17/05/2009

Langues et diversité, expression de la démocratie

« Le plus vieux métier du monde est la traduction » ou « Les langues, contrairement à toutes les espèces vivantes, sont susceptibles de ressusciter ».

 

Claude Hagège, à n'en pas douter, est un amoureux romantique des langues. Dans un monde où beaucoup trop de créateurs jouent leur partition sur les notes de l'anglo-américain pour des raisons

plus économiques que artistiques, ce monsieur redonne sens et dignité aux goûts et aux saveurs des langues.

 

Bien que je sois personnellement une catastrophe en langues étrangères, je ne peux qu'apprécier

à sa juste valeur la défense d'une diversité linguistique. Je pense que cette diversité profite même au

monde scientifiques car notre cerveau fonctionne sans doute différemment en allemand, en russe ou en chinois. Poussons l'hypothèse plus loin encore, et disons que nos découvertes amoureuses sont favorisées par la diversité linguistique.

 

En partant de l'hypothèse que la planète entière parle en anglais, aurions-nous plus de faciliter à nous comprendre? Sûrement pas. Il suffit de voir comment la langue parlée dans un même idiome par un couple peut parfois être totalement parasitée, voir dégénérée dans une incompréhension réciproque et durable... Alors que deux êtres de langues différentes peuvent se comprendre et se rapprocher par le son, le regard, le geste, et même par la parole hésitante et fraîchement en apprentissage. L'harmonie du monde dépend plus de l'approche mutuelle et consentante qui répond à une attente qu'à une vision totalitaire d'un langage commun imposé par une loi économique ou politique.

 

Merci à Monsieur Hagège de nous parler si bien de la diversité linguistique qui réconforte en même temps tous les êtres aux capacités limitées dans l'apprentissage des langues étrangères. Une humanité qui se fermerait aux langues étrangères, serait une humanité autiste. Peut-être que l'Amérique s'est autant plantée dans son rêve démocratique planétaire parce qu'elle n'a jamais été attentive aux langues étrangères, contrairement à l'Union Européenne qui progresse et intègre d'autres pays grâce à son service de traduction hyper performant. Américains de tous bords, retenez la leçon.

 

Quand on vous dit que le plus vieux métier du monde est la traduction, on comprend mieux que la paix entre les nations dépends du langage parlé sur le trottoir. Merci aussi à la vieille Europe d'avoir

compris combien les subtilités amoureuses langagières dépassent les dogmatismes culturels imposés par des économies et des politiques parfois régicides de la souveraineté des langues.

 

Babel, plus belle après la chute. Comme du trottoir, poussent des fleurs littéraires qui partent à la conquêtes des coeurs et des esprits.

 

11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

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