19/05/2009

Ronron culturel, merci le chat du Jet d'Eau

La différence entre un pilote de ligne et un pilote de voltige subtil, c'est que le premier reçoit un salaire régulier intéressant, le deuxième lutte pour se faire reconnaître et apprécier d'un plus grand nombre pour qu'il regarde ses cascades divines.

Quid des artistes kamikazes? Ils peuvent simplement mourir, la bombe culturelle attachée à leurs ceintures.

C'est triste. En culture politique, les kamikazes sont nombreux et très médiatisés. Personne ne leurs demande de crever dans leur coin. Mieux. On parle beaucoup d'eux. Ils ont leurs supporters et leurs sponsors. Ils passent même à la radio et à la télévision suisse romande. Les pyromanes politiques peuvent tout brûler autour d'eux, en premier l'artiste kamikaze, ils auront leur banc public réservé.

Alors, peut-être, n'avons-nous pas la même grille de lecture de l'artiste kamikaze, Mme Bisang et moi. Si Dieudonné en est un, il n'a pas besoin de l'Etat ni du soutien culturel des artistes officiels pour être suivi d'un nombreux public chauffer à blanc par ses amis politiciens extrémistes. S'il n'en est pas un, ce que je pense personnellement, car pour ma vision il est un général officiel de la haine et de la xénophobie, donc un artiste viré bord communautariste et fasciste qui bosse pour un parti politique: le Front National.

Un artiste kamikase, Mme Bisang, est pour moi un artiste qui évolue à la marge de la pensée bourgeoise mais qui soutient l'ouverture et l'échange en servant de la dynamite pour tuer les préjugés, en faisant sauter les murs du silence pour abolir la violence naturelle entre puissants et simples citoyens , en occupant les citadelles médiatiques fermées à la singularité de tel ou tel être humain.

Alors si cet artiste là ne mérite pas d'être reconnu de l'officialité artistique, alors je crains beaucoup pour l'avenir de ce monde. Il y a de nombreux kamikazes armés de mitraillettes et de bombes qui ont fait de longues carrières héroïques, du Che en passant par Arafat et le Sous-Commandant Marcos. Oui. Très romantiques ces figures là, Mme Bisang. Il y en a même un qui vient juste de mourir dans une ambulance. Un Tigre tamoul, au Sri Lanka. Ils défendaient le peuple et la liberté, la fleur au fusil. Ils avaient leurs partisans, et pour certains leur grande puissance qui nourrissaient leur révolution. Sauf que pour ces kamikazes de la société, leurs hommes tuaient, torturaient, violaient peut-être aussi.

Question Mme Bisang. Si la race de l'artiste kamikaze disparaît par manque de soutien, qui aura encore assez de lucidité pour défendre valablement les amibes et la paix durable? Le grand théâtre de Genève? Je compte sur vous et les artistes officiels. Car si le kamikaze doit s'en aller, il ne restera que vous pour dire à l'UDC valaisanne qu'il y a des limites intellectuelles à ne pas dépasser pour préserver des rapports humains entre les gens aux idées et aux moeurs différentes.

 

07:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.