11/09/2009

11 septembre, huit ans déjà

Huit ans déjà que les Twin's Towers sont tombées. Et autant de temps que le Commandant Massoud a été tué dans un attentat perpétré par Al Qaïda, que les Bouddha d'Afghanistan se sont retrouvés en gravats et poussière.

Quand j'entends Twin Towers je ne peux peu m'empêcher d'entendre Win's Flowers, Fleurs de la Victoire. Cela va bien avec le romantisme à la sauce terroriste.

Il y a 8 ans, à l'heure de l'apéro, vers 19 heures locale, j'étais aussi pâle et tremblant que si j'avais appris la mort d'un de mes enfants. A la Stamm de mon bistrot, les clients faisaient comme si de rien n'était. Juste ils s'énervaient un peu contre « ces fous de musulmans ». J'ai essayé d'en placer une du genre: « Mais c'est insensé. S'en prendre à New-York de cette façon c'est s'en prendre à notre Civilisation moderne. Et si demain, c'est dans une grande surface à Berne qu' « ils » mettent des bombes et qu « ils » tuent nos enfants, vous allez tranquillement boire l'apéro comme si rien n'était arrivé? »

Ils ont ri et m'ont dit de boire au lieu de m'exciter. Ma femme m'a aussi dit que j'étais fou d'avoir passé mon après-midi devant la TV hypnotisé par les événements. Huit ans plus tard, nous n'avons pas de bombes à Berne. Nous avons un Guide spirituel libyen qui demande le démantèlement de la Suisse et son fils qui veut jeter une bombe A sur la Suisse! Ce ne sont que des paroles de Libyens. Paraît-il, heureusement. En outre, nous avons une réalité qui va bien au-delà de leur discours: deux otages suisses sont retenus en Libye depuis plus de 400 jours.

La réalité a rattrapé la folle fiction que j'imaginais. Sauf que, soulagement, elle n'a pas fait de morts jusqu'à présent. Sauf que cette réalité peut encore devenir une réalité autre que assassine, une autre réalité qui gagnerait du terrain, une réalité de paix entre eux et nous dans un monde apaisé. La Suisse a-t-elle un rôle prioritaire à jouer dans cette nouvelle dimension du monde global? Oui. Certainement. En tant qu'ambassadrice des droits humains, la Genève internationale confère à la Suisse un rôle très particulier. Petite et sans puissance militaire, ingénieuse mais sans prétention de domination sur le monde, elle est un peu le phare de la démocratie dans la grosse tempête islamique que nous subissons depuis la chute de l'Union Soviétique...qui a commencé dans le bourbier d'Afghanistan. Présage négatif pour l'Occident et l'Amérique? Soyons extrêmement vigilants.

Nous connaissons la position de l'UDC sur le sujet: rester tranquilles chez nous pour éviter les ennuis avec le monde. Cela eut réussi pendant la Guerre Froide mais cette stratégie ne paie plus aujourd'hui. Au contraire, le monde, lui, est plus que jamais intranquille. Il bouge constamment. Il s'invite chez nous. Oussama Ben Laden, pour le pire, Muammar Kadhafi, pour l'empire islamique, l'ont fait. D'autres qu'eux peuvent encore le faire. A nous de combattre avec nos convictions, notre force non-violente, notre démocratie, notre profond sens de partager nos expériences de vie avec d'autres cultures plutôt que d'aller au clash des Civilisations en fermant les yeux.

En ce 11 septembre, souvenons-nous de ce jour inimaginable de 2001 et n'oublions pas que nous avons deux otages détenus, pour on ne sait quelles obscures raisons, à Tripoli. La Suisse a perdu la face. Notre Président va s'en doute démissionner à la fin de son année présidentielle alors que les droits humains sont attaqués par un despote islamique; que l'Helvétie s'est laissées dire des choses comme « démantèlement et atomisation de la Suisse » par un chef d'Etat certain de sa supériorité sans même exiger d'excuses de celui-ci et en lui accordant les nôtres pour la garde à vue de son fils coupable de mauvais traitements sur ses domestiques! Je crois que la Stammtisch s'est encore agrandie et que les inconscients d'alors n'ont pas forcément mauvaise conscience aujourd'hui.

Muammar Kadhafi restera inflexible. Soyons-en certain. Les interdits sur la culture, le rejet de la littérature autre qu'islamique, la nécessité pour lui et sa famille de rendre honneur à la révolution culturelle islamique empêchent le dictateur à l'ouverture de son discours. Maintenant, est-ce que dans sa vision des choses existe encore la possibilité d'entretenir des relations normales, voir amicales avec d'autres cultures que la sienne? Là réside la seule clef diplomatique qui permettra où non le retour de nos otages et le retour à des relations normales si ce n'est amicales entre la Libye et la Suisse.

Dans quelques jours, l'Assemblée onusienne ouvrira ses portes. Espérons que la Suisse saura se montrer ferme, sûre d'elle et de sa démocratie, peu encline à jouer encore longtemps la souris devant le chat Kadhafi. Celui-ci ne respecte que des contradicteurs capables d'argumenter sur des valeurs autres que le rapport à l'argent et aux marchés.

Ground Zéro devrait retrouver une nouvelle vie et des immeubles seulement en 2036. Une image saisissante d'un pays, d'un empire les Etats-Unis, incapable de reconstruire sereinement sur ses plaies, un pays empêtré dans son juridisme, gangréné par les jalousies, les affaires d'argent et d'ego. Un pays incapable de se solidariser et de se souder dans une attitude valorisante de la démocratie. Et un autre malheur, peut-être plus horrible encore, succède aux 3000 morts du 11 septembre. C'est la mort à petit feu de toutes ces personnes généreuses qui ont donné bénévolement de leur temps pour aider leur pays à dégager les gravats toxiques. Certaines, abandonnées et sans ressources, crient et pleurent leur désespoir maintenant. Monsieur Obama, ne les oubliez pas dans votre discours d'aujourd'hui et faites bouger les administrations inhumaines de votre grande nation.

 

08:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.