25/05/2008

En mai, refais ce qu'il te déplaît

L'esprit de liberté n'est pas conciliable avec un courant xénophobe qui stigmatise tout ce qui ne se rattache pas à la norme majoritaire d'une société. L'esprit de liberté ne fournit pas à l'arbitraire le scénario idéal pour lyncher la demande de naturalisation d'un étranger installé de longue date dans notre pays.


Mr Dominique Baettig réduit les dérives néolibérales actuelles aux seuls héritiers de mai 68. Hors le monde actuel est largement dirigé par des conservateurs qui tentent de capter un maximum de richesses entre les mains d'une minorité planétaire se partageant la direction économique, politique et culturelle de la planète.

Pourquoi l'UDC est-il le seul parti suisse avec des moyens financiers quasi illimités? C'est comme si les plus riches se donnaient la main pour combattre les couches sociales défavorisées. Il est facile de dénoncer les paradis artificiels, les femmes qui travaillent, les enfants abandonnés à eux-mêmes, la délinquance juvénile, les recours à l'aide sociale. Il est plus difficile de créer une politique familiale solidaire, une offre culturelle et artistique qui ouvre les jeunes vers leur propre liberté d'expression plutôt que vers l'enfermement créé par quelques concepts intellectuels qui condamnent pêle-mêle le risque de l'ouverture ou le désir d'expérimenter des chemins de traverse qui ne ressemblent pas forcément aux choix néoconservateurs et idéologiques d'adultes apeurés par les conséquences de la mondialisation.


En mai 2008, le monde souffre d'égoïsme exacerbé, d'ignorance et de rejets envers celles et ceux qui ont des parcours de vie hors normes, d'un manque flagrant d'intérêt pour la culture alternative. IL souffre aussi de folie consumériste qui tente d'endormir toute interprétation poétique et universelle possible de l'humanité; d'exploits morbides spirituels qui va du terrorisme sauvage à l'extrémisme religieux des sectes, y compris dans l'expression hard et sans âme de la libre sexualité tarifée. Tout cela n'est pas l'héritage du flower powerde mai 68. Cela ressemble plus au refus de faire enfin le grand saut vers la liberté individuelle et collective des sociétés. Notre modernité a toutes les apparences extérieures de la liberté de penser. Mais à l'intérieur des corps, les âmes conservatrices calculent beaucoup plus par cynisme opérationnel et appropriation des moyens de production, des esprits et des corps. Le pire se constatant régulièrement, hélas, sur le Continent africain, et non en Chine, sans cesse frappé par l'incontinence de ses dirigeants maxi bling-bling mais si peu compétents en manières démocratiques et humaines. Le marxisme-capitalisme*, vit ses heures de gloire partout sur la planète. Chacun pour soi. Mais quand une tragédie frappe, alors tous veulent venir en aide, tous prient dieu c'est quoi, tous avancent pour sauver des vies qui n'ont, au quotidien, reçu que les regards méprisants et hautains des classes aisées.


483736895.jpg


"L'absolu de la politique aveugle les esprits les plus fins et les plus cultivés."

Pierre Assouline, émission RSR1, "Presque Rien sur Presque Tout", 22 mai 08


Etre libre, c'est peut-être se mettre en danger face à un monde qui tait certains enjeux de la démocratie. Un monde sans contraintes était peut-être l'utopie impossible de mai 68. Mais en parallèle à l'utopie progressait l'idée d'une hiérarchisation à plat de la société, d'une égalité plus humaine plutôt qu'un monde égalitaire qui distribue des énormes richesses individuelles à une minorité de privilégiés tout en assassinant des populations entières. En mai 68 progressait aussi l'idée d'un homme et d'une femme capables de grandir ensemble, d'aimer en toute liberté dans le respect des choix de chacun(e). Mais les étudiants, dirigeants d'aujourd'hui, ont finalement préféré Mao et son petit livre rouge. Ils ont confondu liberté et brutalité égalitaire. Qu'avons-nous fait de notre liberté nouvelle? Des couples incapables de durer dans le temps? Des querelles matérialistes sans fin, des expériences sexuelles multiples et foireuses sans aucune conscience de soi? Et, parallèlement aucun campus ni soutiens, ni caisses de résonance, qui permettent aux mécaniques intellectuelles libérales de libérer leurs énergies émancipatives et pédagogique avec le brin de folie nécessaire à toute authentique innovation? La Chine n'est pas si loin de nos rivages. L'apercevez-vous? Un gouffre de nihilisme totalitaire où la question même de la transcendance, de Dieu, a été éliminé au profit de superstitions ou de religions vendues en kit et trousses de secours? Allô maman bobo… Dieu ressemble désormais à une madone qui console des drames de ce monde. Pascal, le grand Pascal qui n'était pas un demeuré côté science, en avait pourtant fait son pari existentiel. Nous, nous en faisons un fétiche descendant d'une tribu néandertalienne ou, guère mieux, une simple question non fondamentale à nos existences cartésiennes scientifiquement approuvées comme détentrice de la vérité moderne. Avec, en prime, le tampon agrégé comme pompon à la Faculté: God is dead, do it yourself Mai 68. Pourtant, tout au plus une mode scientifique supplémentaire était née, au pire un marxisme hygiéniste, efficace, qui ne supportera plus jamais aucune contradiction irrationnelle ou poétique…


Peut-on construire une nouvelle civilisation globale qui crée de l'avenir sur ce terreau brinquebalant du "surhomme technologique"? Je crois que le monde souffre d'absence de philosophie et de goût prononcé à la culture pour favoriser paresseusement et durablement le divertissement puéril et bling-bling. Que de "grands" philosophes français aient donné leur vote à un futur président bling-bling sans aucune profondeur mais possédant une façade dorée de perroquet exceptionnel montre la décadence voulue et la liquidation menée à son terme de mai 68, et allons-y gaiement, du rêve de "l'homme aux semelles de vent". On oublie volontairement l'esprit d'origine de 68 pour casser la subversion poétique née à cette époque. Ségolène Royal aurait-elle été une meilleure Présidente? Probablement. Car chez elle souffle encore cet esprit de Mai 68 plutôt que la lettre sans majuscule du "p" qui règne de toute sa splendeur vulgaire chez le président Sarkosy. Tombe la hiérarchie qu'elle revient au galop sous d'autres formes plus modernes gravées dans les diamants de la culture… Qui menait la barque en 68? Les politiques? Non. Les artistes. Qui faisait la politique en 68? Les parvenus? Non. Les passionnés, y compris chez De Gaulle. Mai 08, mois exceptionnel d'une remise en question globale?… Les capitalo-marxistes tapent sur les moines en Birmanie, en Chine, au Japon. L'esprit de subversion souffle dans la maison de Dieu… et les artistes jouent peut-être une sacrée parodie musicale à l'intérieur d'austères monastères bouddhistes…


Mai 08. Les chats valaisans sniffent leur ronron, les chiens blochériens fument leur schtrumpfette, les rats couchepiniens tâtouillent sous notre nez les lignes départementales, et les serpents leuleu organisent une fausse vente du rail helvétique à la Bourse. Et le gorille… Que fait-il le gorille?… Il joue avec sa copine Cocaïne Monroe dans l'Interville, roulant ses billes sur sa couchette divine. Comme tous les rescapés blessés pendant la guerre de Mai 68, il est resté érotomane jusqu'au bout du pied. Et risque les burnes-out à chacune de ses présentations sur le Net. Ô jouissances sans entraves quand tu nous tiens par tes rutilantes épaves féminines…


1903723838.jpg

 


La Suisse a peur de ses naturalisés.

Elle réussira son Euro à la limite du hors-jeu

en pansant ses blessés.

20.05.08, 19.08 = 33

l'âge du Christ ou le chiffre de la Sainte Trinité…

En Cène, le saccage de la monoculture UDC

par la "sainte laie" Eveline Widmer-Schlumpf.


"Pompes funèbres Blocher Frères S.A.

pour tous vos deuils nationaux et privés."


P.S. Pour faire (ou pas) rire Zep. Au repas du soir, Tifeuf demande à papa ce qu'est un burn-out. Papa et maman Titeuf expliquent doctement que c'est assez compliqué, que c'est quand on travaille trop patati patata pataboum. On passe la nuit… Au matin, Titeuf retrouve son copain Jean-Claude qui lui demande pourquoi il a l'air si fatigué ce matin. Titeuf répond: "Pfffff. Papa a fait des burnes-out à maman toute la nuit et je suis naze de leurs crétins de bruits d'animaux."


*Marxisme-capitalisme: concentration des richesses, diktats hiérarchiques, discipline de fer, autocensure, création de barrières artificielles entre les tenants du savoir et les prolétaires de la pensée. Soit l'inverse de la démocratie participative, le chaos constructif, le partage démocratique et rémunéré des idées. Internet fonctionne actuellement sur le mode marxiste-capitaliste. Droits d'auteurs reconnus défendus becs et ongles par les élus du système. Droits d'auteurs des anonymes totalement bafoués forcés de renoncer à toutes formes de revendications financières. Travail créatif de ceux-ci apportant de l'eau au moulin capté par ces mêmes élus et redistribués au monde sous d'autres artifices contre financement. Comment faire pour donner aux nouveaux porteurs d'eau, voir aux nouveaux champions, un peu de dignité et de richesse matérielle? On ouvre le débat sur ce blog.


Réf. "En mai, défais ce qu'il te plaît", Dominique Baettig, conseiller national UDC, Le Quotidien Jurassien, 20 mai 2008

20:11 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.