27/01/2010

De la liberté d'expression à l'heure d'Internet

J'ai lu, hier, quelques textes de chansons créés par de jeunes banlieusards qui ont été déposés sur un blog. (voir le webzine de la tdg).

Sidéré de constater à quel sommet d' acculturation se situe une partie de la jeunesse désoeuvrée, sans plus aucun désir de s'intégrer au monde de la société civile, sans projet d'avenir autre que celui de créer un tas d'immondices, un immense dégueuloir et foutoir de haine, de bêtise, de racisme, de sexisme, d'appels au meurtre, je me suis décidé à créer cet article sur notre liberté d'expression actuelle. Mon propos ici n'est pas de dire ce que je ressens comme malaise et comme dégoût par rapport au Gouvernement français qui ne fait pas grand-chose pour changer cette situation désastreuse (pour cela, lire mon petit commentaire laissé sous l'article de ce blog).

J'aimerais ici créer un petit dialogue-fiction moderniste autour de trois personnages clefs ayant existé et ayant été à la pointe du combat en faveur de la liberté d'expression: Voltaire, Diderot, Rousseau. Ils seraient parmi nous aujourd'hui. Ils pondraient des articles sur la plate-forme tdg 24 Heures. Voici ce que cela pourrait donner dans les commentaires éclairés de trois blogueurs. Appelon-les , Fatima, Albert, Gaston.

 

Gaston: « C'est toujours ce mec qui a abandonné sa femme et ses enfants. C'est une honte! On devrait l'interdire de poser ces articles et le foutre en prison. Comment peut-il écrire au lieu de s'occuper de ses gosses? Et au moins, j'espère que la mère reçoit les pensions alimentaires de ce type. Il paraît que les gens l'ont caillassé à Môtier. Il a du prendre la fuite. C'est bien fait. Il est vraiment nul ce type. »

 

Fatima: « Ouais. Et en plus de sa m..., il veut nous refiler son contrat social. Il a pas honte ce jeanfoutre. Et en plus il s'acoquine parfois avec ce Diderot dépravé qui rôde du côté des Pâquis. Ah ces intellos, tous des m... Et ils prétendent refonder notre monde et notre civilisation! Ils manquent pas de toupet ni d'orgueil!!!!!! C'est des fils de pute, ces types-là! »

 

Albert: « Moi, je viens de lire que Voltaire, ce faux-cul, c'est fait un paquet de pognon dans la vente de son immeuble des Pâquis. Ce type, c'est le pire des spéculateurs. Et en plus, il nous fout le bordel avec les arabes. On va bientôt avoir une bombe qui explose à Genève. Les islamistes terroristes ont laissé des messages sur des blogs du Maghreb. Il faut lui interdire d'écrire à ce type sinon tu verras que nos enfants vont bientôt être égorgés et lui, avec son pognon, il partira sur une île bien pénard. Des salauds de son espèce, on les bute. J'crois même qu'il a des démêlés avec la justice à propos d'une gamine de 16ans dont les parents ont porté plainte. C'est un voisin qui me l'a dit. Il l'aurait connue lors d'une soirée techno. Affaire à suivre. Je vous tiens au courant. Si jamais c'est vrai, on organise un commando et on le bute pour de vrai. »

 

Voilà. On pourrait continuer, n'est-ce pas? Mais cela suffit. Nous pouvons constater que ceux qui se sont battus pour la liberté d'expression, pour notre liberté d'expression, pourraient très bien être rejetés aujourd'hui de la communauté citoyenne par de petits gars et filles sans grande finesse ni culture. N'est-ce pas effrayant, 250 ans après les Lumières? Je vous laisse à votre réflexion...

 

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Lumière à la tombée du jour sur la Cité de Midoun

 

(cette photo est dédicacée à John Gotelen

du blog « Homme libre »

et à Per Amann

du blog « Blondesen »)

 

Tous mes voeux de rétablissement à tous les deux.

 

16:42 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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