22/02/2009

Club des amis de Darwin

Dieu et Darwin, une évolution naturelle de l'être humain

 

En cette année Darwin, science et religion continuent à s'opposer sur la conception de l'univers. Beaucoup de scientifiques proclament la mort de Dieu puisque depuis Darwin nous savons que l'être humain fut, au commencement de la vie, une simple bactérie.

 

Si nous relisons l'histoire des hommes, nous savons aujourd'hui que ceux-ci ont inventé Dieu. D'abord de type animiste, les religions ont évolué vers un type polythéiste pour s'achever vers des religions de type monothéiste. Ce qui relient tous les courants spirituels entre eux au cours de l'histoire, c'est le recours au sacré et au miraculeux. Quand l'homme est dépassé par les événements, il a tendance à chercher secours du côté du Ciel. Quand l'eau manque, les populations prient pour sauver les cultures et le bétail de la sécheresse. Quand l'homme se fait la guerre, les religieux prient pour la paix, etc.

 

Ce qui guide l'être humain, c'est la recherche de sens à son existence. Si tout est programmé par la science et son évolution, l'être humain se sent le jouet d'une science surpuissante. Il a besoin de croire qu'au-delà du confort et des bienfaits scientifiques existe la possibilité de s'affirmer en tant qu'être humain spirituel ayant son prolongement dans l'histoire de l'humanité. Le Bien et le Mal, si habilement utilisé par certains politiciens, existent au-delà de la science. Cette dernière n'a pas à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal. Elle fait son travail, en toute modestie. L'éthique de vie est du domaine de la philosophie et des sciences sociales qui elles-mêmes sont rattachées aux mouvements des croyances à travers le temps. Vouloir nier le fait spirituel, c'est détaché l'homme de ses responsabilités éthiques et morales. Si tout est relatif, alors je peux aussi bien adopter la position littéraire du Marquis de Sade ou celle de Gandhi sans aucune échelle de valeurs humaines.

 

La science n'a pas à s'opposer à Dieu. La science cherche, trouve et doute, en posant l'origine de la vie en point d'interrogation. La science cherche des preuves un peu à la manière d'un juge saisi d'une affaire criminelle. Une fois les preuves découvertes se posent de nouvelles questions rattachées à ses preuves. Si l'on voulait pousser la comparaison entre un juge et Darwin, on pourrait dire que Darwin a découvert la vérité sur la réalité de la vie mais que son mobile d'existence semble toujours aussi irrationnel. Comme d'un assassin qui a expliqué son crime sans pouvoir démontrer qu'il sait vraiment pourquoi il a commis son crime.

 

Dieu savait-il ce qu'il faisait en pénétrant dans le cœur des humains? En réalité, c'est la question centrale de toute notre modernité et non de savoir si Dieu existe ou a existé. Le fait est que les scientifiques se heurteront encore au mur silencieux des croyances individuelles et collectives. En tenant compte de cette réalité, il est plus intéressant de savoir si Dieu grandit avec l'être humain dans le Respect et l'Amour de la vie ou si, au contraire, Dieu est un énorme mensonge, anéantissement de la vérité, et l'être humain une sorte d'animal irresponsable prêt au chaos global pour faire triompher sa propre représentation mentale, son égoïsme et ses avantages personnels.

Si nous essayons de considérer Dieu comme une sorte de matrice universelle bienfaisante qui nous relient tous les uns aux autres, nous pouvons, grâce à nos technologies modernes, créer des liens sociaux fondamentaux qui nous permettront de relever les défis universels. En fait, Dieu est important en cela. Dieu transcende toutes les religions et c'est aux religions d'accepter que Dieu n'appartient à personne et à tout le monde en même temps. En acte, la définition exacte de l'Amour dans sa dimension universelle. Darwin a découvert que nous étions des enfants nés du hasard et que nous pourrions disparaître tout aussi rapidement. Darwin nous a implicitement démontré que, pour échapper à ce fatalisme, nous devions nous montrer forts dans l'adversité, solidaires entre nous, faibles parmi les forts. Car, c'est une des lois communes de Dieu et de la Science, les derniers (les faibles) seront les premiers (les forts) dans les conditions de l'autre réalité… que nous créons tous les jours par les nouvelles réalités de notre science.

 

Bien qu'Anglican, Darwin a rejeté le dieu chrétien parce qu'il ne le trouvait finalement pas plus digne de confiance que les livres sacrés hindous (voir QJ du 17 février). Hors, et cela est piquant, le dieu des chrétiens correspond assez bien à la loi de l'évolution avec ce roi divin tué par sa propre ruche qui se retrouve toute déboussolée par son horrible crime et qui attend son retour et la Rédemption comme une ruche d'abeilles chercherait désespérément sa reine pour survivre…

 

La nature a horreur du vide. L'homme, son cerveau, a aussi horreur du vide. Là où les limites de sa compréhension et de son intervention sont imposées par les lois de l'Univers, intervient tout naturellement pour l'homme la question de Dieu. Faire abstraction de la question de Dieu, c'est redonné à l'être humain son entière animalité. Hors l'homme est le seul animal confronté en permanence aux notions de Bien et de Mal. Et ces notions évoluent à travers les âges de l'humanité. Donc Dieu évolue aussi en rejoignant, d'une certaine manière, la théorie de l'évolution. S'il meurt, nous pourrions bien voir l'être humain s'autodétruire et retourner à son état barbare primaire avant de disparaître définitivement de la planète.

 

Dans la campagne des bus publicitaires anglais "Dieu n'existe probablement pas", les athées nous rappellent que ce sont les humains qui ont inventé la probabilité de l'existence de Dieu et façonné leur esprit en fonction des dogmes religieux dominants. Un peu à la manière de Ben qui déclare que la Suisse n'existe pas, dire que Dieu n'existe pas ne veut pas encore dire la mort définitive de Dieu. Cela signifie juste que les religions ont peut-être été dépassée par une vision de Dieu plus moderne et humaine, moins verticale, moins enfermée sur elle-même, moins dogmatique et hermétique… Un dieu démocratique, joyeux compagnon de jeu plutôt que tyrannique, barbant et redresseur de moralité.

 

Si l'être humain est la seule créature capable de Science connue à ce jour, il est aussi le seul être capable de Dieu. Comme si Dieu grandissait avec nous au fur et à mesure que nos connaissances scientifiques s'intensifiaient. En effet, plus la science s'élève, plus nos questions et nos réponses éthiques deviennent pointues et complexes. Et dans ce combat prioritaire, les Eglises des différentes confessions ont souvent un comportement trop conservateur, peu fraternel et ignorant les nouvelles réalités humaines (droit à la contraception, à l'avortement, à disposer de son corps selon ses propres valeurs, etc.)

 

Alors Dieu et Darwin, un jeu ouvert? Oui. résolument ouvert et passionnant.

 

18:47 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) |

Commentaires

j'aimerai être informée de vos magazines et bien d'autres de vos nouvelles.

Fraternellement.

Écrit par : GOUDIAKA | 03/06/2009

Bonjour,

je voudrais faire partie des membres du club pour partager ensemble avec mes correspondants,des sujets de discussions.

Amicalement.

Écrit par : MAKOUTA Pastefor Raby | 03/06/2009

Chers amis surfeurs, le Club des amis de Darwin n'a ni revues de presse, ni service marketing, ni même de raison sociale si ce n'est le lien qui nous unit à travers des textes, des images, des réflexions, des humeurs à l'orage ou au contraire souriante. Ce Club est un club virtuel qui fait juste référence à une vision poétique de notre évolution mentale. Vous faites partie du réseau du moment que vous participez, créez vos propres images ou textes, répondez à d'autres amis, comme aujourd'hui, par exemple. Avec grand plaisir, je verrai vos productions. Le monde est grand, l'esprit partout, et la démocratie la meilleure chose que l'homme ait inventé pour sa survie.

Écrit par : pachakmac | 04/06/2009

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