27/04/2008

Sex Toys, girls and prostitution

De plus en plus de livres, dits érotiques trash, sont écrits par des femmes alors que les sex toys font partie de la panoplie médicale féminine d'urgence palliant l'absence provisoire, ou la présence complice, d'un mâle.

Alors que l'on parle de l'exploitation sexuelle de la femme par l'homme, de nombreuses filles n'hésitent plus à ne voir en l'homme qu'un objet de plaisir ou, éventuellement, une tirelire pour de futures belles vacances balnéaires. Parfois, elles cumulent les deux avantages et font bingo sur toute la ligne. Personne ne parle d'exploitation de l'homme par la femme. Cela fait moche dans le paysage machiste qu'un connard d'homme se laisse aller à de telles manipulations féminines. Quelque soit l'angle de vue, cet homme-là est pris pour cible par les femmes et les hommes "bien sous tous rapports". Soit il devient un pur cocu fini dont tout le monde se fout de sa gueule, soit il reste un pur dégueulasse qui tente d'exploiter ces pauvres malheureuses coincées contre un mur pour cent balles. Pas très maligne l'analyse actuelle du monde sur les relations hommes-femmes.


S'il y a toujours plus d'offres sur le marché et plus assez de demandes, les femmes se demandent-elles parfois pourquoi tant de leurs congénères féminines se prostituent régulièrement ou occasionnellement? Trop faciles de penser qu'elles le font toutes par besoin absolu d'argent ou sous la domination outrageante d'un homme violent. Beaucoup de ces femmes assument très bien leur vie et ne détestent pas le goût du sexe avec avantages financiers à la clef. Alors pourquoi continuer à faire de la prostitution un acte dégradant et tabou? Certaines filles se sentent nettement plus valorisées quand leurs soupirants ont de l'attention pour elles, qu'ils dépensent sans compter alors que d'autres couchent en ne recevant que mépris et rejets des hommes les lendemains de beuveries mutuelles. Qu'est-ce qui est le plus dégradant pour une femme? N'être prise que pour la petite pute d'un soir qu'un macho baise gratis ou la Princesse Consort couverte d'attentions généreuses par un homme qui la dévisage de son regard amoureux?


Quand les filles jouent avec leurs sex toys, rêvent-elles encore à l'homme de leur vie?… Ou, comme beaucoup d'hommes qui ne voient qu'un trou et béance chez une femme, les femmes ne voient plus en l'homme qu'un pic à glace qui transpercent leurs chairs à défaut de transpercer leurs cœurs?

Chères lectrices, chers lecteurs, à vous de faire la suite du commentaire…


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Si une fille demande du levain

en échange de son vase

demande à Bouddha si ta main

ira l'amener à l'extase

20:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3)

Relations Chine – Suisse – Europe

Il y aura beaucoup de Joie dans vos cœurs et les nôtres.


Ici, le ciel va s'ouvrir sur le Toit du Monde.

Ailleurs, ils iront gravir la Géante Rotonde.


Fallait-il donc attendre cet empereur secret

Afin que votre source limpide coule au Tibet?


Il va falloir suivre notre Grande Dixence

Dans l'échange de toutes nos différences.


Là-bas vos Trois Gorges font impression

de leur puissance de vie et de destruction.


Ici, notre Suisse rupestre se réfugie dans sa grotte.

Devant ses enfants écrabouillés qui jouent au foot.


Ici, les maîtres décernent les diplômes parentaux.

Mais Saint Blocher a-t-il eu parents compétents?


Les tanks habitent souvent nos fiers esprits

Mais ils assassinent aussi de discrètes vies.


La Suisse minuscule et la Chine majuscule

vont écrire de nouveaux travaux d'Hercule.


La goutte d'eau paraît identique partout

mais ses propriétés dans le Grand Tout

transforment des milliards de conditions

en autant de nouvelles libres variations.


"L'univers entier est contenu dans le minuscule."

Naoto Fukasawa


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Enfant du Zambèze, Stephen Morrison


Love me without thought

(aime-moi sans y penser)


"On a rien de bon sans y mettre le prix.

Sauf au Japon où les gens partagent

une étrange responsabilité vis-à-vis

de ce qu'ils produisent,

et cela sans qu'ils y soient contraints.


Gratuitement.


Même s'ils n'ont pas envie de faire quelque chose,

mus par une sorte de sens moral inexplicable,

ils l'exécutent finalement à la perfection."

Naoto Fukasawa


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Lac de Brienz, Interlaken – Berne,

prise de vue depuis l'Interville, mars 2008

20:34 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

Dominique Baettig, gardien de la Révolution blochérienne*

Swissair s'est cassée la gueule en se servant, au passage, avec l'argent des citoyens. Ce n'est pas la faute à Blocher. C'est celle du Général Alcazar. L'UBS du cher et grand ami de Blocher, Marcel Ospel, jette près de quarante milliards par les fenêtres grâce au cynisme glacial du gain mirobolant acquis sans aucune fatigue par quelques initiés de la Secte des Grands Salopards, et il fracasse, grâce au scandale des subprimes, la suprême confiance des Suisses envers leur banque fétiche, ex label AAA sur le plan international. Ce n'est pas la faute au Grand Timonier Blocher. C'est celle des socialistes et des bourgeois réunis sous la même chienlit incompétente. La Direction de CFF Cargo prend son personnel pour du petit bois que l'on déplace et brûle comme des traverses de chemins de fer, ce n'est pas sur le principe blochérien du "quand on n'est rien du tout, on ferme sa gueule et on subit la loi de ceux qui possèdent". Il faut quarante jours de grève des ouvriers pour comprendre que les "cause toujours" existent en tant qu'êtres humains. Et le pire maintenant de la célèbre formule littéraire revisitée "ce n'est pas la faute à Blocher, c'est la faute à Pourceau", les Suisses en viennent à se détester, voir à se haïr entre eux jusqu'à se menacer de mort, mais ce n'est toujours pas la faute au grand stratège helvétique Blocher.


Non Monsieur Baettig. Vous êtes psychiatre et cela me désole de lire qu'un homme qui exerce cette profession est assez aveugle pour n'avoir pas vu que Monsieur Blocher est l'antithèse du Suisse moderne et l'antipatriote des valeurs véhiculées par les Lumières, le genre de traître aux valeurs de solidarité, de fraternité, de liberté que la direction de l'UDC pense cependant développer pour tous les Suisses sous le couvert de ses thèses nauséabondes.

Pourquoi 70% des Suisses apportent leur soutien à Madame Widmer-Schlumpf alors que ses idées politiques ne séduisent d'abord que les autres 30% de son camp qui se permettent, eux, de la jeter aux orties comme une vieille sorcière maléfique (sur le modèle j'aimais ma femme mais je la tue car elle a osé ne pas se soumettre à moi, son mari). C'est simple, Monsieur Baettig. Les 70% acceptent, voir apprécient, qu'une femme intelligente, sensible, énergique, différente de leurs opinions politiques, agissent positivement au sein du nouveau Gouvernement alors que les 30% restants, alliés objectifs de cette femme, refusent désormais cette "traîtresse" qui développe tendresse, rigueur, opinion claire, transparence politique, politesse, savoir-vivre, humour et même un certain charisme poétique à travers son visage et ses yeux qui semblent parfois s'échapper pour se diriger vers le surréalisme (son tableau de l'arlequin du fameux bureau qui a remplacé le bûcheron de Blocher est assez symptomatique du changement de climat au Conseil fédéral). L'air de rien, la baleine a lancé son vide mer sur le Palais fédéral et le grand requin a fini dans l'aquarium aux vieilles reliques religieuses.

C'est tout cela qui dérange la direction de l'UDC. Nous avions notre beau sapin, roi des forêts olympiques, Adolf Ogi, unanimement apprécié des Suisses et d'une organisation mondiale aussi importante que l'ONU. Nous avons maintenant le roi du Réduit psychiatrique, Christoph Blocher, qui divise les Suisses et nous porte préjudice à l'extérieur de notre bulle idyllique. Et bien je vous le dis carrément Monsieur Baettig: la direction de l'UDC actuelle mène son parti dans le précipice et non pas au sommet du Cervin.


Enfin, le plus cruel pour vous et votre parti, Monsieur Baettig, et qui disqualifie votre pensée trop vite versée vers les certitudes de l'identité de souche, ce sont ces mots de vous-même: "Mme Widmer-Schlumpf (…) est un parfait caméléon, comme Nicolas Sarkosy, son modèle, elle se prête à incarner tous les désirs (…). C'est la sarkosysation de la politique fédérale à laquelle nous assistons: faire du Blocher sans Blocher, en le vidant de sa substance, de son style, de son projet."Extraordinaires de révélation que vos mots. Vous reconnaissez enfin que Monsieur Blocher est bel et bien le cousin germain de Jean-Marie Pen sèchement rejeté par la France! Alors qu'en Suisse, vous, les Suisses de l'UDC, rêvez vieille Suisse: "On adore Le Pen et son Front National. Nous sommes donc la majorité pensante du repli national et nous Suisses blochériens de souche et de sang exigeons toute notre place au pouvoir"… Désolation que ce fracas de mots imaginés en guise de passeport national et qui remuent l'âme saignée des autres Suisses qui pensent en silence: " On peut ne pas être d'accord avec la pensée widmérienne (sarkosyenne) mais se liguer avec elle quand la menace Blocher (Le Pen) pointe davantage que le bout de son nez au Palais fédéral (à la Présidence)"…


Une pensée africaine dit: "Le bûcheron a toujours eu la possibilité d'abattre fièrement son arbre sans le respecter. Mais s'il le fait ainsi, des racines de cet arbre humilié naîtront des milliers d'arbres qui viendront réparer le mépris du bûcheron pour son arbre qui le nourrissait."

C'est au tour du bûcheron de tomber sous le vote démocratique des jeunes pousses sorties des racines de l'arbre suisse. A chacun sa morale et ses héros de l'Histoire suisse.


Désolé, Monsieur Baettig. Nous n'habitons plus le même Pays des Arbres et des Montagnes magiques.


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On reconnaît la couleur et la fleur d'un homme ou d'un parti politique à sa façon calme de garder dans le (ou d'exclure rageusement du) périphérique de son cœur la femme qui l'a trahi pour sauver le navire fonçant droit sur un iceberg qui allait noyer leurs enfants. Il suffirait pourtant d'un geste de gouvernail de son cœur pour éviter le pire du pire et retrouver lentement et sereinement la route de la mer; ou alors se prendre tout l'éventail du mépris dans la figure en restant figé sur ses positions.


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Marionnette japonaise infusée

dans le Salon de thé vert suisse


"On n'a pas vraiment conscience d'être éclairé par une lampe

et c'est tant mieux. Le but d'un objet est de faciliter nos activités.

C'est comme pour la peau: vous ne la sentez pas jusqu'à

ce qu'elle soit griffées ou blessée.

Beaucoup de designers pensent qu'il faut faire des entailles

dans la peau pour qu'on les remarque.

Pour ma part, c'est tout le contraire.

Je veille à ce que la peau soit le plus douce possible."

Naoto Fukasawa, dessinateur d'enchantements


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Mogari no mori (La Forêt de Mogari)

Naomi Kawase (Japon / France, 2007)

"Tulipe", jeune chanteuse beat 08'Art du Tessin


"Majestueux temple végétal, la forêt de l'indicible deuil

semble tout entière vouée à la guérison des âmes"

Norbert Creutz, Le Temps, 23 avril 2008


*Journal Le Temps, 22 avril 2008, "Eveline Widmer-Schlumpf finira par lasser ceux qui l'ont élue


20:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20/04/2008

Entre Darwin et Dieu, le combat du système D

A Darwin, la loi de l'évolution. A Dieu, la loi de l'érotisation du monde.

On dit volontiers aujourd'hui pour qu'une politique fonctionne, qu'elle doit être sexy; pour qu'une actrice ou une chanteuse rencontre un énorme succès, qu'elle doit être belle et douée d'une grande sensualité; pour qu'un homme plaise, qu'il doit focaliser sur lui toute l'attention.

Face au déterminisme darwinien, l'être humain a su créer une sorte de rempart individuel et collectif. Si le plus fort devait toujours forcément gagner, l'humanité en serait encore à l'âge de pierre. L'inventivité vient du faible. Celle ou celui qui crée se sent en permanence menacer par plus fort que lui. "Faire de l'art" signifie, en priorité, se mettre en opposition devant l'acte agressif, voir guerrier. Si Darwin avait le monopole de l'évolution déterminant l'être humain, l'homme serait resté à l'état brut, à l'état sauvage qui le maintiendrait en permanence au niveau de l'animalité.

Ce qui nous distingue des autres espèces animales, c'est notre force spirituelle à s'élever, à déclencher dans nos esprits des phénomènes de complexité qui marient évolution et érotisation de nos comportements. Si les religieux des religions monothéistes ont toujours craint le sexe, c'est qu'ils ont toujours su que par le sexe, l'être humain évolue et modifie ses concepts d'existence. Pour ces religieux, la déstabilisation des concepts dogmatiques et la subversion des esprits sont le pire. Car de leur sex symbol unique, les humains moins religieux ont tendance à en faire un personnage historique, certes important, certes intriguant et fascinant, mais plus d'une grande force transcendante pour l'époque dans laquelle nous vivons. D'où le remplacement des dieux par les dieux du stade…qui se signent souvent d'un signe de croix…

Cependant, l'érotisation du monde continue et son explication aussi. Que fait Dieu parmi nous si ce n'est de pénétrer nos consciences agissantes? Que fait Dieu parmi nos échanges sexuels si ce n'est de rendre coupables ou légitimes nos relations? L'adultère n'est plus une faute devant le juge civil. Mais devant nos consciences, notre vérité, notre demi-vérité ou notre mensonge, l'adultère est-il devenu si innocent que cela?

Un chat baise. Il ne se pose jamais la question de savoir avec qui et dans quelles conditions. Est-ce notre cas? Et si oui, est-ce une évolution ou une régression amoureuse de notre société? Et si l'on parle d'évolution ou de régression, cela ne signifie-t-il pas un rapport philosophique, voir métaphysique à notre conditionnement amoureux?

Un être humain fait l'amour, boit et mange. C'est ses seules vraies préoccupations permanentes tout au long de son existence. Pour un prêtre catholique ou une nonne, renoncer au sexe est sans doute la chose la plus difficile à pratiquer. Et pourquoi ou pour qui le font-ils? Dieu. C'est bien que par la diversion sexuelle Dieu entre par la porte inférieure des plaisirs alors que, en l'absence de celle-ci, Dieu peut nous pénétrer par la porte supérieure du désir. Cela n'en reste pas moins une sacrée histoire d'O…

Alors, il nous reste à fabriquer notre propre système D. Darwin nous a dit qu'avec sa théorie il avait bien baisé Dieu et Dieu a répondu de ses nuages que "Darwin avait bien fait car rien n'est meilleur que l'Amour". Mais, a-t-il rajouté malicieusement, "ce cher Darwin, moi je le baise chaque jour, en pratique. Et c'est encore mieux de réaliser ses fantasmes".… Comique ou cosmique, Dieu?


20:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Dieu, une croyance dérangeante ou un chemin vers la liberté?

Dans "The God Delusion" ( "Pour en finir avec Dieu" ), Richard Dawkins s'en prend à la religion monothéiste. Il en conclut que la religion serait aussi extravagante qu'inutile. Sans oublier d'insister sur le côté sectaire et criminel des extrémismes religieux.

Il compare la posture religieuse d'un adulte par rapport à Dieu comme celle d'un enfant par rapport à ses géniteurs. Il en vient donc à considérer l'immaturité et la naïveté de cette personne en égard à l'existence responsable et rationnelle d'une posture adulte et athée. Il complète son tableau matérialiste en peignant l'attraction pour la religion comme le produit dérivé de notre banale irrationalité, à savoir la tendance à tomber amoureux.

Il en conclut que la posture supérieure de l'athée qui nie l'existence d'une transcendance permet aux humains de s'en sortir mieux dans la vie car "l'athéisme est presque toujours la marque d'une saine indépendance d'esprit et, à vrai dire, d'un esprit sain." La sainteté athée à quand même produit des fruits assez monstrueux au regard de l'histoire du XXème siècle…

Le théologien Hans Küng donne la réplique dans l'article du Temps du 19 avril que "Dieu n'est pas à l'origine du mal. Mais dès que l'homme dispose du libre arbitre, il a la possibilité de commettre de mauvaise actions. On peut spéculer longtemps pour savoir si la liberté était possible sans le mal."

Nous voilà au cœur de l'âme humaine. Nier en bloc l'existence d'une transcendance possible ne nous met en aucun cas à l'abri du mal alors que croire en Dieu ne fait pas encore de nous des êtres de bien.

L'athéisme a mené les êtres humains vers des totalitarismes atroces alors que les guerres de religion ont jeté les populations les unes contre les autres. Dans les deux cas c'est la part tyrannique de l'humain qui a jeté la haine et la dévastation parmi les nations et entre les individus.

Nous pouvons en tirer la sagesse suivante: l'athée qui doute de son athéisme affiché cherche le chemin vers sa propre liberté intellectuelle, affective et sociale alors que le croyant qui doute de sa foi religieuse tente d'accomplir le même chemin vers la liberté.

Et nous pouvons alors imaginer qu'un athée se sente attiré par un vent spirituel qui le dirige vers une direction religieuse alors qu'un croyant pourrait lâcher l'habit de sa religion pour investir le champ de l'athéisme afin de mettre à l'épreuve l'éducation religieuse auquel il a cru…

Dieu nous laisse libre. Nos questions intimes n'obtiennent de réponses provisoires qu'en fonction du vécu que nous nous bâtissons. Darwin et sa théorie ne peuvent pas tout expliquer. L'étrangeté du mal et sa puissance destructrice, l'énergie inégalée et inégalable de l'amour ne peuvent être rationnellement expliquer par la science. Les forces naturelles ne sont pas de même nature que les forces surnaturelles qui ont porté un Mahomet, un Christ, un Gandhi ou un Hitler, un Staline, un Pol Pot au sommet des volontés humaines. La puissance psychologique d'un individu, l'attrait pour le bien ou le mal, ne s'explique pas par la seule volonté d'un individu ou d'une collectivité. Pour mettre en route un mécanisme de bienfaisance ou de malfaisance il faut soit l'amour qui dirige l'action, soit un fort penchant au mal qui engendre la haine et la destruction. Pour créer ce climat d'amour ou de haine, l'être humain est accompagné de son aura qui navigue entre son pôle magnétique positif et son pôle magnétique négatif. Si la désintégration de l'atome provoque une explosion atomique, l'amour et la haine peuvent également provoquer des réactions en chaînes quasi irrationnelles. D'où le mysticisme de certains et des êtres qui deviennent des symboles de Dieu; d'où les génocides d'autres qui sont le fruit de l'horreur des hommes, de leur esprit de puissance, de domination et de soumission.

Les êtres humains se sentent bien à l'équateur car il y fait chaud, le climat n'y est pas trop variable, le bien et le mal sont partagés de manière équitable entre les gens.

Dieu peut-il intéresser les athées? Oui. Mais à une condition: comme l'Art, Dieu ne se laisse ni domestiquer ni soumettre. Il demande un travail assidu, une attention à notre entourage et au monde soutenu, un esprit de créativité développé et un refus de tout dogmatisme aliénant, une porte ouverte de l'esprit sur l'inconnu, une confiance dans l'aventure malgré la souffrance, les obstacles, les doutes, voir le rejet provisoire de nos croyances. Car être athée est aussi une croyance. "Si je ne te crois pas, c'est donc à ma réflexion rationnelle ou irrationnelle que je crois." Dieu est pareil au mendiant qui tend la main devant une banque. Il nous regarde et nous parle en silence: "Si tu ne me vois pas, passe ton chemin sans crainte. Peut-être me reconnaîtras-tu un autre jour. Si tu me vois et m'ignores, ne t'inquiète pas pour moi mais inquiète-toi de ton cœur froid. Si tu me donnes une pièce de monnaie sans me regarder, ta gêne et ta culpabilité ne te sauveront pas. Elles ne feront que te pousser plus en avant dans ton propre mur. Si tu ne me donnes rien mais que tu me salues et me rends un sourire, je sais que je peux te compter parmi les humains qui cherchent le chemin."

Dieu est une affaire trop sérieuse et impérieuse pour que les humains ne s'en remettent qu'aux paroles et écrits de quelques gourous athées ou croyants. Dieu est d'abord notre histoire personnelle et une interrogation entre le "je" terrien et le "je" immortel.

La vigilance doit sans cesse nous guider. Richard Dawkins: "faire prendre conscience qu'il est réaliste, courageux et merveilleux de vouloir être athée." A quoi nous pouvons répondre: le réalisme socialiste a conduit à la catastrophe; le courage des populations n'a pas suffit à créer le paradis sur Terre mais il a construit des goulags et éliminé des millions de conscience assassinées pour déviance au dogme matérialiste; le merveilleux de ce conte athée a créé, entre autres, la secte des Mao et des millions de petits croyants naïfs volontaires qui ont crevé à la petite semaine jaune…

Il est peut-être sage de garder Dieu comme point d'interrogation et de réflexion permanente pour sa sphère intime…Elle est probablement la seule personne fantasmatique (si nous osons comparer Dieu à la Personne) à ne jamais faire acte de domination sur nous tout en nous insufflons par ailleurs un amour gratuit et sans contrepartie.

 

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"Le Jour I", Ferdinand Hodler, 1900

20:46 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)