12/08/2010

Barbare (l'amour de toi)

Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Remis des vieilles fanfares d'héroïsme - qui nous attaquent encore le cœur et la tête - loin des anciens assassins -
Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n'existent pas.)
Douceurs !
Les brasiers, pleuvant aux rafales de givre, - Douceurs ! - les feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous.
- O monde ! -
(Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu'on entend, qu'on sent,)
Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.
O Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. Et les larmes blanches, bouillantes, - ô douceurs ! - et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.
Le pavillon...

Arthur Rimbaud

 

Ce poème énigmatique du roi des poètes pour engager le mois du Ramadan. j'en ai tiré une explication de texte très personnelle...

 

Le pavillon serait-il ce havre d'abondance au milieu de la nuit, dressé sur notre table habillée de sa nappe aux broderies orientales mises en robe des champs face aux retombées traçantes laissées par les larmes de Saint-Laurent et surgissant dans le ciel d'août? Perséides aux histoires de milles voeux souhaités en silence pour nos amours, nos amis, nos enfants. En farandole, la musique des étoiles filantes, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres. Lumières majestueuses qui nous envoûtent dans le noir de nos corps penchés aux balcons des princesses. Et cette voix féminine profonde, au timbre nimbé de mystère, arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques, givrées de chaleur et d'humidités vagabondes; l'oeil grisé, cristalin au désir du fauve, tes peaux assoiffées se déshaltérant, pleuvant des gouttes de sang aux raffales de mon givre enivrant. Douceur sensuelle que ta main qui glisse et dessine une arabesque sur mon ombre chimérique dessinée par l'astre lunaire. Loin, si loin de tes dunes jouant avec les marées d'eau salée, de ton île turquoise au muscat glacé de Carthage, de ton sable brûlant mes chrysanthèmes rouges écarlates. Dans le charbon de tes yeux, se mire le diamant de l'astre solaire. Nuit et jour, tu es absente à mes jeux charnels. Mais nos corps de Channel se réunissent chaque nuit de cannelle au creux lové du corps astral de l'univers. Ta patience prospère sur la mienne. Ton désir et le miens s'exaspèrent en miaulements de miel et d'épices. Je sens le curry et toi l'agnelle sacrifiée à mes désirs. Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleuves arctiques (elles n'existent pas.). Pas encore sur nos corps. Pas encore affleurant les rives de nos sensations extatiques. Se pourrait-il que dans un an, Ramadan prenne fin pour nous deux? Que nous fêtions nos noces dans un lit de satin? Que tout devienne clair quand tout était condamné à l'obscur? Que tes mains joignent les miennes dans l'allégresse de nos deux âmes réunies! Toi et Moi pour un Nous Majesté.

 

Et les larmes blanches de mon corps, bouillantes - ô douceurs, ô brûlures! - et ta voix féminine arrivée au fond de mon volcan et de tes grottes arctiques. Extases solitaires enfin partagées à deux!

Le pavillon... et notre enfant unique pour notre Amour, unique et poétique.

 

 

 

17:18 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.