15/03/2010

La Suisse lâchée par l'Europe!

Et voilà. Ce qui devait arriver est arrivé. Comme en science astronautique, la Suisse jouissait il y a trois semaines d'une fenêtre exceptionnelle de résolution de la crise. L'Europe était avec nous, Hannnibal avait accompli le geste nécessaire et providentiel qui allait permettre à Max Göldi de revenir très vite en Suisse après Rachid Hamdani.

Hélas, un nouveau désastre d'indécision à Berne a été accompli. Hélas, le poids de l'Amérique, de la Russie et de la Chine pèsent très lourd maintenant sur les intérêts économiques et stratégiques de l'Europe.

Mais pourquoi donc sommes-nous si idiots ou si sûrs de notre puissance? Même la grande Amérique, la première puissance mondiale a reconnu une erreur dans sa communication diplomatique. Nous, rien du tout. Pas même l'ombre d'une dénonciation pour l'acte pourtant illicite d'un très probable policier ou responsable de l'Etat de Genève qui a cru bon de transmettre des photos confidentielles à la presse. On s'est d'abord agenouillé devant Muammar Kadhafi pour ensuite poser un mur entre lui et nous. Totalement absurde et contre-productif.

Et maintenant qu'allons-nous faire? Ce que les Kadhafi auraient sans doute accepté il y a trois semaines contre la liberté de Max Göldi, soit la constitution d'une cour pénale internationale déjà acquise par les deux parties, la levée de « l'embargo Schengen » sur les personnalités libyenne et, surtout, la dénonciation de l'auteur de la fuite des photos, sera-t-il suffisant à partir de maintenant alors que l'Europe s'apprête à passer outre l'exigence de la Suisse pour les visas Schengen en suivant l'Italie et l'Espagne?

Je ne sais plus quoi écrire. Je ne sais plus quoi espérer pour notre otage. Et avec un peu de sadisme supplémentaire, le recours déposé devant le Tribunal libyen va amener de nouveaux déboires à notre otage et une désespérance grandissante. A Berne, les erreurs deviennent franchement inadmissibles. S'il arrive plus de malheurs à notre otage, notre gouvernement devra démissionner en bloc. C'est tout.

On ne joue pas avec la vie d'un otage. Surtout en Suisse, pays des droits humains. Berne est-elle impuissante devant le canton de Genève?

 

 

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