25/05/2008

Violences conjugales, les aveux d'un non-violent

Les âmes insensibles imaginent peut-être qu'un couple ça vit de sexe et d'eau fraîche agrémentés de plages balnéaires et de plans discos.

Ces âmes-là feraient bien de visiter le café du commerce, lieu de tous les bavardages inaudibles. La sexualité n'a jamais été un monde absent de violence, d'attirances illégitimes, de poignards dans le dos, de mensonges aussi vulgaires et hypocrites qu'un mauvais film porno. On a désappris de l'amour. La société de consommation propose tout le contraire à une relation durable ponctuée de patience, de compréhension, de sacrifices mutuels, de solidarité interconjugale. L'amour se veut libre, impatient, radical, furtif, excitant, euphorisant, sauvage. Mais est-ce l'amour ou le sexe qui s'exprime ainsi?

Dans le couple moderne, il faudrait peut-être apprendre à distinguer la sphère intime du couple de la liberté individuelle de chacun des partenaires tout en comprenant que plus la liberté se veut individualiste moins nous donnons de chance à notre couple de créer l'état de fusion si excitant à la relation amoureuse.

La violence peut surgir à tous moments quand la distorsion des intérêts est si flagrants que le couple n'a d'autres recours que de se "foutre sur la gueule". Si les deux partenaires sont incapables de céder ou d'adopter pour l'un une attitude non-violente et défensive, la dispute peut dégénérer jusqu'au crime.

N'en déplaisent aux bonnes âmes frigides qui vivent l'amour dans un frigo hygiénique, les passionnés, ils diront les exaltés, doivent trouver leur chemin du milieu pour concilier à la fois leur passion, leur liberté et celle de son/sa partenaire légitime. Ce n'est pas donné à tout le monde et surtout, c'est un travail de longue haleine qui se fait grâce à la culture. Mais qui parle de culture à l'heure du fast-food artistique, de la play-station, d'Internet et du téléphone portable qui ouvrent vers toutes les aventures plus ou moins folles pouvant finir dans la violence la plus abjecte et absurde?


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