28/08/2009

Fishing Expedition à Tripoli

La honte n'a pas de fin. « Kadhafi joue avec ses poupées » selon un diplomate. Nos otages sont toujours gardés en conserves à Tripoli comme des sardines de tente toutes trouvées pour faire de la Suisse le pays qui est allé au casse-pipe la fleur à son fusil économique et piégée à la fête foraine berbère où nos cervelas suisses sont grillés dans les odeurs âcres du pétrole libyen.

 

Pouah! « Vous avez gagné un gros nounours Muammar » clament en coeur les Français, goguenards. « Ah non », ma bonne soeur Calmy-Rey, « moi je préfère un éléphant Hannibal », rigole une Américaine. « Et moi », mon bon Monsieur Merz, « je veux la girafe Aline pour qu'elle revienne au galop dans ma banque avec son or fin et ses diamants où jadis je la dessinais sur le sable et j'embrassais dans mes mirages son doux visage suspendu à son long cou » ironise un Allemand complètement pire que steinbrück en buvant ses litrons de bière de Munich. De la pure inconscience de démocrates égocentriques qui ne savent plus l'importance de la Résistance face à l'envahisseur fasciste, au dictateur de conscience, au fou de Dieu.

 

Et personne ne veut comprendre la gravité de la situation entre eux, les intégristes, et nous, les démocrates. Personne ne veut voir venir un jour la fin du monde, la guerre, celle de trop. celle qui ne nous laissera pas la chance de sauver le climat, d'économiser nos ressources naturelles, de trouver des alternatives durables aux énergies fossiles. Personne ne veut voir aujourd'hui qu'en ridiculisant la Suisse, Kadhafi ridiculise la démocratie toute entière, et il donne du courage à toutes celles et ceux, détestant la liberté et préférant les commandements sacrés des Livres divins, qui sont prêts à en découdre encore une fois avec nous. Mein Kampf est un livre fasciste écrit pour tous les fascismes. Et il pourrait bien être la référence ultime à tous les religieux du monde dégoûtés par la modernité et soucieux de suivre à la lettre les paroles divines de leurs propres religions respectives. En cherchant Dieu, ils vont trouver Satan. Comme Hitler. Et ils nous entraînerons dans un délire collectif guerrier.

 

D'un côté, « l'affaire suisse » donne une leçon à nos politiciens qui se soumettent sans cesse au diktat de nos banques et de l'économie. De l'autre, nous avons appris qu'un peuple démocratique qui voit bafouer son honneur par une dictature sait encore prendre le relais diplomatique de la voiture balai des alliances cocufiées quand notre gouvernement failli à sa tâche.

 

Une partie du peuple suisse donne une leçon d'honneur à nos dirigeants en commentant abondamment le chantage des Libyens et la déculottée suisse. Cette partie du peuple dit aussi à l'Europe que la liberté d'otages ne s'achète pas à n'importe quel prix. On peut donner de l'argent, perdre des contrats commerciaux, cela reste de l'ordre de l'acceptable face à l'ignoble chantage des dictateurs. Mais de perdre son honneur et sa confiance démocratique en s'excusant de l'application de nos lois; en acceptant un Tribunal extraordinaire chargé de juger notre justice pour avoir retenu quelques jours le fils du dictateur et sa femme (coupables de lésions corporelles sur deux de leurs employés) alors que nos deux otages, arbitrairement retenus et en toute disproportion, en sont à plus de 400 jours de détention, cela est un prix beaucoup trop cher à payer. Qui va oser demander un Tribunal arbitral international chargé de juger la Libye pour détention illégale de citoyens suisses?

 

Nous sommes peut-être pauvres, hors bourgeoisie, près du petit peuple. Mais nous avons une idée de l'honneur, de la fierté, de la démocratie, de la liberté, même quand des soucis financiers nous jettent presque à la rue comme les déchets ignorés d'un pays pourtant riche et plein de ressources intellectuelles. « L'avion blindé du parti communiste », ce n'est pas nous. L'avion appartient à la Confédération, et c'est quand même la Confédération, donc aussi Monsieur Couchepin, qui a décidé de l'envoyer en Libye! Et du moment qu'elle avait décidé cela, elle ne pouvait pas revenir sans les otages.

 

« L'affaire suisse » est peut-être un des ultimes accidents de parcours qui a creusé le fossé entre les représentants de la liberté démocratique et les représentants de Dieu qui aiment la mort avant la vie, Dieu avant les humains, la race pure avant la mixité et son mélange des idées et des convictions.

 

Entre l'Iran et la la Libye, le monde musulman semble montrer des signes très inquiétants d'hostilité à la modernité. Ne l'oublions pas. La Libye comme l'Iran n'ont jamais abandonné l'idée d'avoir un jour la bombe atomique... et de l'utiliser pour la destruction d'Israël et... de la Suisse.

 

P.S. Quand je vous avertissais il y a plusieurs mois, dans un de mes billets, que défendre Kadhafi allait peut-être vous exploser à la figure, Mr Poncet, vous auriez du me lire. Vous en voyez le résultat aujourd'hui et les dégâts sur votre image de libre penseur. Parfois, il faut savoir défendre un petit Suisse libertin et sans argent un brin kamikaze qui lance ses billets à la presse par milliers depuis bientôt vingt ans (!) au lieu d'aller défendre un preneur d'otages

 

 

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« Hannibal, La Naine de jardin, et Aline Kadhafi

jouant la Suisse au tir-pipe des islamistes »

(dessin modifié de Plantu fait pour le Monde

le 19 juin dans l'affaire de la burqa)

 

 

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« Buzz Tournesol, alias Pacha K Mac »

 

 

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« La Schtrumpfette étrangère qui a sauvé un Suisse

resté seul et abandonné en son désert médiatique  »

 

 

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« A eux deux, ils ont inventé d'autres couleurs »

 

 

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« L'oeil de la liberté »

« La démocratie, c'est cause toujours »

 

 

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« Un tournesol vivant qui porte une burqa

est un tournesol que l'on a enterré dans une cave

avec l'ordre dictatorial de fermer sa gueule. »

 

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