentant la République française et son développement économique fulgurant grâce au dur labeur des mineurs.

Désormais, cette magnifique médaille qui a valeur artistique, historique, et muséale, dont un exemplaire existe en bronze au Musée d'Orsay, semble venir nous confirmer une fois de plus que défendre le patrimoine artistique contre le fléau de l'oubli et de la disparition c'est aussi défendre nos démocraties contre les fléaux de la guerre et de la dictature d'où qu'elles surgissent.

Ci-dessous, les photos de ce très bel et unique objet numismatique connu à ce jour.

 

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20/01/2021

L'Amérique, les uns avec les autres

 

J'aimerais danser aujourd'hui

mais mon coeur ne danse plus.

J'aimerais chanter aujourd'hui

mais mon âme ne chante plus.

J'aimerais aimer le monde

mais le monde aujourd'hui

je le regarde comme une plaie immonde

et je ne l'aime plus

comme quand j'étais enfant.

 

J'ai comme une douleur

qui me revient de Tennessee,

une douleur qui grandit et ne guérit pas

au sein de cette société qui a rétréci

ses rêves jusqu'à la haine définitive,

le rejet, l'élimination, l'ignorance

de l'autre, mon voisin, mon frère,

ma voisine, ma soeur.

 

Je voudrais croire à tes mots, Joe.

Je voudrais croire à ta promesse, Kamala.

Je voudrais imaginer

que tout est encore possible

et que l'Amérique montre enfin

la beauté qu'elle a conçu en son ventre

plutôt qu'elle étale sa laideur pornographique

aux yeux du monde,

cette consommation abjecte, folle, et cannibale

réduisant l'humain

à cet objet d'utilité économique

voir cet objet inutile à éliminer

en créant des ghettos,

des zones de non-droits,

du racisme communautaire et institutionnel.

 

J'aimerais rêvé en couleurs

comme Martin Luther King

et le sénateur Bob Kennedy.

J'aimerais revoir ce rêve américain

qui me faisait rêvé dans mon enfance.

J'aimerais croire

que nous allons gagné

et vaincre le signe trumpien

plutôt que de perdre encore une fois.

Perdre nos liens,

perdre nos cultures,

perdre nos arts,

perdre nos relations humaines,

perdre pieds parmi ce maelström

rempli de vengeance et de haine,

de mensonge et de fake news.

 

Bonne route, Kamala et Joe.

J'aimerais y croire.

Alors faites pour que j'y crois encore.

 

JFK

 

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Alexeï Navalny, l'amour, et la politique

Quand on revient des pas perdus de la mort, il est inenvisageable de ne pas continuer le combat de sa vie.

Vladimir Poutine voulait faire tomber Alexeï Navalny, son opposant le plus connu et le plus suivi en Russie. Un autocrate comme Vladimir Poutine ne peut qu'attendre fidélité et respect pour son pouvoir de la part de ses sujets, c'est-à-dire le peuple.

Celles et ceux qui s'opposent à lui sont considéré-e-s comme des traîtres à la patrie. Et ils méritent des châtiments à la hauteur de leur traîtrise. Soit la mort lente et cruelle par empoisonnement. Navalny a échappé de justesse à son destin de traître grâce à l'Allemagne qui l'a accueilli et soigné sur son territoire. Les Russes étaient trop sûrs que le poison n'était plus détectable. Ils ont donc laissé partir le traître Alexeï en lui souhaitant bon rétablissement. L'art du cynisme poutinien était consommé.

Il faut prendre Vladimir Poutine tel qu'il est: un homme qui a voulu rendre à la Russie sa grandeur de l'époque tsariste. Et pour cela, ce président de haute stature ne s'embarrasse pas des gêneurs aux idéaux démocratiques. Il les élimine de façon subtile sans que cela ne l'atteigne directement. Il est difficile de pénétrer l'âme russe et ses méandres. Les ennemis de la grande Russie ne peuvent pas comprendre que ce peuple a subi les ravages de l'Histoire et la déconsidération du monde dit libre suite à la montée de l'idéologie communiste se traduisant avec l'arrivée de Lénine puis de Staline au pouvoir.

L'Occident capitaliste et impérialiste n'a jamais accepté qu'un programme politique basé sur l'égalité citoyenne imposé par le haut puisse s'opposer à la liberté de réussir ou rater sa vie jugée sur sa seule capacité à s'enrichir personnellement par l'effort des études ou simplement par facilité et capacité à faire de l'argent dans le monde des affaires. Les Russes ont planté leur système à cause de la dictature imposée, les intrigues au sommet du pouvoir du Soviet Suprême, de la corruption endémique au sein du polit bureau, des goulags réservés aux dissidents, et aux massacres d'une partie de sa propre population.

L'Occident et sa "démocratie" a été plus intelligente et plus maline. En laissant pleine liberté aux populations, elle a permis de camoufler les inégalités grandissantes et flagrantes entre les couches sociales du peuple. Mais aujourd'hui, le système est lui aussi à bout de souffle.

Alexeï Navalny est l'exemple d'un citoyen qui cherche autre chose au milieu du chaos du monde. Traître à Poutine et son pouvoir hégémonique de type tsariste, il pourrait bien aussi se montrer traître à l'Occident à l'instar de beaucoup d'anciens dissidents.

Alexeï combat pour le peuple et par le peuple. Il n'a plus peur de la mort à force de l'avoir fréquentée. Il est retourné au pays parce qu'il ne veut pas abandonner le peuple à son sort désormais attaché et condamné à suivre le tsar moderne de toutes les Russies. C'est un homme, un vrai. Mais cela ne dit rien sur sa capacité à mener le peuple russe vers plus de démocratie. D'ailleurs, est-ce que le peuple russe veut vraiment d'un président qui n'aurait pas la force de s'opposer à l'Occident et l'Amérique en particulier? Elle a déjà connu cela avec le président Boris Eltsine. Cela n'a pas été une réussite.

Au fond, la Russie à traverser deux siècles d'Histoire à vouloir proposer une alternative à la toute puissance occidentale. Il est compliqué, pour un ou une démocrate russe, de se faire un chemin autre qu'un chemin semé de ronces et d'embûches. Le peuple russe semble méprisé l'art du compromis, voir de la compromission. Elle préfère à l'homme diplomate, l'image de l'homme fort qui affronte les épreuves droit dans ses bottes et sans jamais renier l'Histoire russe à la fois tragique et grandiose. Les traîtres comme Navalny n'ont pas grâce aux yeux de très nombreux Russes nostalgique de la grande Russie. Mais Alexeï Navalny, revenant dans sa patrie malgré les menaces d'emprisonnement et de mort, montre qu'il a l'étoffe d'un homme qui aime son pays plus que tout, plus qu'une vie confortable et courtisée en Occident.

Les Russes qui plaident en faveur de la démocratie et de la liberté ont trouvé leur nouvel héros, leur capitaine Strogoff des temps modernes bravant à la fois les barbares et les affres d'un pouvoir central trop tourné vers ses élites aristocratiques moscovites, un capitaine qui correspond aux idéaux patriotes d'un peuple trop longtemps mis sous le joug d'hommes cyniques faisant souffrir le peuple condamné au silence et à subir les coups brutaux d'un pouvoir d'acier. L'amour romantique est de retour en Russie. C'est quelque chose de beau, de grand, de sublime. Il faut espérer que Vladimir Poutine s'en rende compte et qu'il laisse la vie sauve à son plus illustre opposant.

Vive Alexeï Navalny.

https://www.letemps.ch/opinions/alexei-navalny-courage-le...

 

15/01/2021

Vers un vaccin covid obligatoire pour tous

Les Etats-Unis préparent en ce moment un passeport covid obligatoire pour tous.

Avant même de savoir si les vaccins qu'on nous propose seront efficaces sur tous les variants présents et à venir de la Covid-19, plusieurs organisations, dont Microsoft, préparent un passeport numérique covid qui permettra de se rendre au travail, à l'école, ou voyager dans le monde.

C'est le début de la soumission totale et absolue aux pharmas. Si, comme nous le constatons déjà aujourd'hui, le sars-cov2 nous accompagne durant des années voir des décennies avec toutes ses variants potentiels, nous voilà bientôt astreints aux campagnes mondiales annuelles, voir bisannuelles, de vaccination et de rappels covid.

Serons-nous tous obligés de tendre nos bras aux laboratoires pour avoir le droit de vivre normalement sur cette planète alors même que l'immense majorité des gens se soignent très bien de cette maladie sans aucun recours aux hôpitaux?

Il serait temps que des comités d'éthiques se penchent sérieusement sur le sujet afin de défendre la liberté individuelle en matière de soins médicaux. Il n'est en aucun cas acceptable d'imposer à des personnes saines un traitement vaccinal invasif dont personne aujourd'hui ne peut dire s'il peut avoir des effets négatifs à moyen et long terme sur les cellules du corps humain. Ce serait un peu comparable à une sorte de viol intime  "consenti" du patient par ordre d'Etat.

Toute vaccination est un risque assumé par une personne libre et consciente du geste qu'elle doit accepter et comprendre dans toute sa globalité. Vouloir imposer de force un geste médical sur une personne adulte, c'est lui ôter son autonomie et sa liberté de décision. C'est donc un geste totalitaire d'un état totalitaire. Aucune raison valable ne peut être avancée à ce stade-là de la maladie covid qui n'est pas d'une dangerosité absolue pour la survie des êtres humains. Si, au pire, un variant de la covid se montrait beaucoup plus toxique et touchait gravement toutes les couches de la population, nous pourrions, en dernier recours, avoir besoin de ce vaccin et d'un passeport covid pour autant que le vaccin soit réellement prouvé efficace pour la survie et la santé globale de la population. Ce serait de toute façon dramatique en soi que l'Humanité doit désormais vivre avec l'obligation du recours au vaccin.

Mais en dehors de ce cas d'urgence extrême, il est scandaleux, plus encore inadmissible en démocratie, de vouloir dès aujourd'hui imposé par force obligatoire un vaccin covid pour toutes et pour tous.

Si la pression monte encore, un comité d'initiative devra être créé en Suisse contre la vaccination obligatoire pour tous. Je serai un des premiers signataires.

 

14/01/2021

L'amour au temps du Covid

Il est difficile de s'imaginer pire période pour faire des projets amoureux. A part la guerre et la mort, rien ne peut être plus grave qu'une pandémie pour empêcher deux êtres de s'aimer et se rapprocher.

Il y a les amours contrariés de celles et ceux séparés par les distances et les fermetures de frontières, les impossibilités de travailler, ou les quarantaines imposées. Et il y a les amours qui cassent parce que tout lasse, surtout par temps de pandémie.

Depuis le covid, je me suis lancé dans une recherche encore plus affamée d'oeuvres qui signifient quelque chose de profond de manière intime et collective. Et par chance, il ne faut pas toujours avoir un compte en banque bien étoffé pour s'autoriser une petite folie qui viendra égayer la morne plaine de nos jours.

Je suis tombé sur le grand tableau d'un artiste suisse totalement méconnu dont on ne trouve aucune trace sur la Toile. Il a vécu à Lausanne, rue du Maupas. En tous les cas, son atelier devait être là. Probablement disparu aujourd'hui, le seul tableau de lui dont j'ai connaissance a fini dans la boutique d'un antiquaire puis finalement dans mon antre de plus en plus peuplée de bonnes compagnies.

Je suis assez content de vous en proposer la découverte à travers deux images sur mon blog. On pourrait intitulé cette peinture sur bois "L'amour au temps du Covid". Madame regarde tristement le monde avec une sorte d'effroi comparable au Cri d'Edvard Munch. Monsieur, respectant la distance sanitaire, regarde à l'opposé, vers un horizon bouché par les montagnes et les nuages et il se demande quand tout cela prendra fin. Un avenir dans le brouillard et personne pour redonner de l'espoir aux amoureux.Les étendards sont en berne.

Peut-être cela pourrait-il être un couple de restaurateurs au bord de la faillite et de la rupture amoureuse... Camarades fédéraux, encore un effort.

 

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L'Amour, Josef Schmid, année inconnue, Lausanne

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