18/06/2021

La vaccination semble opposer le monde "libéral" et le monde "social"

L'effet covid sur les différentes couches de la population semble entraîner des mutations surprenantes.

Quand le monde libéral, c'est-à-dire les professions à formations supérieures et bien rémunérées, prônent la solidarité intergénérationnelle  en tête d'affiche concernant les motivations à la vaccination générale, le monde social, c'est-à-dire les professions intermédiaires et inférieures quant aux diplômes obtenus, se montrent nettement moins attirées par la vaccination et le sentiment prétendument solidaire qu'entraînerait automatiquement l'acte vaccinal.

En France, le ministre de la Santé a déclaré:

«En ville, en secteur libéral, on est à 85% de couverture vaccinale, en Ehpad on est à 50%. Or c’est là qu’on trouve les personnes les plus fragiles. Je considère qu’il est indispensable et éthique de se faire vacciner quand on est au contact de personnes fragiles.»

Qu'est-ce que cela signifie sociologiquement? La méfiance face au vaccin anti-covid des personnes pourtant formées dans les milieux dit médico-sociaux est nettement plus importante que celle vécue dans les milieux libéraux. Il y a comme un double paradoxe. Le premier, c'est que les gens formés en milieu médical devrait normalement être plus confiant que n'importe quel autre milieu envers un acte médical proposé gratuitement pour protéger les personnes des risques d'une maladie grave. Hors ce n'est pas le cas. Le deuxième, c'est que vivant au contact direct des personnes en état de fragilité ou de maladie, les travailleurs et travailleuses de ces secteurs devraient d'autant plus être sensibles au sentiment de solidarité entre les gens.  Hors, ce sont les professions libérales, dites individualistes et capitalistes, qui avancent le plus l'argument de la solidarité.

La covid-19 provoque des mutations intellectuelles parmi les citoyens et citoyennes. Quand les plus riches proposent la solidarité à travers la vaccination, les moins payé-e-s qui travaillent dans différents secteurs professionnels, refusent de croire que l'acte vaccinal soit la panacée pour protéger la population. Ils et elles y voient plutôt une source de profits sans fin pour les milieux pharmaceutiques et leurs actionnaires ainsi qu'une sorte de complot mondial du monde libéral, une dictature sanitaire, pour surveiller technologiquement les peuples et les rendre plus dociles et serviles.

Le vaccin oppose les puissants des petites gens. Il y a belle et bien une guerre idéologique qui est engagée alors qu'il serait plus sage de n'exploiter l'acte vaccinal qu'exclusivement comme une source de protection, un bouclier sanitaire qui nous protège contre l'intrusion et la propagation d'un virus mortel. Hélas les pharmas nous ont trop habitué à leur manque d'éthique et de solidarité dans les cas de traitements coûteux où les brevets empêchent les médicaments génériques de se propager rapidement et de sauver des vies. De plus, l'approche froide et systématique du monde libéral qui soigne le porte-monnaie des actionnaires tout en oubliant celui des professions mal payées qui paient pourtant des primes d'assurance-maladie mensuelles astronomiques tout en devant encore s'acquitter d'une franchise plus ou moins importantes avant d'avoir droit à la couverture de l'assurance, montre à quel point la défiance de la population à bas revenus est grande et ne se satisfait pas des injonctions gouvernementales à se faire vacciner pour nous protéger.

Pendant ce temps, sur le Continent africain, les variants du virus se propagent rapidement, les doses vaccinales manquent scandaleusement, et la solidarité libérale très forte chez nous semble cruellement faire défaut pour les pays ailleurs hors de notre vue...tandis que parmi les résistant et résistantes au vaccin de chez nous, certains et certaines prônent l'argument solidaire avec les populations du reste du monde pour ne pas se faire vacciner et offrir leurs doses à des personnes âgées ou à risques dans les pays lointains.

A chacun et chacune son éthique. Ce qui est sûr c'est que le virus, lui, se royaume et qu'il n'a pas fini de nous jouer des coups tordus. L'automne et l'hiver prochains seront chauds. On ne sait pas encore si nous, les travailleuses et travailleurs de certains secteurs professionnels, devrons de nouveau arrêter notre travail par solidarité envers le pays et le monde libéral qui lui pourra toujours télétravailler en paix et gagner sa vie comme si de rien n'était...

Les solidarités sont variables comme le SARS-COV2. Parfois elles sont très fortes entre certains milieux et pas du tout mises en action pour et par d'autres milieux.

 

 

17/06/2021

Une équipe nationale pataude plutôt que costaude

La Nati ne fait plus rêver le pays.

C'est le constat tranchant et peu optimiste au lendemain d'une défaite mortifiante face à l'Italie. Une seule réelle action de but, le sentiment durable d'une Suisse dans ses petits souliers, un Shak qui n'est plus un requin des 16 mètres mais un footballeur anonyme tout ce qu'il y a de plus emprunté, sans éclair de génie, un Granit Xhaka qui fait sa blonde mais qui ne dirige plus rien sur le terrain, des joueurs qui restent sans voix ni pied d'or après avoir joué les Samson chez le coiffeur italien, et une soirée mortifère qui finit par tuer cette équipe nationale sans nom ni caractère et ne sachant ni se faire violence ni se redonner une fierté pour remonter un score défavorable.

L'Italie était-elle si dominatrice techniquement et physiquement ou est-ce l'expression d'une Nati sans âme, peureuse, sans conviction, qui, depuis le match amical contre les Etats-Unis, ne sait plus vraiment quoi faire avec le ballon dès que l'équipe est pressée par l'adversaire dans le camp helvétique?

Nous n'avons pas vu une équipe. Nous avons assisté à la déroute de joueurs qui n'ont pas la rage de vaincre et de se battre contre l'adversité. Pourtant, le premier but annulé pour l'Italie aurait dû annoncer un déclic dans les têtes. A ce moment là, mentalement, la chance semblait être avec la Suisse. Mais non. Notre équipe nationale n'y a vu aucun signe prémonitoire. Elle a continué à déjouer son propre jeu. Sans inspiration, la défense s'est faite trouer de toutes parts par les attaquants italiens. Entre la défense et l'attaque, il n'y avait pas de milieu de terrain mais une tranchée béante, et devant, Embolo, comme Seferovic et Shaquiri n'ont été que l'ombre d'eux-mêmes. Quant au dernier rempart helvétique, il avait comme de la colle sous ses chaussures...peut-être déjà envolé quelque part pour aller rejoindre son épouse.

Il y a du soucis à se faire avant Bakou et le match contre la Turquie. Si les Turcs se réveillent et que la Suisse reste dans sa torpeur et son insignifiance, on peut craindre la plus grande des humiliations depuis ces trente dernières années pour notre Nati.

Vladimir Petkovic est désormais sur un siège éjectable. Une belle victoire à Bakou et une qualification in extremis pour les huitième de finale lui permettra de redorer son blason. Tout autre résultat devrait signifier la fin de son mandat au sein de l'équipe nationale.

A notre équipe de se révolter et de nous prouver qu'elle en a encore sous le capot. Il nous faut le miracle de Bakou et non une débâcle de plus. Yann Sommer, sur le chemin de devenir papa, doit absolument, sur le terrain, où auprès de son épouse et de leur enfant nouveau-né, être à la renaissance de notre équipe nationale méconnaissable.

La Suisse ne peut pas quitter l'Euro sur une défaite et un non-match de plus. Ce serait vraiment trop.

Hop Suisse! Que la force de Dieu et de Samson soit avec nous dimanche prochain.

 

12/06/2021

Larmes d'amour

Dans le jardin de mon père et de sa compagne, il y a un petit bonze et tellement de couleurs.

C'est un de ces jardins à la fois entretenu et sauvage, une rivière de verdure et de fleurs qui coule et, de la fenêtre, quand il pleut, qu'il vente et qu'il neige ou qu'il fasse beau, on aspire à prendre des jours heureux de retraite et de repas entre ami-e-s.

Joe et Albert forment un de ces vieux couples qui ont bien vieilli malgré les sautes d'humeur de mon père et les volcans jamais assagis qui survivent en lui. Joe est d'une patience admirable avec lui. Ils ont eu beaucoup de chance de se fréquenter au quotidien. Le cinéma, la culture, les voyages, les ami-e-s, les belles rencontres les ont uni l'une à l'autre. Et même si les soins à domicile font désormais partie de leur quotidien, mon père bataille pour se maintenir et pouvoir rester au domicile. Le grand âge n'a pas eu raison de sa tête et il écrit encore, de temps en temps.

C'est difficile de parler de la vieillesse sans faire souffrir ou blesser celles et ceux qui sont concerné-e-s par cette situation. L'humour restant la meilleure arme pour admettre et se faire une raison. Les voyages ne sont plus permis. Les vols en avion refusés. Monter dans un train devient une grande épreuve avec toujours le risque de l'incontinence et de déranger les autres voyageurs et voyageuses.

Joe a encore son permis et elle profite de rouler encore dans un rayon kilométrique limité. Elle est plus jeune d'une dizaine d'année de mon papa. Cela lui permet des énergies insoupçonnées qu'elle emploie au confort de mon père. Elle a grandement gagné la médaille du mérite et sans elle, mon père serait, depuis quelques années déjà, en EMS où il aurait dépéri aussitôt. Un merci infini pour ce que tu fais, Joe. Tu as, plus encore que la médecine et les médicaments, prolongé la vie d'Albert grâce à tes prévenances et toute ton attention.

Je devais l'écrire quelque part. Parce que oui, sans toi, papa ne serait peut-être plus là.

Alors en cadeau à vous deux ces quelques clichés pris dans votre jardin. Une oeuvre d'art naturelle, une arche d'amour au milieu du si joli village de Soral.

 

 

 

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10/06/2021

La mort des cryptomonnaies? Pas un mal

La Chine, peu considérée du point de vue des libertés individuelles, s'en prend aux cryptomonnaies et ça fait mal.

Faut-il y voir une action de plus de l'Etat totalitaire pour brider nos libertés? Il me semble que non. Les cryptomonnaies reposent sur du vent et sur la capacité d'informaticien-ne-s hors-sol à créer et à protéger la sécurité toute relative de ces monnaies qui reposent sur rien, ni aucune richesse ni aucune valeur matérielle. Seule la spéculation et le désir provoqué chez ses fans d'en posséder pour s'enrichir très vite, ou s'appauvrir drastiquement dans le cas contraire, provoque un raz-de-marée totalement artificiel et irrationnel sur ces "fausses" monnaies.

En plus de polluer beaucoup et de bouffer des tonnes d'énergie pour assurer leur sécurité, ces monnaies peuvent à terme déstabiliser des Etats entiers, mener à la ruine des entreprises et des familles. A la base, conçues pour éviter justement la dévaluation galopante des monnaies d'Etat, elles donnent finalement la sensation de vertige à celles et ceux qui en possèdent. La panique peu alors créer le désir de s'en débarrasser au plus vite parmi la communauté des bitcoineurs pris au piège de leur rêve de richesse virtuelle acquises à vil prix. Les plus malins s'en sortiront haut la main. Tous les autres tomberont et auront perdu leurs économies dans l'aventure.

Le système chinois n'est vraiment pas ma tasse de thé mais là force est de constater qu'il agit avec sagesse en s'en prenant frontalement aux faiseurs de bitcoins en tous genres.

https://www.letemps.ch/economie/chine-part-guerre-contre-...

 

09/06/2021

Gifler...la politique

Au moment même où le Président Macron se fait gifler par un citoyen et que Jean-Luc Mélenchon prétend, avec grand renfort d'opportunisme, que la mort rôde du moment que les élections présidentielles approchent, il est peut-être temps de remettre en question la politique.

La politique, en démocratie, ce ne devrait pas vouloir être élu-e pour gagner des salaires de... ministre et obtenir toutes sortes de privilèges grâce à la fonction. Cela ne devrait pas être non plus se soumettre à la botte des lobbies qui influencent et décident, se servent de la pression et du chantage comme arme de guerre. La politique, au sens noble et moderne du terme, c'est d'abord défendre la constitution et les institutions, agir avec justesse et justice.

La France révolutionnaire, l'Europe en général, a trois mots qu'elle porte et qu'elle a imprimé sur son front. Trois mots qui sont actuellement utilisés comme verni à ongle par une nation qui n'a plus beaucoup d'honneur à les défendre jour après jour. Trois mots qui sonnent comme une injure, pire une forfaiture, aux oreilles de nombre de personnes délaissées, bafouées, réduites à néant par un système qui les broie et les invisibilise. Trois mots qui ne veulent plus dire grand chose à l'heure où les plus riches deviennent de plus en plus riches tout en étant juchés sur un piédestal par les médias, et les plus pauvres de plus en plus pauvres et bannis des médias comme des cercles de décision politique.

L'Assemblée nationale française est occupée à 90% et plus par des gens issus de la bourgeoisie et des professions libérales. Aucune chance de défendre les couches inférieures de la population. Et même un Mélenchon qui s'égosille avec ses prétendu-e-s insoumis-e-s n'a pas grand-chose à voir avec la souffrance réelle du peuple. On a pu y  croire le temps d'une élection. On en est largement revenu. Mélenchon ne sera jamais Victor Hugo mais un homme égocentrique qui ramène tout à lui au même titre que les autres égos de la politique française.

Un Victor Hugo qui avait su prendre conscience au cours de sa vie de toute l'importance de la solidarité avec le peuple. Passé du monarchisme au républicanisme, adversaire acharné du bonapartisme, Victor Hugo n'a jamais été un opportuniste mais un homme qui a su défendre les justes causes au nom d'un idéal élevé. Quand il a été condamné à l'exil, proscrit, il n'a pas léché la patte des plus puissants de son époque. En 1859, alors que l'Etat français lui donne la possibilité de revenir de son exil, il dira ceci:

"J'ai quitté la France parce que la liberté était dans les fers, je ne reviendrai que quand elle sera rétablie."

Aujourd'hui, que pouvons-nous écrire sur la liberté? Qu'elle survit confinée dans les marges de la société? Qu'au contraire elle est la chose la mieux défendue grâce à la liberté d'expression? Mais si parler ou écrire pour quelques-uns ou quelques-unes, défendre les minorités, s'attacher au droit à l'égalité et à la justice ne sonnent et ne parlent aux oreilles que des minorités sans obtenir l'aval d'oreilles médiatiques bienveillantes et récoltent, au contraire, l'indifférence et le mépris de majorités bruyantes, intolérantes, répressives, vit-on encore sous le régime de la liberté réelle ou d'une liberté déguisée en simple effet d'artifice et de style?

J'estime que la politique française mérite d'être giflée, pire qu'elle ne mérite plus une élection présidentielle tant que nous ne passerons pas à une VIème République qui détruira le monarchisme ultra-libéral actuel représenté par le Macronisme. Sous couverture de démocratie, on a mis, depuis 40 ans, les milliardaires de la finance au pouvoir. Ce sont eux qui dirigent en réalité les destinées du pays. Ce sont eux qui imposent les choix politiques, créent les injustices criantes sur les salaires entre cadres surdiplômés et le reste du peuple qui trime avec la crainte de perdre son boulot, valse entre deux ou trois métiers, dépendent du bon vouloir d'un patron qui les emploie sur appel au gré de ses besoins, au plaisir de maximaliser ses bénéfices au détriment de la santé psychique et physique des personnes contraintes de bosser dans ses mauvaises conditions de sécurité financière et sociale.

L'état ultra-libéral a créé une petite élite d'ultra-riches, 1% de sa population. Des gens qui se moquent parfaitement de la situation du pays qui se dégrade, provoque des manifestations, à la base non-violentes, qui dégénèrent en violence politique et en répression d'Etat (Gilets jaunes, Nuit Debout, etc.). Mais personne ne veut entendre le cri d'effroi, l'état de sidération du peuple, à l'image du tableau de Munch.

Le monde devient de plus en plus crapuleux, obscène, dégradant, intolérant, prosélyte, obscurantiste, et tout le monde semble s'en satisfaire. Le débat politique est devenu une arène pour foires d'empoigne où les journalistes en redemandent et font de la surenchère pour gagner de l'audience ou la maintenir. De l'extrême-gauche à l'extrême-droite, en passant par la chute du socialisme et de la droite classique, les citoyens et citoyennes se radicalisent et prennent des positions politiques de plus en plus alarmantes voir aberrantes. Le chacun pour soi s'impose. La loi de la jungle prend le dessus. La rue est envahi par des fous furieux qui se mettent à tuer pour un oui ou pour un non. La chosification des personnes, le droit de possession sur les femmes prises comme du gibier et des trophées par des hommes saturés de pornographie et de prostitution, les femmes qui, dès leur prime adolescence, trouvent dans le plus vieux métier du monde un choix de gagner leur existence pour s'acheter des babioles de luxe et autres rêves de voyage sous les tropiques, une société qui d'un côté voit des mouvements comme Me Too et autre "Balance ton porc" s'émanciper afin de libérer la parole tandis que dans la réalité il n'y a jamais eu autant de pression sur le sexe féminin pour qu'il se prostitue, tourne des films pornographiques, gagne sa vie avec son corps. Et quand la femme n'est pas asservie à ce profil et ce rôle de prostituée, elle est soumise à des prosélytes religieux radicaux qui s'emparent de son corps et le cache sous des vêtements honteux comme la burqa ou le niqab.

Non, vraiment. La politique d'aujourd'hui mérite d'être baffée. Et si c'est le président qui a été touché physiquement, c'est bien toute la politique de France et de Navarre qui a été claquée. Et par là, toutes nos politiques ultra-libérales qui ont réduit la démocratie à un chaos institutionnel dont les extrêmes-droites d'Europe sortiront de plus en plus gagnantes politiquement si nous continuons à descendre moralement sur cette pente savonneuse.