26/04/2009

UBUBUS 380, Opus 22 de Ludwig van Beethoven (suite)

Queue de piano complète avec jeu de cordes métalliques à céder contre prix d'entrée du spectacle. Le frangin de Bernard Haller, Dodièse le Vampire pour ses amis de corbillard, joue dans son cercueil volant avec ses doigts pour Elise et son fameux clair de lune:

 

"Mais pourquoi donc suis-je tombé en amour pour cette chasseuse de devises? O dis Ludwig. V'là l'orage et cette crise de surdité qui ne s'arrête pas. Avant de partir, t'as encore oublié notre linge pendu à l'araignée, Elise. Sais-tu que le Père Stewi, ce coquin, accompagne ton Dodièse dans la tombe? O Stewi Wonderful, miracle musical de Pâque qui fait remonter cent fois de 4 centimètres par mouvement la mini-jupe d'Elise au-dessus de son gazon tondu. Merci ma libellule pour tous ces instants magiques dans le pré. La fête passée, adieu la sainte.

 

Elise, ton public se pince. A Linges, le club des maris crocus est impatient. Comme d'habitude. Ils t'attendent sur le ring, pendus à tes strings, tes bas et tes jarretelles. Les croque-miches vont encore poser leurs vilaines peluches sur ton corps de nunuche. Le croque-mort enlisera de sa tour de Pise mon Elise contre ses petites devises. Sables mouvants. J'enfonce la pédale. A fond. Je dois tenir. Tenir l'accord haut et fort, rigide, émouvant. A quoi con sert-elle cette pédale? Son inventeur a dit qu'elle rendait le grotesque gaie et burlesque. J'embaume les fleurs d'Elise. Mais ça pue tellement la merde. Et cette pédale, c'est infernal. Pioche Dodièse. Pioche encore sur les notes. La saillie du croque-mitaine n'attend plus. Elise ne s'entend pas. Trop sourde, la gamine. Par saccades de notes, ça frétille. Ahhh mon cœur! Pollution nocturne sur mon clair de lune.

 

Dodièse rêve trop et court sur son piano. Hein? dis mon Elise. La plage, la mer, le fric. Il fait chaud, si chaud. Et toi, Elise, ton violon, lentement, lentement, accélère accélère. Non! Non! Ce n'est pas possible, tout ce sable blanc et gluant dans ta soupe et tes cheveux blonds. C'est affolant. Quand c'est fini le festival recommence encore et encore. C'est dégoûtant. Dodièse rêve. Elise n'est pas là. Il fond l'amour en solitaire. Et son bronze ressemble au Baiser de Rodin.

 

A Linges, v'là le Père Madoff et sa vieille pute de Clitoplâtre au nez de pyramide de Pozzi. Ce n'est que ce minable appareil structuré qui a produit une lame de fond sur les bourses de ces messieurs néolibéraux. Quel pif! Des dizaines de milliards de spermatozoïdes perdus dans des placements soyeux et douteux. 20 ans que ça dure. ça ne finira jamais. ça recommence déjà. Je le sais. Je la vois se pincer de rire avec les traders de Linges. Oh je dérapage, mon Elise volage. Nicolas joue au garde-barrière avec Carla. Dodièse joue au garde-valise avec Elise. La différence flagrante entre tenants du protectionnisme et aboutissants du tout libéral."

 

Pang! Un son assourdissant sur la scène. Dodièse a les mains écrasées. C'est Elise, étendue nue sur le piano, obsédée par le piano à queue de son Dodièse, qui met fin à l'opus insupportable. Elise est là mais Dodièse, aveugle et portant depuis toujours de grosses lunettes noires, ne l'avait pas vue.

 

"O Elise! C'est toi, mon Amour? Ce coup de couvercle définitif sur mes doigts brûlés, est-ce pour me garder enfin près de toi?"

 

Le pianiste se lève de son tabouret. Il baisse son froc en tournant le dos en sol majeur à son public. Le piano à queue danse et se barre avec Elise toujours couchée dessus et poussés par Dodièse. La marée verte de dollars fleurit sur le piano de leur paradis. Au Salon du livre, des gens applaudissent. D'autres hurlent leur amour, quelques-uns sifflent leur haine. Le pianiste se couche tout près des coulisses. Il se couche sur le lit des notes de frais interminables à payer. Il s'en va. Il meurt fesses à l'air, plein de fric, tête appuyée sur son piano. Elise lui caresse la tête. "Je suis toute à toi, maintenant" dit-elle. La Mort frappe les trois coups.

 

"A bientôt les enfants." a encore la force de prononcer le pianiste pour son public alors que la Camarde le prend sur la scène:

 

"Je viens t'annoncer que je m'en vais." dit d'un ton narquois, la Mort

 

"Mais quoi!? Que m'arrive-t-il? Je reviens à la vie, Elise! Elise, je reviens à la vie! Bonjour mon Elise! Bonjour mes enfants!" s'écrie vivant le poète ressuscité relevant son pantalon et saluant son public entouré d'Elise ayant enfilé une robe.

 

 

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Plonk et Replonk: le Roi de Suisse

 

17:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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