18/11/2008

Vices et vertus du libre-échange

Le tout à l'Etat ne reviendra pas. C'est comme de proposer aux femmes et aux hommes de revivre en couple comme grand-papa et grand-maman.


Ce que nous pouvons par contre constater avec beaucoup d'amertume et de rage, c'est qu'il existe pas mal d'individus qui profitent de nos nouvelles libertés acquises pour s'enrichir et faire n'importe quoi grâce à la manipulation et le mensonge. Imaginons la gestion du libre-échangisme et de l'Etat comme le fonctionnement d'un couple moderne. Sur le côté face de la médaille, l'état, le mariage suivi d'un cadre familial, le bien commun, la loi, la justice; sur le côté pile, les individus, leur liberté, leur aspirations, leurs désirs. Pour réussir une pièce d'or ou recevoir celle en chocolat, voir plus grave, la disparition de la pièce dans un trou noir psychologique, physique et financier, il faut des acteurs qui savent jouer pile et face avec fair-play, transparence, désir de ne point nuire à l'autre au-delà d'une concurrence saine et stimulante, une bonne dose de confiance et énormément de respect mutuel.


Hors que savons-nous de la réalité du monde actuel? De notre réalité à tous? Que les coups bas sont passablement autorisés et souvent profitables à leurs auteurs mais aussi qu'ils sapent les relations amicales voir d'amitié; que le mensonge est une excellente arme pour maintenir l'autre sous sa coupe mais aussi une super arme de destruction massive quand l'autre ouvre les yeux et découvre le pot aux roses qui sent la m; que la manipulation des corps et des esprits mène à bien des bénéfices immédiats mais qu'à long terme elle mène à la capitulation et à la désertion des gens qui refusent plus longtemps de passer pour des marionnettes. Voilà, en résumé extrême, ce que le libre-échange nous a offert en général jusqu'à aujourd'hui. Voilà pourquoi l'Etat risque maintenant de se refermer comme une coquille sur lui-même ou d'exploser dans un chaos indescriptible s'il renonce par peur et parano devant le libre-échange.


picture017.jpg


Le pêcheur, sa sirène et ses filets

Street Parade 2005, Limmat Quai, Zürich,

www.niaquemedia.com


Alors comment faire pour réussir le libre-échange. Il n'y a aucune recette miracle diffusée par un gourou profiteur de la crédulité des gens. La réponse se trouve au fond de chacun d'entre nous. La réponse est que si je veux garder ma propre liberté, je dois tout mettre en œuvre pour que la liberté de l'autre soit respectée tout en négociant les codes réciproque de conduite entre partenaires pour savoir jusqu'où nous accordons nos libertés mutuelles et dans quelles conditions nous les pratiquons. Ce travail-là est un travail quotidien de toute une vie qui touche aux échanges internes (l'état, le mariage) et externes (le libre-échange, l'individu). Ce travail-là est aussi un challenge excitant, un stimulant fantasmatique qui peut passer à la réalité des actes ou rester un vague sentiment poétique diffusé dans l'atmosphère pour dire autour de nous que nous voulons la liberté mais que la liberté atteint aussi ses limites que nous ne déplaçons pas au-delà par simple respect mutuel, par nombre d'intérêts réciproques, par volonté de ne pas nuire à plus petit, à moins attirant, à moins ambitieux que soi. C'est aussi cela la liberté. Accepter que les autres n'ont pas les mêmes intérêts que soi mais qu'ils sont ni moins méprisables ni plus ridicules que les nôtres.


Pour terminer, nous avons à reconnaître que nous accomplissons un travail quotidien hors de toutes normes ou système. Ce travail est né d'un chaos intérieur face à une certaine démission de l'Etat et d'un journalisme frileux, il y a quinze ans de cela. Nous reconnaissons prendre des libertés non autorisées par la loi et non négociées avec les agences ou artistes concernés. Nous roulons parfois hors du code de la route officielle. Néanmoins, nous ne sommes pas des chauffards sous l'influence de l'alcool et ne désirons la mort de personne. Au contraire, nous aimerions rejoindre le code du monde civilisé. Cependant, sans réponse de sa part, ce qui est le cas, nous ne pouvons accepter la marginalisation subie, le mépris non affiché parce que silencieux, la moquerie existentielle de ceux qui s'en fiche royalement de cette disparition. Nous attendons une réponse blanche à une situation de négritude malheureuse. L'Amérique l'a fait. Pourquoi pas nous?


picture024.jpg


Un Président à la conquête du Graal

"A la fin, nous oublions les paroles de nos ennemis

et nous nous souvenons que du silence de nos amis."

Martin Luther King

19:37 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.