01/03/2009

Secret bancaire, le tango triste des cocus

On peut aimer le secret. Au nom de la liberté individuelle. Au nom d'un Etat ni trop flic ni tyrannique. On peut aussi détester le secret. Au nom d'une justice sociale plus équitable pour tous. Au nom d'une spoliation financière moins insupportable pour celles et ceux qui n'ont pas la possibilité de jouir pratiquement du secret.

 

Le secret bancaire, c'est un peu la fable d'un top modèle qui a épousé un laideron. Ils ne sont pas égaux devant la possibilité et le plaisir de cocufier leur partenaire bien qu'ils jouissent tous deux du même droit individuel à la liberté de leur sphère intime.

 

Qu'est-ce qui fonde un couple? Sur quel socle sa maison se bâtit? La confiance réciproque. Qu'ils soient plutôt de tendance conservatrice ou libérale, un couple ne peut pas échapper à une demande réciproque de confiance s'il veut durer dans le temps. Si un des partenaires s'octroie toutes les libertés sans en référer à son partenaire, ce dernier, peut-être plus loyal et sincère dans son amour, va se sentir terriblement lésé et, lassé d'un tel égoïsme, risquera fortement de demander le divorce un jour ou l'autre.

 

Ce qui se passe autour du secret bancaire est un peu du même ordre. Nous sommes, dès notre naissance, mariés à une nationalité. Difficile d'en divorcer, sauf à demander l'asile ailleurs, ce qui ne va pas de soit ni pour un ex résident d'une dictature ni pou un résident d'une démocratie. Dans les deux cas, on opposera pas mal de résistance à la demande de l'exilé. Donc, citoyen(ne) forcé(e) d'un Etat, nous subissons plus qu'acceptons le système mis en place depuis fort longtemps. Quand quelque chose nous déplaît, nous pouvons essayer de le changer par l'initiative et la votation. Mais la force d'inertie d'un Etat, même démocratique, est extrêmement puissante.

 

Aujourd'hui, le secret bancaire n'est plus sexy pour beaucoup d'entre nous. Nous en reconnaissons trop les abus répétitifs pratiqués par les plus malins qui se comportent comme des partenaires cocufiant à tour de bras leur pays tout en jouant les beaux cavaliers montant de splendides chevaux de luxe et bardés d'une ribambelle de laquais plus ou moins fidèles (les avocats, les gestionnaires de fortune, les conseillers fiscaux) à leurs services depuis fort longtemps. Nous n'allons pas nous faire beaucoup d'amis parmi ces gens. Quoique. Si on demandait à toutes ces personnes concernées par la débâcle économique actuelle de réfléchir à une autre façon de faire fructifier leurs avoirs. Une façon plus humaine et écologique qui aurait des répercutions positives sur toute la civilisation s'effondrant actuellement sous le poids de la pollution, la dilapidation des matières première, le chômage et la misère. Si, au lieu de parler secret, morale et éthique – c'est fatiguant pour tous – on parlait de jouissance. Oui, tout simplement de jouissance. Faire du bien autour de soi, entamer des contacts de confiance, engager des échanges sur le respect réciproque et l'entraide tout en laissant de la liberté, de la distance, de l'espace, de la vision à soi-même et aux autres? Si on cultivait tous un jardin vert où nos pesticides sont remplacés à l'optimum par une culture biologique réparatrice et bienveillante? Le soin que nous apportons à nos corps, le donner aussi à notre entourage.

 

Ce jardin vert, certains s'y attellent. Une ville entièrement écologique se bâtit actuellement comme un mirage dans un désert. Mais en vrai. Ces gens viennent d'une autre culture et d'une autre religion souvent vilipendées en ce moment. On se méfie beaucoup de ces gens dans nos contrées occidentales. Et pourtant, ils nous montrent un exemple extraordinaire de savoir-faire, de création de liens internationaux uniques, et un engagement futuriste remarquable.

 

Chers banquiers, chers avocats et gestionnaires, chers rentiers et personnes fortunées, nous vous demandons de considérer la valeur du laideron dans vos comportements de prince. Sa valeur et son prix. Son statut et sa situation. Avez-vous déjà réfléchi à la place du laisser pour compte dans notre société? Peut-être alors que tous les laiderons violents et abuseurs du monde, toutes les grenouilles voleuses et mauvaises mères de la planète pourront se transformer en princes et princesses. C'est un conte de fée…ou un mirage. Mais il est si bon de se dire que tous les enfants du monde ont été conçus par leurs parents pour devenir un jour princes et princesses de ce monde. Alors le monde sera-t-il peut-être, dans quelques générations, toujours aussi cruel dans l'épreuve et le feu de l'action mais tellement moins barbare et criminel qu'aujourd'hui. Pouvez-vous réfléchir à ce défi d'importance mondiale? Et nous, petits Suisses, pouvons-nous agrandir notre champ de vision pour rendre notre gestion économique plus verte et plus proche des réalités essentielles et des demandes planétaires actuelles? Quant au secret bancaire, chers courtiers, permettez-moi ce crime de lèse-majesté, quelle ringardise!

 

Quand de futures princesses se rapprochent de futurs princes, de nos jours, ils pratiquent le secret des banquises. Cela leurs permet de garder l'accès à leurs îles paradisiaques sans les noyer à jamais dans les larmes d'un tsunami par manque flagrant de lucidité.

Essayez le secret des banquises. Vous n'aurez plus jamais besoin du secret bancaire pour jouir des merveilleux sortilèges et d'une nature à la fois vierge, luxuriante et divine.

 

P.S. Je propose, et c'est sérieux, ce Green Deal à Oswald Grübel: si durant l'année 2009 il parvient à faire passer l'UBS en particulier et la banque suisse en général de la catégorie "UBS chimique" à la catégorie "UBS biologique", j'offre la gratuité de mes services de consultant en échange de son premier salaire annuel de directeur, soit 3 millions de nos bons vieux francs. Histoire, pour lui comme pour moi, d'éliminer le soupçon d'arrogance suprême pour celui qui travaille dans la chasteté de la gratuité. Avec son surnom d'Ossie et cette forêt de l'Est dans le prénom, j'en suis certain, personne ne sera grugé mais nous sortirons tous Grün et beaux, soit Grünbel, de notre aventure extraordinaire. Je crois que le coup de poker est jouable avec une telle clarté dans nos pedigrees respectifs (pour mémoire, je suis un préservatif qui prévient contre les maladies vénériennes et le sida. Ce n'est pas rien non plus). Vive le point G!

 

Sagesse hindoue: Si l'énergie d'une pétroleuse de Madoff s'échappe dans l'atmosphère, elle formera des tonnes de C02. Si l'énergie de l'Arbre de Grübel se concentre sur sa biosphère, il formera des gouttes de H2O

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