13/03/2010

Jean Ferrat a rejoint la Nouvelle Aragonie

Que d'émotion et de tristesse au moment d'apprendre la disparition du chanteur-poète Jean Ferrat.

Je me souviens très bien du jour, un 4 août 1971 ou 1972, où maman m'offrit mon premier disque « d'adulte ». « Ferrat chante Aragon ». J'avais alors 12 ou 13 ans. La disquaire avait prévenu ma mère: « Madame, votre enfant est peut-être un peu jeune pour recevoir et apprécier ce disque ». J'étais fier, fier de cette maman qui me prenait pour plus mature que ce que la disquaire voulait bien croire.

Dès la première écoute de ce disque, j'ai su qu'il allait me marquer de longues années durant. Mon oreille recevait cette musique, cette voix, et ces textes en plein coeur. J'écoutais en boucles. Et plus j'écoutais, plus je m'imprégnais de cette utopie amoureuse et non-violente. Les textes sont imprimés et gravés dans mon cerveau, comme les petits cailloux blancs du Petit Poucet pour retrouver la maison d'origine.

Fidélité absolue à ce disque comme cet homme était fidèle à son Ardèche, à ses idéaux, à ses amours, à ses amitiés.

Merci Monsieur Jean Ferrat. Avec vous j'ai appris le bonheur et le malheur d'aimer.

 

Une femme attend là-bas

le signe de son homme tombé au combat.

 

Des billets d'août ont envahi la plage.

Des billets doux et sauvages

s'envolent de Normandie.

Les poètes ont déclaré l'amour aux impies.

 

Une femme peint à la gouache

l'homme à la grosse moustache.

Il était parti d'Ardèche

pour provoquer la brèche.

 

Ses billets d'août ont percé brouillards et nuages.

Des billets tendres et sauvages

tombent cette nuit du ciel de Normandie.

L'homme a tôt rejoint la Nouvelle Aragonie.

 

Les poètes auront toujours raison.

 

 

 

22:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

(ç_ç)

Écrit par : Loredana | 13/03/2010

Les commentaires sont fermés.