08/03/2009

Israël, Gandhi, et la diplomatie trop complaisante d'Hillary

Au moment où la planète Terre met aux enchères les petites lunettes rondes de Gandhi, il serait bienvenu de regarder avec les yeux du Mahatma pour régler un conflit inadmissible qui dure depuis la dernière guerre mondial au Proche-Orient.

 

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L'Amérique et l'Occident, ainsi que la Russie, dans leur ensemble, ne peuvent plus être aussi gentil avec nos amis d'Israël. Après la guerre de Gaza, le temps est venu de dire aux Israéliens, comme aux Palestiniens, que la Terre à autre chose à faire qu'à dépenser une énergie considérable à régler un conflit sans fin avec, en filigrane, la menace d'une guerre suicidaire entre Occident et Orient toujours bien présente.

 

Madame Clinton devrait mettre la pression, avec l'appui européen et russe, sur le gouvernement israélien, comme sur le Hamas et l'autorité palestinienne, en utilisant des menaces de représailles commerciales. Nous ne pouvons plus payer pour des gens qui refusent de s'entendre mais qui s'entendent à détruire ce qu'ils veulent comme ils veulent où ils veulent en demandant aux autres de payer les ardoises humanitaires.

 

Deux Etats? Peut-on croire à cette solution? Israël ne donne aucun signal qui va dans cette direction. Au contraire, il continue à développer ses colonies. Les Palestiniens, de leur côté, ne lâcheront jamais la totalité de Jérusalem aux Israéliens. Dans ces conditions, il est vraiment difficile d'imaginer que l'on trouve une solution viable pour les deux parties. A moins d'un gouvernement palestinien fort qui s'impose pour empêcher les attentats terroristes et les tirs de roquettes. Ce qui ne va pas de soi sans une structure policière et militaire bien organisée, professionnelle et neutre...qui n'existe pas. On sait ce qui l'en est actuellement dans les territoires, en particulier à Gaza.

 

La colonisation accentuée de Cisjordanie donne de plus en plus de poids à la solution d'un Etat unique plutôt qu'à deux Etats séparés. Israël, à travers ses colonies, donne lui-même l'orientation à la réponse future favorable aux communautés vivant dans cet endroit du monde: une vraie démocratie à plusieurs cultures plutôt qu'un Etat à la politique d'apartheid qui ressemble de plus en plus à l'Afrique du Sud honnie de jadis, en pire, avec cette dernière guerre de Gaza et ce mur de ségrégation raciale honteux.

 

Pour se faire, la diplomatie américaine devrait demander à Israël d'ouvrir son pouvoir aux communautés arabes et chrétiennes. En contrepartie, elle devrait exiger des Palestiniens un arrêt immédiat du recours à la violence en expliquant qu'en cas de refus, elle n'aidera plus économiquement les populations palestiniennes. En même temps, l'Iran et la Syrie doivent être associés à travers des conférences internationales de réconciliations entre les peuples du Proche-Orient et d'Occident.

 

L'Amérique est dans une phase de reconstruction, comme la planète toute entière. Nous ne pouvons pas rater le virage du Proche-Orient. Notre avenir à tous en dépend. Septante ans de conflits pour ce résultat actuel désastreux, ça suffit. Les Juifs ont en assez, les Palestiniens aussi, le monde entier également. Qu'on trouve enfin une solution acceptable et une paix durable pour ces communautés qui vivent sous la peur permanente de l'Autre.

Chère Madame Clinton, achetez les lunettes de Gandhi. Elle vous permettront d'y trouver l'inspiration d'un homme qui faisait confiance au melting pot culturel malgré des apparences qui semblaient contraire. Quant aux sandalettes du grand homme, Le Président Obama devrait y mettre le prix et les prendre avec lui quand il se promène dans ces régions opprimés. Cela lui permettra de les poser sur la table de conférence pour rappeler à tous les participants que les êtres humains sont là pour régler les conflits de manière pacifique; tout en conjurant l'image désastreuse laissée par l'adieu de son prédécesseur Bush lors du fameux lancer de godillots sur le Président américain par un journaliste irakien.

 

Alors deux Etats? Un Etat? Mais de grâce, qu'on nous réussisse la paix. Enfin!

 

Yes, we can!

16:23 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Très belle réflexion. Merci!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08/03/2009

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