06/07/2008

E(u)ro foot 2008 - 24 juin

Mardi 24 juin: "La vie est un long chemin Ô ma sœur, dont le cœur est le mystique vecteur. Lao Tseu a dit: Malin qui arrachera sa moumoute au footballeur." S.B.

 

Mardi 24 juin: "Le foot ressemble parfois à un attentat à la pudeur commis de jour à Wimbledon, en pleine rue, sur la tenniswoman Lolita Dementieva, et sous l'œil du coq cuisinier Nabokov, seul maître à ne pas refermer les yeux sur l'état sauvage du monde. L'Eurofoot est très fair-play, cette année. Mais combien de tirages de maillots, de joueurs retenus par derrière ou de tacles sans pudeur provoquant d'éventuels dégâts corporels occasionnés par des pieds assassins, des gestes vicieux, des fautes volontaires de la main, des simulations, des chantages affectifs sont encore exercés dans les clubs et autour des clubs? Toute la violence de l'homme, toute sa puissance de domination quotidienne sur la femme, toute son obscénité et sa pornographie naturelle contenues dans ses agressions des stades. Ils disent tous et toutes que c'est viril, que c'est la loi du sport de compétition et des artistes du ballon. Si j'étais une femme, une épouse, une fiancée, je jouerais l'arbitre et j'éduquerais mon hommes et mes garçons à ne plus agresser de la sorte une fille quand elle veut se saisir de la petite balle rouge érotique pour son compte. Je suis sûr que sur un terrain de foot, on verrait encore plus d'attitudes portées vers le beau geste. Et dans les lits, encore plus de joie érotique à faire grimper aux rideaux nos déesses et moins de mensonges pathétiques, de cocufiage dans le dos, d'attitudes théâtrale non sincères. L'argent n'est pas le maître du monde. L'amour n'accorde finalement sa grâce ultime qu'aux authentiques artistes du ballon rouge. Mais ce n'est pas ce à quoi assiste ma Michelle avec ses yeux plongés en permanence sur les gradins voyageurs des mecs. Elle regarde la balle d'or remplie de billets pendus à l'entrejambe des hommes abuseurs de beauté…Je regarde le ballon volé… en arrachant sa moumoute à Gousse Ail Drink, le vampire de tulipes. Au rouge, on s'assied. A l'orange, on se lève. Au vert, on y va. Hup! Hup! Hup! Yepee! I have drunk to much Gueuse, Milky. Sorry. J'abuse de mon faux passeport néerlandais et notre énorme vague orange adolescente a reflué dans la nuit. J.E.

 

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Balthus, La Rue (1953)

"L'essentiel de leurs attitudes est régulé

par des déclinaisons et triangulations du nombre d'or."

Ph.M. in Le Temps, 14 juin 08

 

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"Les quarante colonnes du souvenir"

Annemarie Schwarzenbach

 

Elle avait des ailes de papillon.

Mais la Suisse l'a broyée

avant de l'aimer une fois morte et enterrée.

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