07/02/2010

Hervé Falciani: la naïveté du fou heureux

 

Je ne pouvais plus fermer les yeux. Elle m'avait dit: « Faisons marcher la banque ». Mais elle marchait déjà loin de moi, dans son univers à elle, loin de mon idéal de pureté. Je lui ai répondu: « Faisons évoluer la banque ». Elle m'a regardé d'un air étrange, presque ironique. Elle a fait semblant d'acquiescer, puis elle a tourné sa tête une fois à droite, puis une fois à gaucher, et enfin une dernière fois à droite. Ensuite elle s'est retournée et elle est sortie sans jamais plus me dire un seul mot.

J'ai couru aux toilettes. Je m'y suis enfermé. J'avais envie de hurler. Mais j'ai dégueulé mon sandwich et j'ai commencé à pianoter sur mon ordinateur. J'ai sorti une liste, puis d'autres pianistes m'ont suivi car ses ex amants me soutenaient contre celle qui me jouait des tour de pute. Et c'est alors que le système s'est mis à se dérégler encore davantage, à tourner de plus en vite sur lui-même, et à paniquer.

Tout le monde en voulait à cette fille, à cette misérable qui se vendait au plus offrant, à cette inexistence anonyme qui affolait les portefeuilles les plus garnis, à cette intrigante qui gardait bien tous ses secrets d'alcôve.

Elle a fini par exploser sous nos listes de dénonciateurs. Et quand l'explosion fut constatée, il ne restait plus rien. Alors les portefeuilles ont disparu on ne sait où, quelque part vers des filles moins gracieuses et moins regardantes, plus terrifiantes et plus assassines. Mais mon idéal était réalisé. Cette fille avait enfin payé l'audace de sa trahison et de sa trop grande opulence.

 

 

ou version deux, le système sauve sa peau autrement...

 

 

21:45 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |

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