23/03/2010

Recours Göldi, la plus grande prudence s'impose

Max Göldi ne sera peut-être pas libéré au bout des 4 mois qu'il a écopé dans le procès bizarre qui l'oppose aux autorités libyenne.

Sa demande en grâce ayant jusqu'ici échoué, il y a très peu de chance pour lui que sa peine soit réduite ou annulée. Quant à la demande de recours déposée par son avocat libyen, elle n'a toujours pas été examinée alors que l'otage a déjà passé un mois dans les geôles libyennes. Et pour cause. La Libye attend certainement que l'Europe bascule dans le camp italien dans la restriction des visas Schengen demandée par la Suisse pour les dignitaires libyens.

Et après? Si ces gens retrouvent le droit de voyager en Europe? C'est simple. On aura sans doute une Suisse qui boira le calice jusqu'à la lie avec un recours qui débouchera non sur une diminution de peine pour Max Göldi mais sur un rallongement de celle-ci afin de faire pression sur le Tribunal arbitral international qui devrait alors donner un avis plutôt favorable à la Libye dans l'affaire Kadhafi afin que Max Göldi ne risque pas des années de prison en Libye...

Cela suffit! La Suisse, si elle n'est plus soutenue par l'Europe, doit au moins insister pour que le Tribunal libyen se prononce définitivement sur le cas de Max Göldi avant d'accepter d'enlever de la liste noire de Schengen les dignitaires libyens. Comme la Libye continue de prétendre, avec la plus parfaite mauvaise foi, que le cas Göldi n'a rien à voir avec l'affaire Hannibal Kadhafi, elle sera obligée de dire si elle raccourci, prolonge ou maintient la condamnation à son niveau actuel avant la décision suisse sur la restriction Schengen. Et si à la fin de la peine prévue, la Libye ne libère pas notre compatriote, l'Europe comprendra alors que la Suisse aura bien fait d'user de ses droits démocratiques pour lutter contre une dictature ignoble. La Libye est au pied du mur. La Suisse ne doit surtout pas lâcher du lest maintenant. Attendre la décision sur le recours Max Göldi et se prononcer après. C'est la seule décision sage en ce moment pour notre diplomatie suisse et notre otage.

 

 

 

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