01/03/2009

Singapour slam, et autres petites rues trop faciles

 

Prends un paquebot magnifique de luxe, de calme, de volupté, en danger de couler, "Le Switzerland", par exemple. Une fois que "Le Switzerland" vient de heurter son iceberg, prends des gérants de fortune et les valises de leurs gros et moins gros clients. Au lieu de colmater la brèche, de rénover le navire et de sauver les passagers, ils paniquent. Ils sautent par-dessus bord et surfent sur l'océan électronique pour profiter d'un autre paquebot, "Le Singapour" par exemple, pour te rappeler du temps où la splendeur d'Ospel jouait à Dieu avec les filles de son quartier, nous, pauvres nains d'Helvétie proscrits des "proeminent" et sans liens affectifs avec Dieu, comme ils disaient à Zürich, on avait prévu le coup du haut d'un simple graffiti portugais. Pas fous les artistes. Mais nous nous égarons, chère Joëlle du Temps de Genève.

 

Le pire n'est jamais sûr bien qu'en ce moment on dirait que le pire est une certitude d'avenir. Donc, prends toutes ces valises d'argent qui flottent telles des malles sciemment abandonnées sur l'océan technologique mais sans le pilote Tintin dans l'une d'elle pour démanteler le réseau. Elles tombent d'une jonque chinoise, les valises pleines de pognon. Telles des chargements de cocaïne, elles se retrouvent dans les pattes d'une Singapour sans scrupules qui détient le poison qui rend fou. Là-bas, il y a même un malheureux Chinois frappé par ce mal étrange qui veut couper la tête à tous ceux qui n'ont pas trouvé la Voie de Lao Tseu. Et nous voilà tous dans cette terrible histoire de Lotus bleu ou, moins joliment écrit, dans ce bordel planétaire réservé en priorité aux requins et aux petites fleurs du paradis piégées par l'appât du gain en échange de leurs appâts corporels mirobolants.

 

Comme tous ça sonne assez maffia et années d'or de Chicago, l'Amérique a retrouvé un Tintin grâce à son double Obama qui fait tout pour sauver une planète gangrénée par le grand banditisme. Dis, des milliards de milliards de milliards de dollars égarés dans le monde entier, on n'a plus la pudeur d'appeler cela autrement que du grand gangstérisme international. Y'a que les banquiers pour appeler cela encore du libéralisme. Donc, il fallait bien un Noir pour faire le ménage des riches maisons closes coloniales qui laissent traîner leurs saloperies et leurs préservatifs un peu partout dans la nature. Les Noirs, tu sais, ils ont souvent le don des enfants. Ils ont la naïveté enfantine et naturelle de distinguer le bien du mal, et non la science du cynisme adulte pou créer artificiellement l'Axe du Bien et l'Axe du Mal, toujours en leur faveur, bien entendu. C'est la même différence qu'entre la sexualité africaine et le porno colonial. Cela baise beaucoup partout mais les premiers rigolent tandis que les deuxièmes mettent un masque de carnaval toute l'année.

 

Pendant ce temps, les valises des gangsters passent et repassent comme des chaises musicales placées sur les ailerons de requins qui se foutent bien du boss enfantin d'Amérique. On appelle ça encore du libéralisme. Je te le répète comme un lavage de cerveau. On peut tout aussi bien dire que c'est du gangstérisme citoyen. Et tous ces gens bien habillés de leur superbe cynisme s'amusent royalement de la situation et profitent, profitent, profitent…aussi longtemps que le monde entier ne devient pas soit une prison dictatoriale globale de style communiste ou fasciste, soit un chaos global dirigé par les maffias. De toute évidence, un monde de misère et de mort, un monde de haine, de violence, de meurtres, d'arbitraire, de non liberté, de gangs et d'apocalypse permanente.

 

Et alors, toi que fais-tu de l'Amour universel pendant ce temps-là? Tu sais, l'Amour, celui qui t'offre la liberté, la bonté, l'empathie, la fraternité, le libéralisme, les échanges (même sexuels, et oui, tu sais, avec les yeux de l'amour, c'est encore plus exciting, le sexe), la confiance, les enfants, le paradis au lieu de l'enfer promis de ces gens-là. L'Amour, t'en fais quoi? De la bouillie pour chiens enragés et des moqueries sur Internet? Alors toi aussi tu te mettrais bêtement à la mode du cynisme ambiant?

 

Question. Est-ce que ça serait trop demandé aux banquiers, suisses et américains en premier, de faire un effort de non crétinisme et de réfléchir aux conséquences de leurs actes trop souvent déraisonnables? Si oui, qu'ils nous proposent de vraies solutions citoyennes qui ont du goût vert, de la saveur démocratique, de l'authentique pâte humaine et beaucoup de bon sens… avant que tous les somptueux paquebots du monde entier composés de leurs citoyennes et citoyens ne sombrent lamentablement et dramatiquement dans un océan glacial de froideur humaine. Tu sais, toi ma sœur, toi mon frère que j'aime, suivre la mode, c'est comme suivre un troupeau de mouton du côté du précipice. Mais tu sais, y'a même un artiste qui déteste ce discours, ce grand machin que je nomme Amour universel. Il a dit à un journal, que l'artiste qui ose lancer "je vous aime" à la foule, c'est Hitler, c'est du fascisme. Moi je te dis, non. Hitler, c'est le résultat du cynisme, du racisme, de l'antisémitisme, la solution finale, les chambres à gaz, les camps, le chômage, la faim, le crime quand une élite à décréter qu'elle décidait pour les Autres de leur non avenir sur cette Terre. Ne pas faire partie de la solution finale, c'est aimer l'humanité, c'est ta liberté, notre liberté à tous.

 

A bonne odeur d'argent, je vous salue, Mesdames (tiens tiens, où sont-elles d'ailleurs les femmes de la Finance? A genoux devant leurs directeurs d'inconscience? On ne les entends jamais, les femmes, quand les banquiers parlent d'argent à la télévision) ainsi que vous, Messieurs les banquiers. L'avenir a son horizon de soleil devant lui avec beaucoup de verdeur et de volupté. Si vous goûtez aux recettes d'un chef vert, vous verrez, vous connaîtrez des jouissances bien plus spectaculaires et en osmose avec la nature.

 

Et toi, mon amante, qui devient lentement citoyenne verte et fair-play de mon cœur ravagé, c'est un défi que je te lance, un peu à la façon d'une Coupe de l'America. Dis, rassure-moi, on va enfin la gagner cette coupe d'Amérique, n'est-ce pas?

 

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"Atout charmes, tout honneur"

 

C'est la maxime verte et tendance des banquiers

à la pointe du progrès

qui se respectent en respectant leur clientèle,

ainsi que celle des femmes à la vertu légère

qui se respectent en respectant

le banquier d'amour de leur vie.

16:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Genial ton recital ma tres chere.

Écrit par : cisse brahima | 30/04/2009

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