06/07/2008

E(u)ro foot 2008 - 15 juin

Dimanche 15 juin: "Elle est loin, mon amour de la balle. Elle gagne son blé au baby-foot. Mais sur son gazon glissant arrosé de glu tenace, elle nage dans sa mélasse. Le public la prend juste pour une pétasse… une sacrée pétasse qui boit sa tasse d'eau de mer pour frimer, en été, sur les belles terrasses de plages."

 

Dimance 15 juin: "Nada, un Espagnol bituré et vulgaire me l'a fauchée dans les seize mètres. Corrida. Je vois rouge. Nouvelle expulsion. – Eh, Tranquillo, tu devrais soigner cette jalousie – me susurre-t-elle à l'oreille. – Il lui manque le "l" de Nadal à ton type – que je lui renvoie à la volée en retournant dix fois ma langue slave dans sa bouche latine. Nada, un écrivain à ne jamais oublié à la pointe de l'attaque. Peut-être qu'avec l'arrivée du homard Hitzfeld, on parlera enfin du nouveau grand avant-centre Nada dans les journaux. Je suis fada à Lisbonne…ou alors complètement fado de ma Roumaine à cette heure: "Un îlot jaune de latinité céleste, / Jambes déroulées, né d'Everest, saigneur des Carpates / et de Bucarest, courtisane des Quatre-Pattes / roule à tombeau ouvert sur le bitume slave / Tout en secouant suavement un gros roteur de bière batave. / Elle les emportent avec elle sur sa vague orange / Allumée par son doux sexe des anges.", aurait écrit un Brel délaissé et dépressif en ce mois de juin 2008 dans cette ville de Berne-Amsterdam, qui sent l'ail, l'orange, la pisse et Van Gogh, le goal d'oro de la Hollande mort dans la misère et qui vend aujourd'hui ses toiles des millions de francs à des milliardaires sans gêne qui l'auraient laissé crever de faim plutôt que de le sponsoriser au bon moment.

A Bâle, le Portugal et son équipe de coiffeuses ont été battu par les poissons rouges et Yakin a réussi à marquer ses occasions. Fatima Zubi est restée blanche et vierge comme neige depuis 480 minutes (record du monde monastique) côté suisse et la résurrection a eu lieu au soir du troisième match. Si le dieu suisse est ressuscité, alors il peut faire de sacrées étincelles en Afrique du Sud contre l'Amical de Johannesburg, club sympathique, payé pour perdre tous ses matchs contre l'invincible sorcier Zubi Superboulette. Décidément, Kuhn n'a pas su voir combien Zubi était indispensable à notre équipe pour donner confiance à sa brochette d'arrières, inviolable gardien de la nouvelle révolution suisse... Même Thierry Meury aurait dû passer au coup de ciseaux des coiffeuses portugaises pour réussir à séduire les blondes suédoises qui ne se mettent pas facilement à poil devant sa boule. Le Thierry, quand il passera la prochaine fois au bistrot, il pourra encore me saluer. Je ne le mangerai pas sur mon ordinateur. Et je lui présenterai même la Milky, si on survit dans ce monde pourri. En échange, il m'apprendra à ne pas dégueuler de trac sur les filles quand je causerai à la radio ou à la T.V. J.E.

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