31/05/2009

L'Europe, une utopie en plein marasme

Pour que l'amour dure, il faut y apporter des preuves d'amour. Entre les exemples italiens, français, anglais, pour ne citer que quelques-unes de nos démocraties touchées par la lèpre moderne du néolibéralisme, rien ne va plus de soi. La méfiance des peuples vis-à-vis de leurs élites grandit chaque année, et celles-ci ne font absolument rien pour changer la donne malgré la crise. Le chômage augmente, l'instabilité et la pression sur les travailleurs ressemblent à une cocotte minute prête à exploser dans la violence.

 

Pendant ce temps, la Croisière s'amuse. Berlusconi organise des sauteries dans ses diverses villas, sa Cour est belle et débauchée, hors de la réalité des citoyens. Toujours plus de privilèges, encore plus de copinage (ah Carla, si j'étais ton copain, quel place j'aurais auprès de ton Nicolas!), et ces Anglais, crasy et dépravés comme la noblesse du Moyen-Age. L'heure n'est surtout pas au retour en grâce de la politique et des médias. Chacun tire la cover-girl à soi, et gare à celui qui oserait signaler à son chef que peut-être il faudrait laisser un peu de place au voisin pour une meilleure compréhension mutuelle. La couverture démocratique se déchire en transformant peu à peu la planète en boucherie sanguinaire (c'est la virtualité du poète qui le prétend).

 

La secrétaire bancaire suisse en est un bel exemple. Tout le monde aimerait la maintenir dans son coffret personnel afin de conserver un sentiment d'impunité et de soi-disant contrôle de sa sphère privée. Après tout, ma déesse Vreneli et ma vie privée ne regardent personne à part nous deux. En même temps, nos ébats, pardon, notre état (car l' Etat c'est nous) tombe tranquillement en faillite. Seul un amour doucement démentiel entre nous deux maintient l'espoir et les illusion d'un avenir follement romantique et artistique. C'est pas moi, c'est l'autre qui a du pognon, clament en coeur les citoyens jaloux. Et si personne n'a plus rien, qui fera encore de l'argent et que fera donc ma secrétaire bancaire pendant son temps de travail dans son boudoir ovale avec les patrons désespérés par leurs dures situations économiques et venus boire une ou deux bouteilles de champagne avec elle en toute impunité, bien sûr ?

 

L'Europe est une belle et grande idée romantique. Elle a sa place sur l'échiquier du monde. Seulement voilà. Qui court encore après les belles, délicieuses et grandes histoires romantiques à l'âge du porno ravageur? Les poètes? Les philosophes? Les musiciens? Les comédiens? Les gens de culture, en général? Oui. Peut-être. Mais alors ils sont si seuls et si dépourvus de moyens financiers. Et quand ils en ont, ils viennent à Gstaad prêché l'exemple néolibéral. Si même les artistes ne comprennent rien à rien aux vices mortelles du néolibéralisme, il est évident que l'Europe n'a plus aucune chance de construire un monde plus romantique, rempli de splendeur, de bonté, et de beautés humaines prêtes à vanter la formule hugolienne. Entre être Victor Hugo ou ne pas l'être, il y a bien de la place pour les délires individuels de populations prises de plus en plus pour de misérables objets au service des puissants plutôt que pour des citoyens respectables et aimables. Les riches s'empiffrent, les charrettes de la révolution passent, et la guillotine affûte sa lame.

 

Reste, pour l'artiste, à créer de jolis blogs où toutes celles et tous ceux qui rêvent encore d'une autre humanité se réfugieront et se blottiront entre eux afin de garder un peu de chaleur individuelle et collective dans ce monde glacial de chiffres, de sexe sans amour, et de catastrophes économiques.

 

N.B. Je garde ma secrétaire bancaire pour moi mais je lui laisse la liberté de vagabonder dans toute l'Europe. Je pense qu'elle m'aime ma jolie secrétaire bancaire alors je lui accorde confiance et liberté d'action. Et tant pis pour les ricaneurs. Qui ricanera bien, chicanera ses voisins de palier le premier. Et quand les fusils à pompe remplaceront les mots galants, les pompes funèbres pourront développer leur commerce. « Se payer de bons mots et de bons sentiments, ça rapporte combien mon bon Monsieur? » C'est ma secrétaire bancaire, assez subtile finalement, et attendant toujours ma réussite financière, qui m'a posé cette inévitable et vitale question pour nous deux par sms. La Confrérie des Blogueurs a-t-elle une réponse?

 

picture040_6.jpg

 

Secrétaire bancaire d'un Suisse désargenté

 

09:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

30/05/2009

Le retour de Tripoli

picture039_5.jpg

 

J'entre par la fenêtre

 

picture056_4.jpg

 

Bonjour Hannibal

 

picture040_5.jpg

 

Je viens récupérer les otages

 

picture048_5.jpg

 

Fais gaffe à mon totem africain,

Hannibal

 

picture003_6.jpg

 

L'oeil des esprits africains est avec moi.

Libère les otages, mon ami.

 

09:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

29/05/2009

Fontaine de plaisirs

picture048_4.jpg

 

MAKE-UP IN THE DARK

 

picture024_1.jpg

 

BEAUTE ROUMAINE

EN SON BOUDOIR

 

picture052_6.jpg

 

PROFIL DE STAR

 

picture029_6.jpg

 

FACE TO FACE

 

picture040_4.jpg

 

FONTAINE DE PLASIRS

 

picture044_5.jpg

 

DEPART POUR LUCIE FER

LA FROUSSE DE LA CURIE ROMAINE

 

picture053_4.jpg

 

RETOUR A L'ANGE DE DIEU

LA FILLE QUI CROIT EN DIEU

 

Cette oeuvre est dédiée aux humoristes de Morges sous Rires

Toutes les prises de vue ont été faites à Morges (Suisse) en juin 2007. Les trucages d'optiques ont été réalisés sur écran de télévision., sauf le dernier cliché réalisé sur portable. Merci à Mihaela, mon amour, mon bonheur, ma force, et ma joie.

 

 

15:42 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

Escobar Connexion

«La légende Escobar » a un fils présumé. Il fait dans le rap comme Dieudonné fait dans l'humour. Discours de haine, guerre des gangs, filles soumises. Une seule loi: la loi du plus fort, du plus criminel, du plus salaud.

Et la radio romande passe en catimini un message subliminal et sympa du personnage: « Escobar, un héros des temps moderne qui a sa tombe couvertes de fleurs, ses groupies, ses saintes pleureuses, et son clergé qui entretient le mythe ».

C'est une catastrophe pédagogique. Nos adolescents qui écoutent les nouvelles sont captivés de découvrir que là-bas, en Amérique du Sud, les héros sont des truands jamais repentis qui vivent du trafic de drogue, qui tuent, qui violent, qui maintiennent tout un peuple dans une noirceur absolue.

Pendant ce temps, en France, Sarkosy autorise la fouille des cartables, et la surveillance vidéo dans les collèges. Il pense venir à bout de la petite délinquance. En même temps, la grande déliquescence des médias continue partout dans le monde. Pas le temps d'expliquer, pas le temps de faire l'histoire du crime. Juste le temps de balancer la belle et religieuse image du grand chef de réseau de narcotiques.

Valoriser un criminel qui n'a jamais prouvé une humanité débordante pour ses semblables est une erreur de déontologie journalistique. Les petites frappes qui deviennent de grands truands possèdent la marque des caïds et ne vivent pour rien d'autres que leur propre pouvoir minable.

Tout le monde, et surtout pas les jeunes n'écoutent les émissions de Jean Leclerc qui passent à 15 heures ou à 03 heures du matin! A cette heure-là, les jeunes sont à l'école. Les cartables pourront toujours voler de tables en tables. Sarkosy n'a ni la manière ni le style pour stopper la violence. RSR1 fait un formidable travail tout au long de la journée. Sauf au moment des nouvelles, où les raccourcis les plus séducteurs ne sont de loin pas les meilleurs.

Je m'occupe personnellement de la « Carambar Connexion ». Quel(s) journaliste(s) a envie de célébrer ma distribution?

 

picture029_5.jpg

 

L'Ile au Trésor

 

picture052_5.jpg

 

Zorro

 

 

08:01 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0)

28/05/2009

La prostitution, job de dernier recours

picture056_3.jpg

 

« Fille invisible aux lèvres de sang

posant dans la ville sourire »

Morges, 2007

 

La liberté s'achète. Du moins la liberté matérielle. Le sexe s'achète. Du moins le sexe sans amour. Difficile de dire combien de jeunes femmes ont une fois ou l'autre pratiquées le job. Est-ce que la promotion canapé fait partie du métier, par exemple? Ou la contrainte sexuelle plus ou moins acceptée d'une femme de la part d'un patron très influent qui à le pouvoir de licenciement et de charme sur elle, autre exemple marginal de prostitution déguisée? Ou la femme mariée qui couche juste avec son mari pour avoir la paix? La prostitution est plus diverse et plus courante qu'on peut le croire.

 

Les filles de joie, on pourrait d'ailleurs les appeler les filles de deuil étant donné que beaucoup d'hommes fréquentent le milieu le jour où tout va mal dans leur couple, voir le jour où ils se retrouvent seuls à la suite d'un divorce. Les filles de joie ont donc un rôle social très important à jouer. Sans elles, combien d'hommes franchiraient des barrières interdites par manque de compagnie et de satisfactions sexuelles?

 

Pourtant, ce monde-là reste à part de la société, figé dans un monde de masques, genre carnaval de Venise à l'année où les gondoles ont des airs de corbillards et les corbeaux des airs de têtes de charognards. Les filles qui, par contrats de travail, mettent ouvertement le pieds dans l'engrenage du monde de la nuit (exercé de plus en plus de jour et en plein midi), sont difficilement réintégrées dans le monde du travail classique. Soit parce que leurs exigences financières sont devenues trop importantes en rapport à leur formation professionnelle acquise lors des études, soit parce que la société les refuse et rejette leur ancien statut de prostituées.

 

Les secrets d'alcôves sont souvent partagés entre prostituées et hommes aussi riches que puissants qui dirigent le monde. Le scandale, ce ne sont pas les filles. Le scandale, c'est le ghetto qu'on leur dresse... et les hommes qui les fréquentent en leurs imposant leurs fantasmes parfois pervers et dégoûtants tout en leurs interdisant l'accès à un statut d'honorabilité.

 

picture053_3.jpg

Elles voyagent en solitaire

Ce sont des îles solaires

Les hommes ont labourés leurs terres

Ils n'ont jamais visité les profondeurs de leurs mers

 

Elles vivent dans de religieuses cellules

Pareilles à des milliers d'amibes photovoltaïques

formant de gigantesques libellules

volant gracieusement vers des temps héroïques

 

Il faut changer la vision de la société sur les filles de cabaret et de salons de massage. Elles méritent

la reconnaissance. Et surtout, elles méritent à la fois l'amour et trouver un jour une situation stable, situation qu'elles rêvent comme n'importe quelle femme de la société qui rêve d'aimer son prince charmant, d'avoir un job intéressant et une situation financière correcte.

 

Une prostituée, c'est d'abord une entraîneuse de toutes sortes d'hommes à la dérive qui ont perdu leur foyer. Une prostituées c'est aussi une partenaire de jeu pour riches bourgeois avides de fantasmes. Une prostituée, c'est surtout une fille qui doit boire souvent, qui risque à chaque instant de tomber dans un monde d'où elle ne reviendra plus, un monde d'ombres, rempli de violences, de psychotropes, d'hommes sans respect pour la femme et l'humain en général.

 

Rejeter les prostituées dans le monde des ténèbres pour de soi-disant considérations morales et religieuses, c'est déclarer au monde nos propres ténèbres. C'est dire aussi les propres ténèbres des puissances économiques et politiques qui fréquentent cabarets et salons de massage en chassant la chair fraîche comme des bouchers s'acharnant sur des bêtes d'abattoir à qui on ne permettra jamais de quitter le salon de boucherie.

 

Les femmes de la rue ne revendiquent pas « ni pute, ni soumise ». Les femmes de la rue questionnent: « Une pute a-t-elle le droit de trouver un jour sa terre promise? » et « Une pute peut-elle devenir autre chose qu'une femme soumise à la volonté d'une société qui la rejette sur le trottoir? »

 

picture052_4.jpg

 

« Kiev, Ukraine.

Tu kiffes pour une teup?

Offre-lui le statut de reine.

Car le water-closet d'une pin-up

a connu beaucoup de larmes et de peine. »

 

 

La réponse va peut-être bientôt venir. Si, entre autres situations réelles, vous, Madame, Monsieur, redonnez une place visible et honorable à la fille de cabaret et à son poète des bouges communiquant avec vous depuis pas mal de temps déjà. Les tabous ne sont que des choses dérangeantes que l'on glisse, comme la poussière, sous le tapis quand personne n'a envie de les étaler au grand jour. Encore faudrait-il être capable de rendre un statut acceptables aux perles que l'on a tristement confondu avec du chenit poussiéreux.

 

picture053_2.jpg

 

« Carnavalsex, Louve dans la nuit »

Lac de Zürich, 2006

 

La balle est dans le camp des vertueux.