14/12/2008

Si je dis nègre

Si je dis nègre

cela peut faire penser à la pègre


Alors voilà ma concordance

sur la corde qui se balance


Je suis né dans un pays

qui fabrique des montres et des baillis,

du chocolat et des vaches d'armaillis.


J'ai grandi dans ce pays

endimanché et en souliers vernis.

Famille, religion, patrie.


Je suis devenu Indien

sans en connaître le sens freudien

mais déjà considéré au pays comme bon à rien.


J'avais choisi déserteur et objecteur.

Comme on dit voleur, violeur ou tueur.


J'ai aimé des filles venues de l'Océan

et je leurs ai fait, à certaines, des enfants.

Car j'avais pris l'air de leur temps.


Et puis en homme je suis tombé.

Et en homme je me suis relevé.

Avec amour. Mais de chaque femme, abandonné.


J'étais trop rêveur.


Le ciel est gris sur mon pays.

Il neige de rage et d'oubli.

Ils ont voté à une voix près pour le repli.


Au pays de la concordance,

les révolutions passent à la potence.


Je reste raccord avec ma vie

Mais en parfait désaccord avec ce pays.


Il faudra donc faire ses valises

et finir sa vie en Afrique ou à Venise.


La seule révolution verte de ce pays

aura été l'œuvre de la xénophobie,

du rejet de l'Autre, du mépris,

celle de la meilleure armée du monde

celle qui ne veut pas d'un autre monde,

celle de la peste brune immonde,

celle des filles sexy maintenues en idiotie et infécondes

juste assez connes pour baiser en comptant les secondes.


Merci mon pays.

10 décembre 2008.

Un mercredi noir pour ma vie.

Perdu mon grand amour de Roumanie.

Le génie du système, Mme Calmy-Rey,

personne ne m'en a jamais fait profiter.

La caméra ne s'est pas arrêtée sur moi.

Le 8 février, les gens du voyage

regarderont-ils ce pays comme un mirage?


Si oui, alors on se souviendra de ce 10 décembre noir.


Ne me dites plus jamais que je vis

au pays de l'égalité des chances et des échanges.

Dites seulement que les anges

n'ont pas su tenir leur place au pays des diamants

et que les diables les ont, en finale, ridiculisés en ricanant.


A Dieu je remets mon futur

car les humains ne visitent pas mon esprit

et me prennent simplement pour un con ou un fou.


En tout bien tout honneur

j'espérais mieux de ma bonne humeur

et de mon écriture de ramoneur.


Jeu de l'Oie


La place financière est devenue une oie de luxure.

Plus on la gave, moins elle estime l'air pur.

Plus son arrogance, sa prétention, sa mauvaise foi

s'étendent dans les esprits calculateurs,

moins elle fait de bons choix.


Il ne restera plus que son bleu pétrole

engluant toutes les plages de l'île d'Eole.


Quand le cerveau suisse devient à son tour écervelé,

c'est le triomphe de la révolution verte, versus Blocher,

et le citoyen organique, touché, coulé.


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