14/12/2018

DeFLaGRaTIoN

Peux-tu t'échapper

de l'effet Matthieu

et changer ta vie en mieux?

 

Peux-tu encore croire

que cette fois

c'est ta chance

et que dans ses yeux

se lira toute la lumière de ton succès?

 

Mais si c'est l'Antiquité

qui t'offre ta place

au sein de la Modernité,

quelle joie!

Merci joli guerrier gaulois

de m'offrir à travers toi

la lumière de la reconnaissance.

 

Qui étais-tu

toi le célèbre sculpteur de bronze inconnu?

Que faisais-tu en ce temps-là?

Plus de 2000 ans nous séparent

mais je me suis jamais senti si près

de la Gaule qu'avec toi.

 

J'espère qu'ils sauront

te mettre en exergue.

J'espère que tu connaîtras

le succès que tu mérites.

 

Je crois que tu es bien

le dernier guerrier Gaulois

assis sur son coursier

ayant survécu si longtemps

à l'usure du temps.

 

Merci d'être venu jusqu'à moi

par le plus grand des hasards.

 

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11/12/2018

Joyeux Noël, mon gilet jaune

Marie était allée chercher un couteau dans la  cuisine, mais ce n’était pas pour couper la bûche…

Nous étions alors rentré dans le temps de l'Avent et Marc venait de dire à sa compagne que pour un temps de paix nous étions plutôt entré dans un temps de violence, d'incohérence, de haine, et d'incendie en guise de révolution.

En revenant de la cuisine, Marie se campa entre le sapin de Noël et son homme et posa, d'un ton sévère et très autoritaire, la question qui tuait en ce moment  tous les gilets jaunes en général et son fiancé Marc en particulier.

"Avant quoi, Marc!? Y'en a marre! On se les gèle chaque jour sur les ronds points et on tourne en rond. Le Macron, il nous jette sa poudre de perlimpinpin aux yeux tandis que le peuple regarde comme des moutons consommateurs au lieu de nous rejoindre dans la rue. Regarde bien ce couteau. Si on ne se bat pas, si on ne lutte pas pour la cause, nous n'aurons ni révolution, ni jamais rien et notre civilisation est foutue."

Marc était resté stupéfait devant elle. Sa si douce Marie semblait transfigurée non pas en une gentille madone de Noël qui attendait impatiemment les cadeaux de son homme et se réjouissait d'en distribuer à ses enfants et à son homme mais à une femme déterminée, une pétroleuse prête à enflammer tout Paris.

Que répondre encore quand une femme ne supporte plus les fins de mois qui arrivent bien trop vite au début du mois et que plus rien ne va économiquement pour les gens pauvres comme elle? Marc ne savait plus trouver les mots qui apaisent, les mots d'espoir pour des lendemains meilleurs...

Son attention se porta sur le petit cavalier gaulois qui se tenait fièrement sur la commode. Et il formula ainsi ces quelques mots pour son épouse.

"Tu vois, Marie, Vercingétorix, après avoir été un grand chef gaulois au service de César, décida un jour de se retourner contre le dominateur et engagea ses troupes, et celles de toutes les Gaules qui avaient décidé de se révolter et de résister à l'Empire, pour reconquérir l'indépendance et la fierté d'être gaulois chez soi. Trop insuffisant. Trop nombreux furent les chefs gaulois qui décidèrent de rester dans l'Alliance avec César et combattirent eux-mêmes Vercingétorix et ses alliés. Il finit par perdre, de façon héroïque, à Alésia et se rendit à César avant de croupir dans les prisons romaines plusieurs années. Au final, amaigri et malade, il fut exécuté sur ordre de César. Et bien pour nous, ce sera pareil. Si nous sommes si peu nombreux dans la rue et aux ronds points, si les Françaises et Français nous soutiennent majoritairement mais ne nous suivent pas pour renverser notre César à nous, nous n'avons aucune chance de faire la révolution et nous détruirons en plus notre jolie famille."

Marie se fâcha tout rouge.

"Mais t'es une merde, Marc! T'as pas de couilles! Il faut qu'on prenne les armes et tant pis si on finit comme Vercingétorix. Au moins, nous aurons su garder notre dignité! Regarde bien ce cavalier. Il a un gant de fer qui se termine avec une lame à tête de serpent. A la ceinture, il porte une hache et un poignard ou une courte épée. Son cheval galope vers l'ennemi. Et son casque se termine par trois serpents. Imagine-toi que c'est un gilet jaune! Que lui c'est nous! Que lui c'est toi et moi! Et que nous allons faire cette satanée révolution!"

Marc resta songeur. Devait-il encourager et suivre Marie vers sa dérive violente et sans issue pour rester son homme, son héros? Où n'était-il pas de son devoir d'homme responsable de calmer l'incendie qui enflammait le cerveau de Marie au risque de laisser chez son amoureuse l'impression qu'il dégageait désormais l'aura d'un pleutre mollusque n'osant plus rien et s'écrasant devant la toute-puissance des trop riches et des arrogants?

"Ecoute Marie. Moi, au peuple et aux chefs populistes de la télé, je ne fais pas plus confiance qu'à Macron. Si je suis aux ronds-points avec mon gilet jaune c'est pour obtenir quelque chose comme de la reconnaissance entre nous tous, de la solidarité autour du feu allumé, des liens qui se tissent entre nous, gens de peu. Mais monter à Paris pour se faire massacrer par les CRS, c'est pas la peine. Si le peuple français voulait vraiment cette révolution, il serait dans la rue avec nous et enfermerait Macron à L'Elysée jusqu'à ce qu'il cède et démissionne. Ils sont où les millions de gens dans la rue nécessaire à cela? Pas besoin de violence, Marie. Juste nous, les Gaulois, les Gauloises, et notre détermination, des millions de gens qui se relaient devant le Palais du Prince durant quelques jours et empêchent Macron de circuler. C'est parfois très simple une révolution, pas besoin ni de sang, ni de violence, ni de drame. Juste un homme seul qui doit affronter seul des millions de gens dans la rue, et il se retrouve défait, perdu. C'est la démocratie qui permet cela. Quand je saurai qu'il y aura des millions de gens prêts à cela, alors nous irons à Paris faire la révolution avec eux et elles tous. Je te veux en vie, Marie, héroïne de notre quotidien, et je veux que nos enfants ne deviennent pas orphelins et placés dans des familles d'accueil. C'est ma toute première priorité, mon ange." 

Marie posa le couteau à côté du cavalier que son mari avait sauvé miraculeusement de la disparition en le ramenant à leur maison. Il l'avait trouvé chez un brocanteur qui l'avait racheté à un antiquaire qui le prenait pour un jouet d'enfant, un indien en plomb d'une date relativement récente. Hors non. Selon Marc, c'était un trésor unique et inestimable qu'il avait déniché et sauver d'une possible disparition plus ou moins futuriste au fond d'une poubelle. Un objet qui n'existait nulle part, même pas dans les musées. Il avait pris soin de tout analyser et d'en prendre quelques clichés. Il s'apprêtait à en faire cadeau à une association qui protégeait le patrimoine et les vestiges d'une villa romaine. Justement. Marc portait d'ailleurs le nom de famille d'un fameux empereur: Marcus Probus. Et Marc se faisait un grand honneur de défendre l'esprit gaulois de concorde, de paix et de partage avec son illustre patronyme romain.

Marc finit par adoucir les mots de Marie et lui promis de rester cet homme prêt à la révolution à condition que le peuple suive le mouvement.

"Demain, je passe à la poste et j'envoie notre beau cavalier à l'association. J'espère qu'il ne disparaîtra pas encore une fois et que le peuple gaulois pourra l'admirer au musée. En attendant, je publie notre petit conte de Noël sur Internet avec les fameuses photos de notre gilet jaune vieux de plus de 2000 ans. Une sorte de résurrection flamboyante de l'esprit gaulois."

Marie esquissa un sourire sur ses lèvres rouges et embrassa son homme d'une façon fougueuse en regardant le beau cavalier gaulois.

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Bronze gaulois, date probable -400 à - 100 avant J.-C.

remis par courrier postal recommandé à l'APYM avec d'autres objets précieux

(Association promotion de la Villa Yvonand-Mordagne)

Yverdon, Suisse.

 

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Gant métallique et lame en tête de serpent posée sur la plaque de protection du cheval

 

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09/12/2018

Gilets jaunes, naufrage en solitaire

En apparence, ils auraient fait plier Macron et ses décisions injustes. En apparence, ils ont le soutien de la majorité des Français et des Françaises.

Mais en réalité, personne n'ose vraiment les défendre. Considérés comme populistes, fascistes, ou rouge, ils continuent un combat qui ne mènera ni à la victoire ni au renversement de l'Histoire.

Seuls et seules devant les forces de l'Ordre, ils servent à alimenter les plateaux TV et les journaux. Mais pour eux et pour elles, leur quotidien ne changera guère. 

Ils portent des gilets jaunes. Ce sont les naufragés et les naufragées qui vivent sur la Terre ferme. Mais comme pour celles et ceux qui meurent en mer d'avoir essayé le grand voyage vers l'espoir, elles et ils n'arriveront pas à créer cette majorité silencieuse qui fait la Révolution.

Elles auront été braves. Ils auront été courageux. Et puis, ils et elles retourneront dans leur invisibilité pour fêter Noël en famille.

Comme pour sauver l'Aquarius, il n'y a pas de volonté politique consciente et suffisante pour changer la société et sauver le monde.

 

07/12/2018

Le Bunker de l'Elysée

Que sais-tu du peuple,

Emmanuel?

Que sais-tu de ses espoirs,

de ses attentes déçues,

de vos trahisons à répétition,

Président après Président?

 

Que sais-tu de nous,

Emmanuel?

Que sais-tu des 20 ans perdus

à vivre dans la solitude,

à vire dans la marge,

à vivre sans plus d'espoir

de revenir dans le jeu?

 

Que sais-tu de moi,

Emmanuel?

De mes amours, de mes abandons,

de mes silences, de ma mortitude,

de ce mortier qui frappe ma gueule

tous les jours,

et mon coeur, ma bravitude,

à chaque fois que tu donnes

aux riches et que tu reprends aux pauvres

jusqu'à leur dignité

en jouant constamment le mépris,

le maître grandiloquent qui a réussi,

le cynisme à chacune de tes plaisanteries douteuses,

les mots qui heurtent

nos femmes, nos jeunes, nos hommes

comme des grenades explosées

aux visages des gens de peu,

des gens de rien

qui travaillent durs

pour presque rien

et voient leur horizon bouché,

leur avenir foutu,

leur abandon évident

par ce monde trop égoïste

et ce chacun pour soi?

 

J'aurais aimé,

Manu,

j'aurais aimé

que tu te mettes à nu,

que tu deviennent 

ce grand président

mais j'ai su bien vite

que tu ne le serais jamais

parce que tu venais de la banque

et que de la banque

ne sort jamais que des hordes de loups,

des élites au-dessus du peuple,

des traders qui jouent aux dieux

entre deux filles magnifiques

shootées à la coke

avec qui ils trinquent

dans les bulles de champagne

et le caviar

et qui finissent dans un lit

à baiser comme des loups et des louves,

à baiser le petit peuple,

à baiser la nation entière,

et notre terre universelle.

 

J'aimerais te dire,

Emmanuel,

que demain je ne serai pas présent

devant l'Elysée.

Non par lâcheté ni par peur.

J'ai déjà pris des risques

dans ma vie.

Mais le travail contraint m'appelle.

Toujours le travail

et ne pas perdre sa place

pour éviter de se retrouver à la rue,

sa dignité de gagner sa vie

et de rester tout de même

en marge du jeu démocratique.

 

J'aimerais te dire,

Emmanuel,

que demain je serai là avec mes tripes,

mon courage, mon honneur,

à défendre des femmes et des hommes,

des travailleuses et travailleurs,

des chômeuses et des chômeurs,

des marginaux, des paumés,

des migrantes et des migrants,

des jeunes étudiantes et étudiants,

des retraitées et retraités,

qui désirent un autre monde.

 

Et si tu t'enfermes dans l'Elysée

alors sache déjà que le peuple saura

rester devant les barricades

au-delà de samedi

en t'enfermant des jours et des nuits

jusqu'à ce que tu cèdes

et que tu acceptes de remettre

ton pouvoir et ta gloire

au peuple.

 

Je peux me tromper.

C'est bêtement humain

de se tromper

comme toi tu t'es trompé.

Mais je fais le pari

que cette fois le peuple sera

du côté de toutes mes révoltes,

de tous mes dégoûts,

de toutes ces années

où j'ai attendu une main tendu

d'un pouvoir quelconque pour comprendre

ma situation tragique et mon monde,

une main de pouvoir

qui n'est jamais venue,

une main qui ne vient jamais

parce que nous sommes seuls

et seules au monde

dans cette jungle démocratique.

 

Alors demain,

je serai gilet jaune

depuis mon petit territoire

et j'attendrai la réponse

du peuple de France

à votre délire néolibéral

qui impose sa loi

pour nourrir grassement

une petite élite,

ce fameux 1% des gens

de notre planète Terre,

et qui ont fracassé, en 40 ans,

la solidarité, la fraternité, la liberté

au sein de nos démocraties

en imposant peu à peu

la haine et l'envie de dictature

au sein d'une partie du peuple.

 

Demain, je serai, avec tout mon amour,

présent parmi eux, parmi elles tous

pour qu'il n'y ait aucun crime de sang

mais la victoire du peuple

au bout du chemin.

 

C'est cela que tu dois savoir de moi,

Emmanuel.

 

"Sans munitions" les gilets jaunes condamnés à la non-violence

Il y a une chose que le Gouvernement de Macron a compris, et bien compris, c'est qu'il ne faut rien laisser traîner dans les rues pour éviter toute violence inutile et surtout mortelle.

Ce samedi, les plus violents, les plus décidé(e)s à en découdre par la violence ne trouveront rien dans la rue pour nourrir la guerre de façon violente.

Il faudra donc faire bloc à travers une résistance non-violente mais décidée...et si il y aura baston cela sera ordonné par l'autorité, le gouvernement, Macron... Près de 90.000 unités pour maintenir l'ordre, des véhicules blindés en soutien...devant une foule non-violente qui voudra avancer vers des bâtiments officiels...pour parler directement au...Président.

Quand est-ce qu'Emmanuel Macron donnera l'ordre aux CRS d'empêcher la foule d'avancer vers lui? C'est sans doute dans ces moments cruciaux que nous saurons si la révolution a sa chance d'aboutir ou si nous boufferons encore du Macron durant plusieurs années comme la France a du bouffer du Sarkozy et du Hollande jusqu'au bout de leur mandat.

Aux gilets jaunes de montrer qu'ils et qu'elles veulent vraiment faire la révolution et voir l'avenir en...jaune.