08/11/2010

Religions: du sentiment prioritaire de pureté à celui de respectabilité commune

 

Le rejet de l'islam rigoriste, et de son extrémisme religieux, voir son terrorisme intellectuel ou réel, par nos sociétés modernes et démocratiques, démontre que nos religions, et pas seulement l'islam, doivent se distancer à la fois des exigences trop fondamentales de la source religieuse originelle et des fauteurs de troubles qui renient Dieu et Ses commandements..

S'il est évident que défendre sa Foi sur le terrain du monde est non seulement légitime mais vivement conseillé à tout croyant qui se respecte et respecte Dieu, il en va tout autrement de l'exigence de haïr son prochain et d'avoir de l'animosité déclarée ou non déclarée envers celle et celui qui se comporte mal dans la vie et ne croit pas en Dieu.

Notre modernité, notre monde global, exige de nous tous, croyants, une attitude toute nouvelle que j'habillerais volontiers d'un mot français onctueux issu de l'agriculture de la vie, sorte de labour spirituel intense qui épargnerait à jamais l'être humain de tout fanatisme religieux ainsi que de son lavage de cerveau profitant au crime et à l'embrigadement forcé, sorte de fascisme religieux que le monde de Dieu connaît hélas depuis trop longtemps déjà. Labour qui permettrait ensuite de poser tout en douceur les semailles de Dieu dans les coeurs mécréants tout en permettant aux croyants de se régénérer quand ils commettent des fautes envers Dieu et ne point culpabiliser pour la haine ressentie et qui pourrait alors les envahir si par malheur ils s'en tenaient aux paroles trop intégristes des gourous religieux..

Ce mot de nature et de vie, c'est tout simplement le mot « accouplement » qui permettrait une sorte d'union, d'osmose amoureuse spirituelle à distance avec la mécréance plutôt que le dédoublement schizophrénique haineux que certains islamistes ont développé en eux par le fait qu'ils vivent leur foi tout en vivant et subissant un monde dédié aux plaisirs, aux divertissements, aux perversions en tous genres.

Quand une terre « morte » est retournée, pour son bien-être, par le tracteur d'un paysan respectueux, elle est belle et bien maltraitée par l'objet de son labour. Mais en même temps que ce retournement, que ce tremblement des convictions bétonnée et fallacieuses, elle est régénérée, oxygénée, purifiée de son infertilité, et promise à des semailles donnant la vie à une végétation luxuriante. Tandis que cette même terre ingrate, hostile, capricieuse, voir morte comme le sable du désert, ne pourrait en aucun cas obtenir le miracle de la croyance en Dieu si en plus on y sème la haine, les bombes, le meurtre sans aucune distinction morale entre d'innocentes victimes qui n'ont jamais, ou mal reçus, les clefs des portes célestes et l'accès à la culture religieuse, et les grands manipulateurs d'autre part, les grands pervers mégalomaniaques combattant avec les armes de la mort tous les croyants de Dieu établis sur la Terre... Ces pervers sont à l'évidence peu nombreux à vivre dans notre monde contemporain.

Donc l'intelligence de Dieu nous convie, de manière authentique, à modifier quelque chose à nos comportements agressifs envers les athées, les gens de peu de foi, les irréductibles blasphémateurs de Dieu. Car Dieu seul connaît les coeurs parfaitement et Dieu seul peut juger des personnes qui n'ont pas la Foi ou qui l'ont perdue.

Par contre, nous avons bien entendu le devoir de distance devant les excès des débauchés, des infidèles à Dieu. Cette distance critique n'implique pas la haine. Elle montre juste que la limite du respect se doit de conserver pendant tout le temps qu'il faudra une marge confortable de rapprochement...et d'accouplement (le promis, la promise à Dieu) le jour où le mécréant demandera repentance et pardon à Dieu pour son égarement et son écartement des lois souveraines de Dieu.

« La Foi profonde est un vivier inépuisable d'activité ininterrompue, d'enthousiasme effréné et d'aptitude à endurer les difficultés et à faire face aux dangers, ou plutôt c'est un propulseur qui pousse à rencontrer la mort sans crainte, quand ce n'est la rencontre d'un amoureux passionné »

tiré du chap. VII « La force », L'éthique du Musulman, Mohammad Al Ghazali

...ou aussi, cela pourrait être l'exemple de deux vieux amis qui se sont oubliés depuis trop longtemps et qui soudain se rapprochent d'un seul coup génial pour former une oeuvre musicale d'anthologie 30 ans après leur séparation... Mais écoutons...religieusement.

Les commentaires sont fermés.