25/05/2008

Beibel, de l'esturgeon au caviar chinois, réinventons notre langue globale

La Chine a peur. La Chine souffre. La Chine avance trop vite et s'essouffle. Les catastrophes portent en elles une origine humaine et divine. Nous courons à la catastrophe chaque fois que nous dépassons nos limites de compétence, chaque fois que nous créons un triste chaos destructeur plutôt qu'un joyeux chaos constructif.

La Chine n'est pas seule à avoir peur. Le monde global a peur. Peur de manquer d'énergie, de matières premières, de nourriture, d'argent. Peur des cyclones, des tremblements de terre, des volcans, des dérangements climatiques. Si nous travaillons avec la peur au ventre, nous nous condamnons déjà à entrer dans une ère d'hystérie et de paranoïa qui nous conduira à la violence globale.

La Chine a subi quatre catastrophes successives rattachées à quatre de ses cinq mascottes olympiques. La cinquième, Beibel, l'esturgeon chinois est porteur de caviar et a été épargné jusqu'ici... Ce beau poisson nous rappelle la valeur de toute vie. En sport, en culture, en politique, en économie, en amour…, ont parle de caviar quand un geste, une attitude, un mouvement devient l'emblème d'une parfaite réussite. Gageons que Beibel est un signe du Ciel pour nous rappeler que nous sommes responsables de garder vivant notre caviar intime, nos perles noires aphrodisiaques qui poussent les humains à se surpasser et à réussir là où tout semble n'être que désordre, désastre, mort et enterrement.

La Chine se relèvera avec nous de son marxisme-capitalisme outrancier. Poser la question de Dieu à un athée, c'est déjà l'énerver et le sortir de ses gongs. Plongez-vous dans le Yangzi. Vous y découvrirez peut-être des poissons rouges qui parlent du yin et du yang… Passivité feinte et mouvement fluide, l'esturgeon, comme tous les poissons, est l'emblème du tao qui a existé bien avant l'arrivée des forces de production globale gérant de manière totalitaire et hyper rationnel notre quotidien actuel. A nous de nous libérer. Commençons par les Jeux olympiques en faisant de ceux-ci l'emblème de l'ouverture de l'Orient sur une modernité assumée et confiante en elle, porteuse d'héritage de son glorieux passé. L'Occident pourra alors parler de démocratie avec la Chine.

Beibel va nous apprendre à parler la valeur d'un langage diversifié qui nous réunira tous ensemble dans l'océan de nos cerveaux universels. Faites une prière en haut, tout en haut, sur l'Everest…

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