13/04/2009

Vatican III, une nécessité de refonte des institutions

Monseigneur Genoud parle de sophisme au sujet de l'usage du préservatif. "Va et ne pèche plus" dit Jésus à Marie-Madeleine. Oui, il dit cela. Mais pas pour lui interdire de se prostituer. Jésus lui signifier que sa vie lui appartient tout en l'avertissant clairement qu'elle risque de se perdre à continuer de se prostituer, qu'elle risque d'abandonner peu à peu tous ses repères d'amour et d'humanité dans ce milieu dur où les femmes sont très souvent considérées comme du bétail. Jésus ne lui donne pas d'ordre. Il lui oppose l'ordre naturel de la vie pour renaître du chaos dans lequel le métier de Marie-Madeleine l'a plongée au quotidien. La prostitution surgit partout dans le monde de l'artifice et du factice. La prostitution est dangereuse et peut être mortelle pour la femme comme pour l'homme. Mais la prostitution peut aussi rendre conscience, c'est-à-dire rendre à la femme et à l'homme la plénitude et la confiance en ses capacités amoureuses. Ce qui est par exemple arrivé à Grisélidis Réal grâce à l'art d'écrire en parlant de son traumatisme, de ses belles et moins belles rencontres humaines.

 

Si le Vatican se mettait à réfléchir en langue de prostitution, car les affaires d'argent existent au sein même de l'Eglise, il pourrait envisager Vatican III. On peut espérer que Monseigneur Genoud sera un des évêques conscient de cette responsabilité inhérente à l'Eglise. Et qu'un Vatican III surgisse sur les ruines encore fumante de ce monde totalement troublé par le tout au fric.

 

Marie-Madeleine, sa force inouïe, sa capacité extraordinaire à rester maîtresse d'elle-même malgré son métier extrême mêlant tragédie et comédie en permanence a sans doute touché le Christ au plus profond de lui-même. Personne ne sait ce qui a poussé et qui pousse Jésus à Jérusalem pour prendre sa place dans la société mondaine de l'époque. Etait-ce vraiment pour mourir, comme il le dit à ses disciples car il connaît les dangers, sur la croix en sacrifice (il ne s'attend quand même pas définitivement à mourir puisqu'il demande à Dieu, sur la croix, pourquoi il l'a abandonné) ou pour offrir à Marie-Madeleine, son amour, la belle vie rêvée qu'elle lui demandait? Lors de la Cène, Marie-Madeleine est à ses côtés. C'est encore Marie-Madeleine qui va constater qu'il n'est plus dans le Tombeau. Vivant et ressuscité… ou mort mais à jamais dans le cœur de Marie-Madeleine? Personnellement, je crois plus à l'histoire d'amour qui tourne au drame entre Marie-Madeleine et Jésus qu'à une envie soudaine de Jésus de se faire reconnaître du tout Jérusalem. Le Christ, par ses visions révolutionnaires, ne peut ni être admis ni compris dans son monde parce qu'il bouleverse toutes les croyances connues à ce jour. Son intelligence rend jaloux les enseignants de l'époque, son amour infini perturbe les tièdes et les opportunistes, son ouverture au monde le rend méprisant aux yeux des dogmatiques et des sectaires. D'un seul coup, il a trop d'ennemis et trop de gens qui ont peur de perdre leurs places privilégiées dans la société. Il ne peut que perdre sa vie.

 

Aujourd'hui, qui accepterait le Christ? Comment Jésus parlerait au pape et comment celui-ci l'accepterait ou le rejetterait? Quelle place alors pour l'Eglise? Comment croire en Dieu si l'Apocalypse n'est pas la Fin mais la fin d'un monde et le début d'un autre? Des questions que Rome devrait se poser avec urgence. Car le monde nouveau arrive comme un TGV avec son cortège de bouleversements. Le temps est certainement venu pour un Vatican III.

12:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.