25/10/2014

Et au 6ème jour, du Ciel arriva la vie sur Terre...

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Le premier poisson-reptile.

 

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Le premier oiseau Mozart...

 

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...qui se prit très vite pour le maître gazouilleur de l'univers.

 

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Le premier ptérodactyle...

 

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... et enfin le premier Indien à plumes.

 

Le Ciel laissa ensuite faire les choses selon la théorie du chaos et de la catastrophe. Et c'est ainsi que nous sommes toujours à attendre les vraies joies durables du paradis plutôt que l'enfer des bouleversements et des malheurs qui surviennent au hasard de nos consciences malmenées et de nos vies maltraitées par les maladies, les abandons, les guerres, et les révoltes périodiques et titanesque de Dame Nature...


24/10/2014

Hippies : ce rêve fou qui s'est perdu dans les brumes stupéfiantes

 

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Des Afghans? des hippies? On ne sait plus.

Ils partaient faire leur djihad bien à eux. Envelopper d'un rêve hautement romantique et utopique, ils s'en allaient sur la route en direction de Katmandou. Je faisais en ce temps-là mon école de recrue, j'avais 20 ans et ce jour-là, planté comme garde du matériel sur les hauteurs du Lac Noir, je lisais Siddhartha d'Hermann Hesse lorsque mon capitaine instructeur passa par là et me demanda ce que je lisais. Ce même capitaine qui fut la cause de ma désertion pour Venise en toute fin d'école de recrue alors qu'il s'entêta jusqu'au bout à faire de moi un futur caporal vu mes notes excellentes... Mes notes excellentes lui répondirent alors par la non-violence d'un adepte absolu du romantisme et de la non-violence pour résoudre les conflits.

Mais revenons à nos hippies. De quoi rêvent nos jeunes décalés d'aujourd'hui ? De paix et d'amour ? D'amour et d'eau fraîche ? De vivre côte à côte avec des Afghans dans le secret espoir d'être comme eux, soit des êtres humains cherchant la fraternité, la beauté, l'amour, la liberté ?

Mais où est donc passé le rêve des hippies ? Par la destruction des drogues consommées à outrance ? Par l'impossibilité de construire un monde correspondant à l'utopie d'un monde sans guerre ? Et quel est le rêve de certains jeunes marginaux d'aujourd'hui ? Détruire le monde par la haine du tous contre tous ?

Où sont les Afghans d'autrefois qui accueillaient les jeunes Occidentaux pétris d'idéaux romantiques et les filles en mini-jupes qui n'étaient pas attaquées par des hordes d'islamistes complètement cinglés ? Où sont passés les images pacifiques que vous découvrirez sur cette page web ?

La haine partout. Sur les blogs, dans les journaux, sur le terrain.

Alors les adorateurs de Zemmour peuvent aller se coucher avec leur haine sur le monde et la mixité culturelle. Je reste persuadé que ce que nous avons vécu étant jeune était le départ d'un nouveau monde que les conservateurs de tous bords, religieux ou laïques, veulent faire avorter par la la haine et la violence.

Siddhartha a existé. L'Amour ne baissera jamais pavillon devant toute cette haine facile et gratuite déversée quotidiennement sur les blogs.

Vivre éveillé et mourir libre. Ainsi peut-être le monde changera radicalement et repassera du mode Haine au mode Amour.


Du Népal, à l'Afghanistan, en passant par l'Inde, avec LES EVADES DEL’OCCIDENT
ParJackGarofalo

Lynn, mystique, vit au-dessus des nuages. « Il est beau mon Guru. Il a 21 ans. C'est un saint. Il vit sur une colline, loin derrière  Bodgnath : c'est à trois jours de marche dans la montagne. Je suis restée quinze jours avec lui, sous un arbre, un arbre grand comme une maison ; c'était notre maison. C'étaitunvoyage. »

Lynn, cheveux rasés, habillée en paysanne thibétaine, malgré et à cause de cela ravissante. Nous sommes serrés sous l'auvent d'un tea-shop, sur la grande place de Katmandou; il pleut. De la boue partout se mélange aux détritus du marché finissant. Lynn est radieuse. Dans un sac fatigué il y a tout son bagage : son passeport, des livres de prières boudhistes traduits en anglais, une robe de rechange, des espadrilles inutiles, 20 grammes de hachisch, et des petites choses de petite fille.

Pour Lynn, tout est simple. Parfois elle redescend à Katmandou, qu'elle pense être la plus belle ville d'Asie, pour faire ce qu'elle appelle un voyage de nourriture food-trip . Après être passée à la poste, elle va s'empiffrer de beurre de cacahouètes et de sandwiches à la confiture. Puis elle repart, méditer, jeûner sur la montagne, avec son lama.

Elle a 20 ans ; elle est hôtesse de l'air; elle vient de Californie. « Je suis arrivée ici il y a six mois, mais il y a longtemps que j'ai commencé le voyage. » Trois ans qu'elle rêvait le Katmandou, des Himalaya et des mystères le l'Inde. II y a six mois elle est partie seule de San Francisco chercher le Nirvana. Elle a trouvé d'abord à Katmandou des chercheurs comme elle qui, pour la plupart, se contentaient d'avoir enfin le moyen de vivre sans travailler, de se lier sans contrainte, et la possibilité d'acheter, pour une somme ridicule, du hachisch que l'on peut fumer librement dans larue.

« Mon Guru, c'est mon maître spirituel; il m’a transformée.» Sur la place passe un groupe de touristes, pressés sous la pluie d'aller rejoindre le car. Ils détonnent bien plus que les dizaines de hippies goguenards qui les regardent, appuyés contre les murs des temples. Face a face détestable. « J’allais devenir comme ça, me dit Lynn. »

Lynn part dans la pluie, sur les chemins boueux, retrouver là-haut, à trois jours de marche dans la montagne, son maître spirituel, seul sous son arbre, dans le soleil, au-dessus des nuages dans la vallée. Ils ont tant à apprendre encore l’un de l’autre, et ils désirent tellement la même chose, sans bien savoir quoi, elle, la petite Californienne, et lui le, Guru. A mi-chemin du bout du monde, aussi loin des plages de Californie que des usines de Hiroshima. Lui, c'est Zengo, étudiant japonais, devenu hippy, devenu voyageur, ermite et amoureux.

Impossible rencontre, sauf ici, dans ce pays, devenu le symbole des libertés impossibles pour des adolescences anxieuses.

En bas dans la ville, c'est autre chose. Il ne souffle plus l'air pur d'un mysticisme adolescent à la recherche d'une philosophie plusieurs fois millénaires. Les nostalgiques de la bastonnade hebdomadaire au quartier Latin, des marches sur Washington, des rallyes pour, des rallyes contre, dans toute l'Europe, rêvent d'un grand festival pop et d'une rue de la Huchette retrouvée. Katmandou n'est plus dans Katmandou. « C'est usé, râpé, touristique » disent les anciens.

Mascotte n'est pas content. C'est un ancien. Il a 22 ans. Cela fait quatre ans qu'il voyage. Le soir de ses 17 ans, à Istambul, il a failli mourir d'une trop forte dose de morphine, dans les bras de Mayflower, une ex-miss Suède, qui l'a sauvé en lui faisant du bouche à bouche.

C'est autour de Swayanbunath qu'est le point de rendez-vous le plus important. Swayanbu, c'est le temple des singes. Un temple perché sur un piton aux abords de Katmandou. En bas, un village de réfugiés thibétains. Les hippies, les Thibétains et les singes coexistent en communautés séparées et passent leurs temps â se voler les uns les autres. Les singes volent les sandwiches des hippies avec une agressivité sournoise. Les Thibétains vendent des fausses antiquités ; ils se voient le plus souvent payés avec de faux dollars. Dans les deux tea-rooms du village où l'on mange des plats graisseux et nourrissants, les lamas et les voyageurs se sourient tout en s'ignorant, côte à côte sur les bancs de bois posés sur le sol de terre battue. Il y a des nids d'hirondelles dans la salle au plafond bas. Mascotte, qui vient de chanter sans paroles un air pop improvisé, passe la guitare à son voisin. "Quinze jours de visa c'est la misère. Après si les flics te ramassent, c'est la taule, en attendant que le camion soit plein. Cela peut prendre une semaine. Quand ils ont de quoi faire un chargement - 30 à 40 bonshommes -, en route vers la frontière de l’Inde. Et la, les Indiens pas contents qui redonnent un visa super-court, en sachant bien qu’on va disparaître dans la fourmillière. Pas moyen d’y couper, sauf si tu as de l’argent. Alors, tout est facile. Visa à ressort, la fête. » Décidement, Katmandou c’est pourri.

Il a un vrai problème, Mascotte : rentrer en France, où la gendarmerie l’attend ; il a oublié de faire son service militaire. Je n’ose pas lui  dire que, dans l'état où il est, aucun médecin n'oserait le déclarer bon. Mascotte, c'est la fuite, sans cesse et sans fin, qui l'obsède.

Entre une fille. Elle porte une immense cithare et ne semble pas de cet avis. Elle est ravissante, impeccable dans son sari rose, coquinement taché d'encre en étoiles au niveau d'une fesse révélée par la finesse de la soie. Elle prend depuis un an de très sérieuses leçons de musique. Elle a déjà reçu des premiers prix de harpe et de guitare dans son pays. Elle reviendra agrégée de cithare un jour prochain au Minnesota.

Bébert a choisi le chômage à Goa.

« Bébert, prépare le shilum. Moi j'ai pas l'énergie. » Ça fait un choc d'entendre ici cette voix avec l'accent de Billancourt. Un disque éraillé tourne du pop sans vigueur. Tout le monde est las. Très chaud. Cela se passe dans un milk-bar à hippy au bord de la plage de Calangot à Goa.

Bébert proteste mollement que c'est toujours lui qui se bouge. Ce shilum c'est leur vingtième pipe de hachisch. Un rat passe entre les caisses renversées qui servent de tables et de casiers à bouteilles. C'est la fin d'un jour au paradis tropical des voyageurs. Ils sont une vingtaine effondrés autour des tables, filles et garçons de 18 à 21 ans, à boire des sodas, des mixtures de lait en poudre, de glace et de fruits tropicaux.

Bébert fait griller au bout d'une épingle, en se brûlant les doigts, un morceau de hachisch qu'il mélange au tabac d'une cigarette écrasée. Le shilum : un petit cône de terre cuite évidé, obstrué partiellement par une pierre. Bébert le remplit du mélange et entoure la base du tube d'un chiffon mouillé et douteux. Le shilum devient vite très chaud et le tissu refroidit et retient les cendres brûlantes. Trois allumettes croisées donnent assez de flamme pour incendier la petite fournaise. Bébert tousse, crache et dit que c'est du bon. «C'est l'afghan du Hollandais. » Les conversations se réveillent. Le Hollandais en a encore 1 kilo. Avis aux amateur. II l'a passé facile dans son turban. Les douaniers indiens peuvent vous regarder dans le slip mais le turban bien fait ça les impressionne. Le Hollandais, une sorte de fakir viking qui voyage à pied depuis Amsterdam sourit au-dessus d'une carte routière qui accordéonne sur ses genoux.

Avec des mots d'amateurs de grands vins -les années, les origines- autant de sujets de discussions passionnées. Le Black Bombay reste régulier parce qu'il est mélangé d'opium mais cette année la « shit » du Népal ça ne fait pas un voyage. Le super bien c'est l'afghan. Encore faut-il aller le chercher au nord à Masar i Charif…

Ils étaient 2000 à Goa les voyageurs en hiver. Ils ne sont plus que 200 en été. Trop chaud, trop humide, et les vacanciers de Bombay qui arrivent par milliers –familles et transistors pour les vacances scolaires. Intenable. Seuls restent ceux qui ne peuvent plus partir. Sans argent, sans vivres, sans énergie, souvent malades –d’étranges furoncles purulents, on ne sait pas ce qu’il y a dedans, si ce sont des vers ou le sang qui est devenu taré.

Et puis l hépatite virale, pire que le cholera. Si on n’en meurt pas.

Bébert passe à son voisin –c’est moi- j’aspire, je tousse, je passe, sauve in extremis une mouche qui se noyait dans mon milkshake à la banane. Bébert en confiance : »Tu comprends, moi tout le monde voulait que je sois un ouvrier, un vrai complot- Bébert à l’usine - j'ai essayé, je pouvais pas, faire autre chose, quoi ? Je ne suis pas intelligent, pas fait d'études. Alors je suis parti. La route... ici c'est bien - pas pollué. On en bave sur le voyage, Edouard une nuit au Pakistan, son frère a été tué à côté de lui tandis qu'il dormait. 11 s'est réveillé à poil près de son frère mort. Ils leur avaient tout fauché après les avoir assommés.. pas de bol. Moi j'ai changé, ici je suis bien... On dirait qu'il cherche à s'en convaincre. Bébert sous-alimenté, maigre, malade dans une chemise indienne - crasseuse, avec une tignasse pleine de poux. Son bras cassé, mal remis, souvenir d'une expédition nocturne dans le poulailler d'un paysan du Cachemire.

Je peux à peine y croire. Bébert en ruine, en loque. Bébert heureux.

De Kalangut à Baga la plage est très belle, des kilomètres de sable fin brûlant et de cocotiers. Les maisons goannaises sont de style tropical portugais. Gros mur. Fraîches et sombres. On peut les louer pour 100 roupies par mois, 10 dollars. La plupart de ces maisons abritent des couples de « voyageurs ».  Pour jouer à Adam et Eve, c'est l'idéal, le temps d'un hiver.

Deux très jeunes Suédois envoûtés chaque soir viennent sur le sable au bord des vagues chaudes jouer de l'harmonium. Elle actionne le soufflet en chantant d'une voix pure et naive et lui improvise, au nom de la confusion, des folklores, des confitures de chants populaires suédois et de Raga indienne. C'est à pleurer de naiveté et de tendresse.

Les Indiens méprisent les touristes parias

A Bombay dans la grande ville, pauvres parmi les plus pauvres, il faut des trésors d'imagination pour s'en sortir. Les Indiens ne s'habituent pas au spectacle de ces jeunes gens efflanqués, échevelés, incompréhensibles : « Ce sont des sahibs qui veulent vivre comme nous et prétendent honorer nos dieux, disent les paysans. Cela les dépasse. Ceux dont la situation sociale est comparable à celle des Occidentaux sont les plus agressifs à l'égard des voyageurs. Telle dame indienne de la bonne société qui regarde d'un air indifférent les éternels allongés des trottoirs de la ville (parias, chômeurs et nomades) ne peut retenir une grimace de dégoût en croisant un voyageur en mauvais état. Dans son esprit cette caste inférieure de touristes pratique la trahison de classe.

Pour 50 roupies, à l'angle du Stiffles et du bâtiment de l'armée du Salut, il est possible d'acheter dans la rue des fausses cartes d'étudiant internationales qui donnent droit à 50 % de réduction sur les lignes aériennes intérieures de l'Inde, 75 % sur les chemins de fer, lesquels mettent Bombay à 48 heures de Delhi. Pour 5 dollars c'est donné. Encore faut-il les avoir. C'est a peu près la rançon que les conducteurs de camion demanderaient pour le même trajet.

La déesse du Gange a console Josy.

« Les cinq fléaux de Bénarès sont les escaliers, les vaches, les prostituées, les sadous et les croquemorts. Maintenant en plus il y a les hippies , nous a dit un commerçant de Bénarès. Qu'est-ce que vous voulez ? A quoi croyez-vous ? Qui êtes-vous vraiment ?» nous demande-t-il exaspéré. Josy, qui nous accompagne, ne se laisse pas démonter.  « Je crois à la beauté spirituelle et à l'amour dans le monde... » L'autre s'enfuit découragé. Josy c'est Miss Gange. Elle vit au bord du fleuve sacré. Tout le monde la connaît, tout le monde l'aime, c'est comme si elle avait toujours été là. Les loueurs de bateau aiment l'avoir sur leur barque, elle ne paie nulle part. On lui offre des fruits au marché, des lassis, une sorte de yaourt très liquide, délicieux. Sur la rive ouest du Gange à Bénarès, les marches des temples et des palais descendent dans le fleuve tout au long de la ville. Masseurs, astrologues, barbiers, familles en mariage, bûchers funéraires, petits restaurants, marchands ambulants de choses invraisemblables, mendiants extraordinaires d'un Satyricon asiatique, c'est la vie de l'Inde au paroxysme. C'est devenu pour un temps le monde de Josy. Elle est anglaise, 19 ans à peine, habillée en gitane hindouiste. Elle aussi a suivi un boyfriend de Londres à Rome, de Rome à Istambul ; â Goa, ils se sont séparés. Un vrai chagrin. Un vrai refus et ici à Bénarès la sérénité retrouvée. Sur l'autre rive c'est le désert. Une longue bande de sable où l'on dépose les morts que l'on confie aux oiseaux. Des bandes de chiens nécrophages, hideux, parcourent sournois le rivage désolé. Des pécheurs y échouent leurs barques noires. Il y a des dauphins dans le Gange. Si loin de la mer, c'est vraiment un fleuve sacré. C'est là que Josy va se baigner nue, seule, devant plusieurs centaines de grands vautours serrés autour d'un cadavre. Très belle, ses cheveux blonds sur l'eau verte dans un décor d'Apocalypse. Dans le Gange vit une déesse, dit la légende.

Un jour je reviendrai sur un éléphant

Kaboul. Indescriptible. Tous mélangés, ceux qui arrivent, ceux qui repartent. Au Nouristan Hôtel, 10 par chambre, des lits partout, sur les balcons, dans le jardin. Les uns enthousiastes et pleins de questions, les autres fiévreux, amaigris et pleins d'expérience. Ils échangent des adresses, des conseils, des nouvelles de ceux qu'ils ont croisés sur la route. « Si tu vas à Delhi, laisse tomber la vieille ville. Ce n'est plus bon. Mais à Connaught Place il y a un hip-indien qui est bien. Son père a une boutique de disques, on peut s'y planquer la nuit pour la fête. C'est bien aussi pour copier des cassettes qu'on revend aux touristes. A Bombay j'ai vu un Australien, superbe. Il se croit charmeur de serpent. Il a acheté un vieux cobra et fait la manche aux touristes devant le Taj. Ils n'ont jamais vu ça : un hippie charmeur. C'est un champion, il fait facile 500 roupies par jour. Il a du disparaître parce qu’il a le Foreign après lui (police des étrangers). Il se défonçait trop aussi et des fois son serpent se cavalait du panier et se planquait sous les voitures. Tu vois le cirque. Il n’avait plus de dents le cobra mais quand même il faisait peur. Il s’en était fait filer un pas dressé, quoi. »

Dans l’invraisemblable piaule, Kathy, la princesse hippie dont ils sont tous amoureux : Marco et Polo (les deux plus grands explorateurs du monde), Toto dit Baba, et tous les autres, Kathy a renoncé à lutter contre l'infernal désordre. Une fille passe la porte :  « Quelqu'un a-t-il du savon ? » -  « Quoi ?» -  « Du savon pour me laver les mains. » Silence embarrassé. Ils sont quinze dans la pièce, pas un n'a du savon. La fille horrifiée, (c'est une nouvelle) :  « Comment, pas un de vous n'a du savon ! » - La douche ne marche pas de toute façon » murmure Toto. « Mais si elle marche, la douche, j'en viens. » Elle n'arrive pas à le croire. Elle pense qu'ils se foutent d'elle. C'est une débutante.

Toto dit Baba l'Africain, c'est un type bien. Il raconte sa vie sans embarras. Un jour en 68, à Pousseau, tu connais Pousseau. Non personne connaît. Le mois de mai à Pousseau c'était pas grand-chose. J'étais un peu frustré. Je suis pas le genre katangais, mais quand même à Pousseau c'était triste. Passe un Allemand dans mon village. Pas un juif allemand comme à la Sorbonne, mais bien tout de même. Il me dit : « Je peux coucher dans ta grange ?... Je vais au Maroc... » Je suis parti avec lui. Après tout seul, toute l'Afrique. En pleine guerre j'ai passé la frontière Biafra-Nigéria sans le savoir. Je leur ai dit je suis un hippie français, je suis pour la paix. Ils m'ont pris pour un fou et m'ont expédié à mon ambassade. Mon père il a compris. Il était gitan un peu quand il était jeune. Mais un jour il s'est arrêté dans une usine. Vingt ans. Je suis revenu au village chercher mon frère, je ne pouvais pas le laisser idiot. Dès qu'on aura moins mal aux pieds, les Indes. »

On parle du festival Pop à Amsterdam. C'est comme un coup de folie. Tout d'un coup presque tous décident d'y aller. Aller à Amsterdam ou à Bangkok, pour eux c'est pareil. C'est la route ouverte impitoyable et fascinante. Toto prend à partie le plus excité des partisans du festival.  Toi tu vas d'abord aller à Paris te faire couper les cheveux, reprendre ton Solex pour aller travailler à ta banque. Tandis que moi un jour je reviendrai à Pousseau sur un éléphant comme un grand sadou. »

Ils passent les frontières comme des oiseaux

Son rêve-cauchemar continue. Ils sont 200.000 chaque année à tenter l'aventure. Ils viennent du monde entier. Incroyable migration chaque année plus importante et plus jeune. Ils peuvent passer les frontières comme des oiseaux, vivre comme des gitans. Ils ont 20 ans et une belle santé à perdre. Certains disent avoir épousé la route pour toujours. Alors ceux-là reviendront. D'autres disent avoir trouvé Dieu.

Lettre d'un père à son enfant voyageur: « Dieu est partout, mon fils, il est bien que tu l'aies trouvé si loin. Mais sache que quel que soit son nom, il est aussi dans la grande cité où t’attendent tes parents. »

END

http://www.maryellenmark.com/text/magazines/paris%20match...

 

Les stars de l'Internet se mobilisent contre Ebola

L'effet psychose a donné des résultats spectaculaires sur la façon de voir et comprendre cette terrifiante maladie mortelle.

D'abord perçue comme un problème sanitaire régional africain, le monde ne se faisait guère de soucis quant aux conséquences de l'épidémie. Le virus est connu depuis les années 70, soit près d'un demi-siècle, mais jamais la science médicale n'a obtenu les ressources financières nécessaires pour s'attaquer au monstre et donner des remèdes et vaccins efficaces contre celui-ci. C'est ainsi que Monseigneur Ebola, comme le surnomme cyniquement Jean-Marie Le Pen, pouvait se tailler tranquillement une réputation de tueur impitoyable et indestructible parmi les populations noires touchées par ce fléau.

Mais Ebola a atteint les côtes américaines. Et comme le dit l'usage courant à la Maison Blanche : qui touche à la sécurité et aux intérêts de l'Amérique se verra automatiquement considérer comme l'ennemi numéro 1 de la nation. Ebola s'est rendu en des lieux où il n'aurait jamais du se rendre. Il a trouvé en face de lui la première puissance financière et militaire du monde. Et l'Afrique peut presque dire merci à Ebola d'avoir osé franchir son Continent. Sinon, l'Afrique était perdue corps et biens.

Avec la nouvelle donne, Ebola risque bien de perdre de sa toute-puissance et de devoir battre en retraite au fond de sa jungle, lieu qu'il n'aurait jamais du quitter pour conquérir villes et villages. Ebola survit naturellement et sainement avec les chauve-souris. En aucun cas il est un virus adapté à la génétique humaine. Mais les survivants d'Ebola, qui sont devenus vampires malgré eux, peuvent témoigner durant la fête d'Halloween que tous les humains ne sont pas forcément égaux face à la mort quasi certaine... De là à prétendre que les survivants ont signé un pacte avec le diable, je ne m'avancerais pas. Je crois plutôt que la plupart de ces survivants-là vont développer une grâce et une légèreté qui feront d'eux des anges gardiens de leur propre humanité et de l'Humanité en général.

http://fr.canoe.ca/techno/materiel/archives/2014/10/20141...

 

23/10/2014

Ali Zé, in fine

Il paraît qu'Eric Zemmour zozote depuis qu'il est devenu le gourou des zélotes nationazis qui rêvent d'une France purifiée de sa gangue islamo-black-beur. Une journaliste du Temps le compare à un prophète de l'apocalypse qui fait sa gloire sur le malheur de la mixité culturelle et de Mai 68.

C'est ici http://www.letemps.ch/Page/Uuid/04d28b04-5ae0-11e4-b7f4-d...

Et puis il y a ceux qui attendent toujours la gloire éternelle, sorte de sage hindou ou confucéen qui ne force aucune porte médiatique. On dirait qu'il vivent dans un monde étrange, une part d'eux-mêmes avec la routine quotidienne d'une existence apparemment sans vague, et une autre part d'eux, la plus intense, qui vit dans le feu artistique à l'abri de toute zone de corruption, de publicité, sorte d'île vierge que l'homme Blanc (mais les autres aussi) n'a jamais pu encore souillé de sa bave, de sa férocité, et de sa voracité.

Une sorte de Tahiti artistique d'avant l'invasion blanche avec des fleurs irréelles à imaginer jusqu'à la réalité d'un paradis bien réel.

Je ne sais pas si Eric Zemmour aime la France comme j'aime la Suisse. Mais il est une chose dont je suis sûr. Avant que la France et la Suisse ne se sentent coloniser par ceux du Sud, il y a eu des îles merveilleuses vivant sous les alizés qui ont connu la trace indélébile des Blancs en perdant leur innocence au passage. Des filles à l'amour pur et gratuit qui se donnaient sans penser à la situation matérielle de leurs amants venus d'ailleurs. Des filles aux couronnes de fleurs qui se sont fanées et transformées bien trop souvent en épines de larmes et de sang. A force de naïveté, on finit toujours par se faire avoir quelque part...

Aujourd'hui, à Tahiti, les filles ont appris à se prostituer. Est-ce une maladie de Blancs importée en même temps que la syphilis et toutes les maladies sexuellement transmissibles ayant décimé des populations n'ayant pas formé d'anticorps contre ces maladies ? Je refuse d'être un prophète de la catastrophe anti-Blancs. Car je sais aussi autre chose. Nous sommes tous des êtres humains quelque soit notre origine et notre couleur de peau. Et que l'innocence, cela se gagne chaque jour comme le bon pain du boulanger. Et que le vice est la chose la mieux partagée des êtres humains ayant perdu leur romantisme pour se réfugier dans le plus radical des cynismes.

Alors, Ali Zé in fine, un guide pour le futur ou un démon de minuit qui mime le bon dieu pour mieux jouer avec les filles de joie?

 

Wouah! Wouah! Je viens d'où Docteur Watson?

 

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Wouah! Wouah! Je viens d'où, Docteur Watson?

 

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Élément Terre, mon cher Holmes. Tu viens de la Planète des Chiens!