21/02/2010

Ostalgie d'un amour perdu

Toi et moi, on jouait tout le temps à la roulette russe avec notre amour. Toi, dans ton cabaret, à descendre tes coupes de champagne sur un tapis vert en tirant les cartes du tarot masculin qui allait nous donner la mort. Moi, sur mes blogs, à tenter l'ouverture et le poker d'as qui allait nous donner un succès médiatique.

Toi et moi, pourtant, on jouait comme des enfants lors de nos rendez-vous amoureux. Tu exigeais. Je t'obéissais comme je n'ai jamais obéi à une femme. Tu étais cette petite fille dans la cour de la récré qui dirige la manoeuvre, la petite peste de service qui se fait critiquer par toutes les gamines mais qui se fait courtiser par tous les garçons à l'exception de celui qui n'avait peut-être pas de goût pour une provocatrice de ton espèce.

Et ton espèce ne tient pas de l'animal de compagnie. Non. Ton espèce à toi c'est l'animal de galanterie. Tu es une grande prédatrice, une terrifiante séductrice, une abominable infidèle qui joue les vierges et les coeurs purs. Je te comparais tout le temps à Mylène Farmer. D'ailleurs tu as l'oeil de la vilaine Mylène. Sauf que, hélas, tu n'as ni sa voix ni son talent de chanteuse. Pourtant ta petite voix fluette, quand elle me parlait la nuit, c'était celle d'un ange, de mon ange adoré. Et cette voix, je ne l'oublierai jamais. Elle me hante encore aujourd'hui et pour l'éternité.

Tu joues toujours dans ta cour de récré, entourée de tous tes courtisans. Et moi, parfois, je pleure de n'avoir pas pu trouver le chemin qui nous amènerait à notre maison, à notre bonheur, à notre confort. Car je sais ça de toi: même le plus glacial animal de galanterie a besoin d'un refuge quand dans sa vie tout tombe autour d'elle.

 

 

 

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