06/05/2009

Hans Rudolf Merz, l'âme comptable

 

Les propos qui auraient été échangés entre notre Président et celui de l'Iran devraient sonner l'alarme au sein de notre diplomatie.

 

Monsieur Merz, en tant que négociateur en chef dans les tribulations du secret bancaire, devrait avoir une sorte de confiance prospective concernant notre avenir économique et fiscal, celui de l'Europe, et celui de l'Amérique. Hors, il gère au coup par coup, comptable d'obtenir un résultat au moins pire, économe de ses propositions toujours situées dans une zone à risque nul. La balle au centre et on attend le requiem des Américains et le sanctus de l'Union européenne.

 

La messe n'est pas dite. A événement extraordinaire devrait se former instinctivement un pool d'idées novatrices pour transformer l'ancienne situation stratégique du pays, déstabilisée gravement par la crise économique, en offensive tout azimut pour réorganiser notre défense chancelante qui vient d'encaisser plusieurs buts décisifs de nos partenaires commerciaux les plus importants mais néanmoins concurrents.

 

Pendant ce temps, la montre tourne. Le secret bancaire va tomber et disparaître dans les oubliettes de l'histoire suisse actuelle. Des pans entiers de richesse sont en train d'être attaqués qui seront définitivement perdues à la fin de la partie si nous ne faisons pas preuve de propositions fortes et de persuasion visionnaire. C'est un peu comme si le châtelain du château-fort allait bientôt payer beaucoup plus cher pour avoir le droit de sortir de chez lui alors que ses propres coffres ont été vidés d'une bonne partie de ses richesses.

 

Je ne comprends pas notre Gouvernement. Les Américains ont pourtant changé de président. Ce président là veut réussir à changer l'Amérique, il veut lui offrir un new green deal, en lui redonnant la confiance optimum en l'avenir. La Suisse a des atouts technologiques majeures dans ses bottes de sept lieues. Elle a beau n'être que le Petit Poucet de l'histoire face à l'Ogre américain, elle a une capacité non négligeable de s'en sortir à son avantage.

 

Moi, si j'étais Hans Rudolf, je dirais à Barack: «  Si vos citoyens ne se lancent pas dans les produits

d'investissements verts made in Switzerland proposés par nos banques contre une charge fiscale 0% , votre pouvoir mondial va s'effacer devant les pays à régimes dictatoriaux et la démocratie mondiale périclitera, entraînant avec elle toute l'humanité dans sa chute ». Cela trancherait avec ce qu'il aurait dit au président iranien: « Ils (les Américains) ont créer la crise et maintenant ils viennent se servir dans nos poches ». Cela revient à dire que la maîtresse est responsable de tout et qu'elle veut puiser le pognon perdu dans la poche de son amant. Comme discours de bienvenue à la négociation, bonjour!

 

Devant la nouvelle force de frappe de l'or vert helvétique, je suis persuadé que le Président Obama saurait trouver des avantages stratégiques à l'Amérique de demain, et par conséquent des arrangements intéressants avec la Suisse économique et financière.

 

Est-ce que j'écris des boeuferies et des bouffonneries intellectuelles ou est-ce que les clefs de l'Ogre sont entre les mains du Petit Poucet suisse?

Reçu à l'instant ce sms de ma chérie:

 

"Coucou mon amour!

Et moi, j'ai rêvé un immense paysage

d'un vert magique, cru

et beaucoup de blé.

ça, c'est le symbole de l'abondance,

réussite, bonheur, et chance.

(...)

Il faut croire aux miracles.

Ils existent."

 

Quinze heures cinq minutes 53 secondes. Il reste environ trente minutes à Hans-Rudolf Merz pour renverser la vapeur et nous emmener dans ce paradis vert helvétique, le new green deal planétaire.

 

15:17 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |

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