06/07/2008

E(u)ro foot 2008 - 27 juin

(6ème match, finale chez Mozart)

 

Vendredi 27 juin: "Dernier footoir, ô rage, ô défouloir! Gueuloir, crachoir, dévaloir, contre-pouvoir, espèce de Köbi notoire! De quoi parlera le peuple ces prochains soirs? Fouteurs de footoirs, au revoir!"

 

Vendredi 27 juin: "Ce n'est pas qu'un au revoir, ô mon frère! C'est une grande marée orange qui prend congé du monde! Equipe nationale, équipe de club et transferts de saison. On peut changer de club comme on change de copine, sans trop de dégâts, sans trop d'états d'âmes, en choisir une plus belle, une plus intelligente, une plus présente, une plus motivée au lit, etc. On ne change pas d'équipe nationale comme on ne prend pas une autre épouse facilement. Les traces restent, durables, parfois pour la vie entière. On peut s'inventer des entraîneuses quand notre épouse nous déçoit ou démissionne. On peut rater mille finales avec elle et toujours revenir à elle. On ne sait pas pourquoi. On ne saura jamais pourquoi. L'amour, c'est comme le foot. Il faut le pratiquer tous les jours pour être en forme au moment des matchs décisifs. Ces derniers mois, j'ai pratiqué un peu l'amour de clubs à défaut d'être mieux exploité par ma dream team nationale, j'ai nommé Einamour, l'entraîneuse roumaine qui construit ses châteaux en Espagne. Mais j'aurais tellement préféré jouer régulièrement l'amour avec elle au lieu de rester sur son banc de touche à astiquer, au mieux, ma planche à billets nettoyée à sec à chaque fin de mois ou, au pire, à quitter le banc de touche et la perdre pour toujours. Ce que Milky aime faire passer mon salaire à notre chimique, quand même! C'est une maladie moderne des gonzesses de poutzer à blanc les poches des mecs. Avec cette tune, elle devrait produire un hymne érotique rien qu'à nous deux pour des années et des années lumières. Et le faire passer sur RSR1. "La chasteté te mène à la victoire! Haï! Haï! Haï! Go! Go! Go! Servan Tess" Ce tube plairait sans doute aux islamiques d'Islamabad. Moi, il me laisse pantois et sur ma faim de loup. Mais je pense qu'elle veut aussi dire: "Je suis la banque. Comme cela, t'es quitte de te rouler dans la fange avec une de ses putes de planches à repasser des salons de massage. Si tu merdes, tes avoirs restent dans mon coffre." Quand est-ce qu'elle viendra à la maison, constater que même sans un solide porte-monnaie, j'ai beaucoup de beauté et de fragilité à lui offrir et énormément à apprendre d'elle? Les filles sont-elles toujours à la recherche du grand champion, de l'homme d'exception qui fait rêver les foules ou du riche homme d'affaires plutôt que du joli poisson rouge ibérique (faut bien un ban de poissons rouges d'accueil pour héberger un Suisse en déshérance, ndlr) qui frétille de bonheur comme un enfant se protégeant du monde entier sous les draps de lit en satin des filles?

Servan Tess, c'est un beau nom de footballeur. Je l'aime depuis mon premier blog. Mais je ne l'ai plus utilisé depuis l'élimination de la Suisse aux championnat du monde en Allemagne. Alors disons que si l'Espagne gagne, je le garderai pour l'art footballistique quand j'écrirai pour de vrai, donc rénuméré, dans un grand journal de presse romande. Je ferai alors pousser de belles asperges vertes "Dollars", pour Milky, sur la planète rouge en nouveau magicien martien des médias.

Servan Tess dans le rond central. Il tergiverse. Non! Il passe en profondeur à Milky Way dans le dos de la défense bétonnée d'Edipresse. Tacling à la limite de la régularité de Jacques Pilet. L'arbitre hésite à donner du sifflet. Milky Way passe quand même. Lamunière tente de s'interposer sans succès. Elle s'enfonce dans les seize mètres, roulette roumaine à la GodedaVinci, petit pont entre les jambes de Jean-Jacques Roth. Double une deux avec Servan Tess. Stéphane Bonvin n'y voit que du feu. Retour à Servan Tess qui arme son pied pour un missile solaire. La balle fuse vers la lucarne droite défendue par Jean-Claude Péclet. ça sent le gazputin pour l'équipe d'Edipresse. Le stade retient son souffle. Mais la balle reste suspendue en l'air comme par enchantement. On ne peut pas vous en dire plus pour le moment car parfois le temps se fige dans l'espace comme sur l'écran de télévision depuis que les communications sont assurées par des satellites géostationnaires. On ne sait pas trop pourquoi. Ce sont apparemment les lois de la physique médiatique qui empêchent la balle de progresser vers le but. Un psychiatre savant est en train de se pencher sur le sujet pour savoir si le ballon pourra quand même pénétrer dans les filets ou pas…Nous n'avons jamais vu cela sur un terrain de football. C'est aussi cela le progrès technologique et humain. On peut empêcher des types de marquer alors qu'ils sont théoriquement des champions sur le terrain. J.E.

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