24/02/2008

Qu'on arrête de faire des caricatures, que les artistes imaginent Magrith O'Met

Les discours de haine ne mènent à rien, paraît-il. Alors, s'il vous plaît, talents des arts et de l'humour, dessinez-nous un Magrith O'Met aux Mille et Une Nuits, un prophète doux et sensuel, un amoureux transi, un poète soufi, un père aimant, un amant délicieux, un chef multiculturel, un traducteur de mots essentiels. Si avec ce discours là, les terroristes continuent leur travail de mort, je crois que la grande majorité des femmes du monde musulman se retourneront irrémédiablement contre ces fauteurs de trouble et donneront raison à nos artistes. Les femmes ont toujours donné naissance à l'amour. A vos crayons magiques, chers amis des arts. La lutte n'est pas encore perdue. Et si on vous dit que le Coran ne permet pas l'image du Prophète, répondez que l'amour a toujours un visage rayonnant, et que c'est la haine qui se dissimule derrière des murs de pierres et les fantômes anonymes cagoulés qui massacrent aveuglément. C'est bien cette image-là grimaçante du Prophète que nous renvoie l'extrémisme islamique. Non? Alors ne pouvons-nous pas regarder de l'autre côté du mur, le visage riant de l'Amour?

 

Elle avait écrit sur un mur à Islamabad

ce petit verset satanique

qui alimenta le scandale islamique:

 

"Me laisse envoûter par Arthur

Je choisis une Saison en enfer

plutôt qu'une vie dans les fers"

 

Les femmes utilisèrent le téléphone arabe.

Au bout de trois jours, elles connaissaient toutes le Verset.

Les barbus arrivèrent avec un bulldozer

et rasèrent le mur.

 

Derrière, les femmes virent la mer.

Le Prophète leur dessina dans le ciel "Le Baiser".

 

 

Le Baiser, Fleur du Mal de Mer

Magrith O'Met, 17 février 2008

17:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Kosovo: un embryon né d'une réelle volonté de paix européenne

La population albanaise du Kosovo vient de fêter, de manière unilatérale, son accès à l'indépendance. Sur un autre plan, elle promet de respecter sa minorité serbe après des années de conflit meurtrier.

Grâce à la volonté internationale, l'Europe a réussi à enrayer l'énorme incendie balkanique qui menaçait la paix acquise sur son territoire depuis soixante ans. La guerre du Kosovo est sans doute la divine exception qui confirme la règle générale que toute guerre militaire engagée est devenue obsolète et méprisable sur notre planète. La réussite de cette guerre viendrait-elle du fait que seules des considérations humaines et la volonté d'éviter la propagation des foyers de haine meurtrière à tout le Continent tenaient de langue politique dans les officines diplomatiques? Fort possible. Là où il n'y a pas de considération bassement matérialiste réside sans doute le secret des victoires humaines les plus compliquées.

Nous pouvons parier que les populations serbe et kosovare, dès lors qu'elles ont échoué dans leur mariage, réussissent leur divorce et que demain soit plus riant que hier pour les populations meurtries par la guerre. Tous les espoirs sont permis. Il en va de la volonté des peuples à s'apprécier au-delà des différences, parfois énormes, qui nous séparent dans nos intimités respectives.

Si nous comprenons que l'alchimie des peuples, l'amour et la nostalgie, la haine et le rejet, l'ouverture et la fermeture, rejoint l'alchimie du couple, sa liberté, son autonomie, sa dépendance, sa prison parfois, voir son crime, nous pouvons avoir un début de compréhension pour la singularité de chaque conflit, de chaque lutte identitaire qui habite cette planète. Nous pouvons lutter, par amour, pour la liberté, pour la reconnaissance de l'Autre. Nous pouvons aussi, par haine intime, lutter pour l'enfermement, la soumission, la torture et le crime. C'est le double visage de l'Islam, du Judaïsme, du Christianisme aussi. C'est ici que les croyances spirituelles rejoignent les nations dans leur construction, leur séparation ou leur destruction. Le Kosovo et la Serbie sont peut-être au début d'un processus qui chassera leur vieux démon commun de haine réciproque hors du temple de la Civilisation humaine. On ne peut qu'encourager les capitales du monde entier à fortifier ce nouvel élan balkanique, ce rameau de paix embryonnaire né au cœur d'un volcan de violence et d'incompréhensions mutuelles dominant ce monde suicidaire. Le Kosovo est-il symboliquement notre nouvelle terre de Galilée à tous? Kosovo, An 8 après la fin de la guerre. Soyons assez timbrés pour imaginer que l'on a changé de millénaire là-bas, sur cette terre pauvre et sans richesses naturelles autre que de nombreuses richesses humaines. La plus frappante image de ce 17 février restera ce nouveau drapeau kosovar aux couleurs de l'Europe planté au milieu de tous ces autres drapeaux internationaux. Qui peut dire la dimension humaine et l'origine divine d'une telle osmose dans ce temps de conflits planétaires qui ne trouvent jamais d'issue positive? La haine n'est que le résultat du dépit amoureux quand l'amour n'a pas su protéger ses enfants contre l'abus, le viol, la violence, l'enfermement.

 

 

En politique, il n'y a pas de gros mots.

Il n'y a que des visions du monde qui divergent.

17:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Nicolas Sarkosy et la mémoire sélective

Le Président français vient de décider pour les petits Français ce que même une maman ne devrait pas faire porter à son fils ou sa fille de dix ans: le poids d'un enfant mort en déportation ou par malnutrition.

Nicolas Sarkosy part d'une bonne intention. Mais son application reste extrêmement périlleuse. Un enfant ne devrait pas porter la culpabilité des politiques passées ou présentes dirigées par les adultes. De plus, en choisissant des enfants du génocide hitlérien, il exclut tous les autres enfants morts dans des guerres toutes aussi horribles les unes que les autres. Pour que son initiative soit de portée réellement universelle, il aurait pu demander aussi l'identité d'enfants morts à Hiroshima ou, plus symbolique encore, des enfants de SS décédés sous les bombardements à Dresde. Il aurait pu aussi usurper l'identité des enfants morts tout récemment dans le World Trade Center, à Bagdad ou à Kaboul ou n'importe où ailleurs pour dire stop à la guerre et oui à la paix mondiale. Mais de tels slogans pacificateurs sortent tout droit de la pub commerciale. Nos enfants morts pour la patrie et la liberté, nous devrions dire pour l'idéologie d'un système, peuvent-ils être récupérés de cette façon? Le seul moyen valable de combattre la guerre est encore d'intéresser nos enfants à l'Histoire et les initier à la culture.

En définitive, Monsieur Sarkosy a fait un petit pas maladroitement opportuniste dans la prise de conscience de nos errements morbides. Reste à découvrir l'entier de cette lune pour qu'enfin l'être humain chasse de lui ses démons criminels.

Le Président a soulevé la polémique. Aux citoyens de cette Terre de transformer la sortie en touche de Nicolas Sarkosy pour en faire, lors de la remise en jeu, une vraie politique de paix planétaire. Le match continue et l'équipe de la Paix doit encore faire preuve de pas mal de virtuosité pour parvenir à battre définitivement l'équipe de la Guerre composé de tous ses partisans obtus et abuseurs qui sont persuadés que l'on obtient le Graal en massacrant ses voisins. Le devoir de mémoire commence par accepter que l'acte guerrier devient un tabou aussi puissant que l'acte pédophile. Comment faire pour transformer l'industrie du crime en politique de la paix?

 

17:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Vie privée, vie publique, l'exception de l'homme et de la femme d'Etat

Qui défendre dans l'affaire du cas Sarkosy? Les journalistes qui se taisent et ne parlent qu'en fonction des caprices de la diva Sarkosy? Les journalistes qui passent outre et qui considèrent qu'un Président qui se dénude ne peut plus choisir les parties du corps qu'il expose? Le roi Sarkosy lui-même qui mérite de vivre en paix comme n'importe lequel des citoyens? Son entourage, ses enfants compris, passé à la moulinette par un rouleau compresseur médiatique?

En exposant un tableau, un peintre s'expose à toutes les interprétations de son œuvre, même les plus farfelues ou imbéciles, voir diffamatoires. En exposant sa vie, un homme, une femme, prend un risque qu'il (elle) sait ne pas entièrement maîtrisé. Pour que les choses se passent dans un respect mutuel, il faut que cette personne soit aussi sincère que possible dans sa manière de s'exposer. Si Monsieur Sarkosy pense qu'il a l'honnêteté et la sincérité pour lui, alors je crois qu'il réussira son pari impossible d'avoir été le premier Président à être intimement connu de ses concitoyens. Par contre, si tout ce qu'il fait, dit, ou attaque ne correspond qu'à un plan marketing, alors je crains que la Pyramide du Président Sarkosy ne s'écroule sur elle-même. J'imagine, hélas, que la seconde version soit plus vraisemblable. Le sms supposé envoyé à Cécilia "J'annule tout si tu reviens" donnant du crédit à la seconde version. Peut-on épouser une femme quand elle n'est que la doublure d'une autre?

Monsieur le Président. Je n'aime pas tout ce que vous faites mais je défends à contre cœur votre vision de la transparence. Votre amour pour Carla me semble joliment inspirer de votre histoire personnelle. Je crois (un tout petit peu) à cette histoire d'actrice amoureuse qui double une autre combattante morte sur le champ de bataille. Mais je refuse de croire à votre fidélité amoureuse réciproque. Comment être fidèle à la doublure Carla si vous n'étiez pas fidèle au premier rôle tenu par Cécilia? Vous restez libres tous les deux de vos corps et de vos esprits. Cet amour là est-il durable à long terme et présentable à ce peuple qui aime les histoires à l'eau de rose et qui craint comme le diable la complexité des situations instables?

La meilleure façon de combattre la férocité de la presse c'est d'avoir un coup d'avance sur elle. Là-dessus, vous avez toujours gagné lors de votre élection à la Présidence. En amour, c'est moins évident. Car un couple surexposé, c'est deux personnes privées face à la presse et dans cette triangulation, vous risquez de vous retrouvez dans le Triangle des Bermudes de vos rêves. En souvenir de Cécilia, vous devez vous rappeler aussi de cela. Restez discret avec ce nouvel amour. Plus de pyramides sous les flashs, plus de Fouquet's et de paillettes. Du calme et de la verdure. Peut-être une ballade dans les alpages suisses, de la salade de patates et cervelas dans la besace et une petite sieste dans l'herbette pour inspirer les textes de Carla. Alors, peut-être, découvrirez-vous Carla dans un nouveau premier rôle à vos côtés.

17:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/02/2008

Pascal Couchepin, les allusions courageuses et les lapsus d'un démocrate

Le Président de la Confédération 2008 est sans doute un homme de conviction et comme tout homme de conviction, il n'a pas la langue qui se cache ni ne fourche sous le tapis d'orient.

Si les propos extrêmes sont rarement bienvenus et appréciés en démocratie, il ne faut pas se gêner non plus d'appeler un chat unchat. Monsieur Couchepin défend une vision démocratique ouverte sur le monde refusant la haine de l'Autre et le mysticisme patriotique des nationalistes. En 1930, celles et ceux qui ont tenu des discours alarmistes sur Hitler on été moqués et marginalisés par le pouvoir démocrate. "Hitler? Un homme qui mène à la ruine de la nation et du monde? Vous n'y pensez pas. Vous êtes fous. C'est un type bien cet Hitler. Il redonne fierté et travail au pays." Tout cela, et pire encore, pouvait être dit par les chiens enragés qui croyaient durs comme fer en l'homme providentiel Hitler. On connaît le désastre qui suivit.

Si en Suisse, nous n'en sommes pas à l'idée de la fondation d'un IIIème.Reich, c'est que nos extrémistes patriotes n'ont ni les moyens, ni l'armée, ni la grandeur nécessaire pour envisager plus impérial. Alors, ils se réfugient dans un Réduit national pur et libéré de l'expérience vivante et contaminante au contact des étrangers…

Leur rage sans humour et leur hargne vengeresse contre Pascal Couchepin est un signe d'alarme significatif.

Mengele le boucher était un être sans une once d'humour, comme Hitler, Staline, Pol Pot. En Suisse, les humoristes ne sont pas du côté de Mörgeli et Cie. Tout un symbole.

Pascal Couchepin reste un homme peu doué pour la diplomatie. Mais sans des hommes comme lui, la diplomatie pourrait parfois donner raison au pire à force de camoufler l'instinct démocratique sous une moquette de bons sentiments frelatés.

16:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)