07/05/2009

Van Gogh, le silence meurtrier

Une hypothèse est née. Gauguin aurait coupé l'oreille de Van Gogh lors de leur célèbre dispute du 23 décembre 1888.

 

Une prostituée aurait ensuite reçu l'oreille coupée des mains du peintre. Le 24 décembre? Le 25? A Noël, donc. Quel hasard! Van Gogh en aurait rien dit à personne. Il se serait accusé en protégeant l'acte barbare de Gauguin. Son suicide, ensuite, aurait été les conséquences de ce silence.

 

Intéressante hypothèse. Reclus dans son silence, marginalisé et soumis à la tutelle de son frère, pauvre et pourtant reconnu des artistes de l'époque, Vincent assumait un poids de souffrance incommensurable. Et, sans doute, peu de gens, voir personne, ne pouvaient imaginer la peine et la douleur de Van Gogh. Quinze ans plus tard, après l'acte d'amputation, Vincent, à moitié conscient, à moitié fou, se suicidait d'une balle dans la poitrine.

 

1888, l'année où Van Gogh prend aussi conscience de son immense talent. 1888, année maudite où il échouera rapidement, et sans doute suite à l'épisode de l'oreille coupée, à créer une communauté d'artistes.

 

Et si Van Gogh avait parlé? Serait-il devenu ce peintre visionnaire hors de toutes normes? Où plutôt, s'il n'avait pas parlé à travers son oeuvre flamboyante, serait-il aussi reconnu et riche aujourd'hui?

 

On a fait de Van Gogh un saint laïc. Et, dès le début, on a signifié au saint laïc qu'il devait se sacrifier. Rien de plus horrible pour un artiste. Rien de plus faux aussi. Peut-être que des artistes comme Warhol, au vingtième siècles et après deux guerres mondiales épouvantables, ont voulu venger des êtres humains comme Van Gogh du rôle que la société assignaient aux plus grands génies. Leur cynisme économique (aux artistes warholiens) découle sans doute inconsciemment ou sciemment des misères quotidiennes faites à Baudelaire, Rimbaub, Van Gogh et beaucoup d'autres.

 

Il ne faut pas laisser tomber les artistes, tous les artistes à l'humanité fragile. Ils risquent de devoir relever le monde de ses égarements. Les aider discrètement, les encourager légèrement, les aimer de toutes les façons... et les suivre dans leur démarche, même parfois inaudible et invisible aux gens rivés sur les performances et les illusions de la vie qui nous concernent tous, les artistes compris. Gagnez sa vie. Quel belle mission pour un être humain.

 

 

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« La fille de l'artiste

à deux ans et demi »

Une des plus extraordinaire composition

de Pablo Picasso.

 

 

17:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

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