25/09/2009

Une leçon de bicyclette

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« La vie, c'est comme une course

de bicyclette. Il te faut rouler sans t'arrêter.

Si tu t'arrêtes, c'est fini. »

 

Einstein et Darwin,

deux savants de la théorie de l'évolution

 

Le départ a été donné. Les stratégies d'équipes sont bien arrêtées. Les coureurs connaissent la distance, la topographie du terrain, les cols, les ronds points, les virages dangereux, les descentes à risques. Le staff technique a organisé ravitaillements, bidons d'eau, survêtements, vélos de réserve. Les directeurs techniques ont fait un dernier petit tour chez les coureurs pour voir leur état de forme et d'esprit. Les managers et sponsors ont donné leurs derniers encouragement. Le public attend sur la route.

Nous sommes dans une étape où la Suisse est isolée. Son champion est classé en-dessus de la mêlée. Personne ne viendra la secourir en cas de pépin grave ou bénin. Les autres équipes se regardent, s'observent. Les Américains aimeraient bien, comme jadis, garder l' hégémonie et leur domination outrancière sur le peloton; les Russes tergiversent. Ils ont été pris à plusieurs reprises la main dans le pot de confiture du dopage. Ils pensent que les Américains trichent aussi. Mais pas de preuves. Sont-ils plus malins? Espagnols, Italiens, Français, Anglais craignent les Belges mais surveillent la Suisse.

Et puis il y a toutes ces équipes sud-américaines qui ne semblent pas lutter pour les premières places. Et enfin, les équipes pirates du Moyen-Orient. Quatar en tête, et ces Iraniens toujours à viser le carburant nucléaire. Plus loin encore, la Chine, et surtout la Corée du Nord qui menace tout le peloton de ses coureurs missiles en manque de compétition et de forme. En dernier, les équipes venues d'Afrique et parmi elles, la plus invraisemblable et déroutante de toute, la Libye, la maîtresse du théâtre ubuesque qui soudain se mêle de faire la course en tête et rêve de renverser tous les leaders en général et le leader suisse en particulier. Course absolument passionnante. Comme dirait notre journaliste maison, Jean Ziegler, « Les Libyens rêvent de renverser par la Révolution permanente toute l'oligarchie qui règne en maître depuis si longtemps sur les petites équipes asservies, exploitées, et déshéritées du monde ».

Derrière, les équipes laissent faire la lutte à couteaux tirés entre l'équipe surprise libyenne et celle de suisse. Chacun des teams a des arrières pensées sur la victoire finale. Les Européens se marrent à l'intérieur. Les Américains s'énervent un peu. Ils aimeraient bien que les équipes européennes soutiennent une des leurs. Mais voilà. La Suisse fait cavalier seul, en Europe.

Devant, les Suisses sont piégés. Deux des meilleurs lieutenants du leader sont retenus en otages dans le peloton, encadré étroitement par l'escouade de coureurs libyens. S'ils attaquent pour revenir et accompagner leur capitaine vers l'arrivée, ils ramèneront tout le peloton sur le leader. Mais devant, le clan libyen a, aussi fou que cela paraisse, trois coureurs de rayons pour attaquer le Suisse.

Personne n'aime les Libyens qui attaquent régulièrement hors des règles émises et tacites du cyclisme international. Ils profitent des coutumes du désert pour assécher les autres coureurs qui perdent un à un leurs porteurs d'eau sur la route. Ce qui s'appelle chez eux « l'épreuve de l'ascète » Et à la fin, ils pratiquent le « coup du chamelier » qui consiste à jeter incognito un papier graissé dans le dérailleur des meilleurs adversaires, ce qui fait, évidemment, dérailler tout le peloton, avec chutes collectives, démissions, engueulades, dissolution des solidarités, directeurs sportifs en déroute. Bref. Une déroute collective du peloton. La Libye est une équipe peu fréquentable mais qui ne peut être jetée du peloton pour cause de grande capacité à la pompe. La Petite Reine le sait et assume tant bien que mal cet accueil des équipes pirates.

Mais revenons à la course. Devant, le Suisse se débrouille très bien tout seul dans son contre-la-montre absolument solitaire. Il est dans sa bulle. Il sourit aux Libyens qui, tels des loups affamés, attendent la défaillance. Mais le Suisse assure. Il leurs envoie des vannes en leurs rappelant que la tente libyenne, l'épreuve de l'ascète, et le coup du chamelier, il connaît déjà. Les Libyens se mettent à rire devant tant d'autorité et de gueule. Ils veulent gagner la guerre. Mais devant ce coureur fou ils se disent que la paix est forcément préférable. Le Suisse en connaît trop pour se laisser manipuler et se faire jeter dans le bac à sable par eux.

Le Suisse arrive en vue de l'arrivée. Ils lève les yeux au ciel, applaudi le public, donne de petites tapes amicale à son maillot frappé du drapeau suisse. Trois cents mètres sous les applaudissements. Les Libyens ont déjà rejoint les dunes de leur désert. Derrière, les lieutenants arrivent et franchissent la ligne d'arrivée. L'équipe suisse se congratule, le directeur sportif et les sponsors sont tous là. Le champion de bicyclette s'appelle Fabian Cancellara.

Cette histoire fantastique est finie. Allumez une chandelle et fumez le calumet de la paix. Puis remontez et enfourchez votre bicyclette. La vie continue.

 

Pain, Pétrole, et Corruption,

 

STOP!

 

Pétrole contre Pourriture,

 

STOP!

 

Voulez-vous une chute de tout le peloton dans le précipice?

 

 

Oui? Alors cessez de prendre les citoyens

pour des idiots avec des soi-disant politiques

de haute moralité et de haute responsabilité.

 

Non? Alors remontez sur la bicyclette

et faites comme Cance.

Gérez votre rôle individuel et collectif à la perfection.

 

IN THE RIGHT SWISS TIMING!

 

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16:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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