13/11/2010

Réponse à la justice (Bernard Rappaz et la Compagnie des Injustes)

 

Pour répondre à une amie dont je comprends infiniment la position par rapport au cas Rappaz, je vais essayer – avec des moyens qui ne reposent pas sur les actes réels du chanvrier qui l'ont emmené aujourd'hui dans une impasse et ont poussé la justice humaine à le condamner sévèrement – de parler au nom de toutes celles et tous ceux qui un jour ou l'autre se sentent trahis par la justice des hommes alors qu'ils ont bel et bien commis des écarts par rapport aux normes de la loi.

Nous vivons dans un pays ou les systèmes juridiques cantonaux sont indépendants les uns des autres. Nous avons l'impression de vivre sous le même régime et le même état. Pourtant, la décentralisation permise de notre Etat confédéral permet à chaque canton de juger de manière libre et indépendante, avec bien entendu le droit de recours au Tribunal fédéral.

Dans l'affaire Rappaz, il y a une sorte d'acharnement de l'Etat du Valais contre un homme qui ne se soumet pas à son système de l'autorité. Comme pour d'autres citoyens médiatisés, Rappaz n'appartient plus à Rappaz. Il est devenu la source d'enjeux politiques, éthiques, voir économiques ( le chanvre, plantes aux vertus thérapeutiques, plante écologique aussi, est en plus, comme les médicaments pris hors contrôle, dangereux et rentre dans la catégorie des narcotiques suivant le degré de sa toxicité). On attaque cet homme parce qu'il a produit et vendu du cannabis. Certes. Cela peut produire des ravages chez les humains si l'on consomme à haute dose ce genre de produit. Hors, le tabac a fait des millions et des millions de morts. On laisse la liberté aux gens d'en consommer encore et toujours. De même pour l'abus d'alcool qui à mener des millions et des millions de gens à la dérive provisoire ou définitives. Qui n'a jamais prit de cuites? Et qui n'a jamais commis de dérives morales sous l'effet de l'alcool ou d'autres euphorisants?

L'islam interdit la consommation d'alcool. Ce n'est pas pour rien que cet interdit à été révélé. A l'époque du Prophète, les arabes étaient souvent débauchés et aux prises à l'ébriété quasi quotidienne. Dieu, par Muhammad, a voulu que les hommes retrouvent leur dignité, leur honneur, leur morale.

Nous vivons au XXIème siècle. La démocratie se veut être un régime du « juste milieu » mettant sur la balance les intérêts privés et les intérêts collectifs de la communauté. Hors voilà qu'un homme se fait la figure emblématique de la libération du cannabis car il trouve injuste que le tabac et l'alcool soient autorisés alors que la marijuana ne l'est pas. Il trouve cette justification dans le fait que beaucoup de gens consomment ce narcotique « doux » et que presque la totalité de la population a un jour ou l'autre, dans sa jeunesse, tiré sur un joint lors d'une fête entre amis. C'est donc presque un produit qui fait partie de la tradition humaine occidentale et des rites de passage à l'âge adulte.

On peut, bien sûr, s'opposer comme le peuple suisse, à la libéralisation du cannabis et rester dans l'hypocrisie actuelle qui fait que la consommation de cette drogue est autorisée alors que sa production reste interdite. On peut aussi penser que Bernard Rappaz livre un « juste » combat en rapport à la réalité du terrain et de la vie des gens. La pâte humaine subissant les affres des ténèbres avant de reconnaître la Lumière de Dieu, on pourrait donc se montrer tolérants avec cette drogue dite mineure. Il vaut en effet mieux un fumeur de haschich poète et inoffensif qu'un voyou nourri au bling-bling qui fait un casse et commet un brigandage sur une personne pour obtenir une richesse matérielle.

Hors notre société vente le bling-bling partout. A la télévision, dans les journaux, dans la vie quotidienne. Un Président français en est même la figure emblématique. Le bling-bling est une sorte de drogue mentale qui a fait son apparition sur les cendres de la génération 68 qui s'est soit égarée dans l'attitude bobo soit dans l'attidude bling-bling, les premiers étant les partisans des années hippies ou même ex-hippies eux-mêmes; les seconds étant leurs adversaires de cette époque, adversaires acharnés s'en tenant à l'attitude gaulienne du Général.

La pause bling-bling d'un Président Sarkosy ou Berlusconi et de tous leurs suiveurs est-elle suffisamment éthique pour s'opposer aussi sévèrement à l'attitude attardée et anarchique d'un Bernard Rappaz? En fait, c'est là où je veux en venir. Peut-on se permettre d'être aussi dur avec cet homme alors que notre société a vécu le crash boursier et le sauvetage de ses banquiers, fumeurs de havanes et profanateurs de la bonne conduite économique? Ospel en liberté. Rappaz se condamnant à mort par la rigidité des hommes de loi lui opposant un veto définitif à son anarchisme contemporain. Rappaz pour la vie et la liberté des attitudes chéguevariennes ou marleyennes se voit condamner au bûcher des sorciers sur l'hôtel des faiseurs de vérités, de morale propre en ordre, d'oppresseurs qui profitent tous, d'une façon ou d'une autre, de la criminalité économique pour faire progresser encore leurs profits ou leurs acquisitions de biens. Nous-mêmes, simples citoyens, savons qu'en achetant nos habits très bons marchés, voir même luxueux, nous opprimons indirectement des ouvrières, des ouvriers, des enfants qui n'ont pas le minimum pour vivre décemment!

Je comprends l'arrière-fond du combat de Bernard Rappaz. Je ne comprends pas son attitude bornée qui devrait être une attitude de père en ces moments critiques pour lui. C'est pour cela que je tente la « voie du milieu » dans cette affaire tragique pour tout notre pays.

Chère Zakia, j'espère que tu auras compris que je n'aime pas plus que toi le cannabis et que je lne e défends pas en soi. Par contre, je défends une certaine logique libérale afin que sur le plateau de la balance la justice divine soit rendue à cet homme, Bernard Rappaz, de façon la plus réellement démocratique. C'est ainsi que Dieu peut agir le mieux sur nous les êtres humains en toute impartialité et en Son amour infini.

A nous, les humains, de donner une tournure moins dramatique au cas Bernard Rappaz. Il est encore en vie. Il est encore temps.

 

 

Commentaires

Superbe!
Merci zakia.

Écrit par : Cristal Gagnante | 13/11/2010

Cher Ali un grand merci pour la peine que tu t'ai donnée pour m'éclairer sur Bernard Rappaz. Je comprends mieux maintenant sa façon de voir les choses. Au fait, ma position initiale n'avait rien à voir avec la prise du cannabis ou sa production (pour moi, l'alcool et les drogues sont pires et plus dévastateurs) mais plutôt en raison de ce qu'on peut lire dans ce passage que j'ai trouvé dans le lien que j'ai mis sur mon premier message :

"Accusé et condamné pour ...gestion déloyale aggravée, blanchiment d'argent, violation grave des règles de la circulation routière... et violation de diverses lois d'assurance sociale..."

Je suis contre tout ce qui peut nuire à autrui mais je me fiche de ce que font les gens dans leur vie privée. Leurs excès leur appartiennent et Seul Dieu peut les juger (accessoirement leurs proches, qui peuvent en souffrir directement ou indirectement!).

Que Mr. Rappaz trouve injuste sa condamnation pour la production du chanvre et la consommation du cannabis alors que les producteurs d'alcool et des cigarettes, qui eux, sont responsables de millions de victimes, ne soient aucunement inquiétés, cela je le comprends mieux maintenant. Encore merci à toi. Reste quand même les accusations citées ci-dessus, qui sont assez graves si elles sont vraies. Bref, c'est une chose de le soutenir dans son combat pour la dépénalisation du cannabis (pour arrêter une hypocrisie généralisée!), mais ce soutien ne doit pas essayer de la blanchir des accusations dont il fait les frais, si encore une fois, elles s'avèrent réelles.

Très bon week-end à toi et encore merci pour tout!

Écrit par : zakia | 13/11/2010

Chère Zakia, Bernard Rappaz a commis pas mal d'infractions à la loi. Cela est dû en partie à sa gestion bordélique des affaires. Certains le trouvent sympathique et touchant. D'autres le détestent et le trouve antipathique, filou, non respectueux des codes de la vie en communauté. Cet homme a bien des défauts. Mais une de ses qualités essentielles est sa résistance au politiquement correct, résistance qui l'a amené à l'impasse actuelle.

Tu ne connais peut-être pas grand-chose du parcours de cet homme. C'est pourquoi tu as eu un jugement un peu simpliste de la situation. On peut aussi rester simple de pensée, sans orgueil et humble, quand on regarde la complexité de la situation pour cet homme et arriver à d'autres conclusions que celles du pouce dirigé vers la bas pour signifier la mort à cet homme dans les arènes de notre empire romain moderne.

Je te laisse à la réflexion d'un seul écrit de cet homme qui pourrait être l'écrit qui le reconnaît dans son rôle de père et d'être humain. Tu ne sais peut-être pas qu'il a perdu son fils âgé de 3 ans dans un accident de tracteur qu'il conduisait lui-même. Voici ses mots laissés lors d'un congrès sur les accidents de tracteur, très forts et très actuels:

"L'agriculteur chanvrier avait fait la une des journaux au début du mois d'avril 2004, suite au drame atroce qui avait coûté la vie à son fils Dorian, âgé de 3 ans, broyé par la machine accouplée au tracteur de son père.Bernard Rappaz relate encore une fois l'horrible accident pour inciter les gens à la prudence. « J'espère que la mort de mon enfant servira à quelque chose. » Il s'arrête, s'excuse. Il n'est pas sûr d'arriver au bout de son récit douloureux. Mais il poursuit courageusement: « Comme beaucoup de mes collègues, j'étais fier d'avoir mon fils avec moi. La première fois, je l'ai pris sur mes genoux, et puis, petit à petit, je lui ai laissé un peu plus de liberté, et puis ... »Et puis arrive ce jour maudit où le petit, « juché » sur le garde-boue gauche du tracteur, chute dans le girobroyeur du véhicule. Et c'est le drame avec son cortège de larmes, de culpabilité et de questions. Un an après, la douleur est toujours là, pesante, oppressante. Mais la vie tente de reprendre peu à peu le dessus: « Il le faut, surtout pour Vanessa ? 7 ans ? qui me tient la main ... »Et puis d'ajouter: « Mais mon année de deuil ne se terminera véritablement qu'à ma mort. » Malgré cette déchirure, Bernard Rappaz est là pour crier au respect de la vie: « Non, ni Vanessa ni aucun autre enfant ne remonteront sur un tracteur avec moi".

archives Le Matin 04.05.2005

Si la mort de Dorian pourrait servir cette fois à sauver son propre père, quel miracle de Dieu pour nous tous humains!

Voilà. Il faut lire et relire ce passage devant les gens, devant nous tous, Romands, et demander à celles et ceux qui le peuvent de sauver cet homme pendant qu'il est encore temps de le faire.

Écrit par : pachakmac | 13/11/2010

Pachakmac.
Euh... Je suis touchée par votre justesse de précisions ciblées... En effet...
Je viens de découvrir une force qui pourrait l' atteindre de par cette pensée: le juste milieu pourrait être la capacité de pouvoir sentir la mouvance du bonheur et du malheur sans pourtant s' envoler ou tomber.Je ressens cela.
Compassion, Recul ou tout simplement Le recueil de l' Humilité ?

Écrit par : Cristal Gagnante | 13/11/2010

Effectivement, cher ami, je ne connais pas grand chose de cet homme hormis ce qui j'ai entendu ou lu ici ou là, et j'admets que mes informations étaient lacunaires. Le drame qu'il a vécu est des plus terribles : perdre son enfant sous ses yeux! Je n'en avais jamais entendu parler. Je ne doute pas une seconde que cet homme doit énormément souffrir et ce qu'il vit augmente sa souffrance et sa détresse! Ma réaction vis à vis de lui n'avait rien à voir avec sa propre personne ni une quelconque animosité à son encontre! Si un de mes enfants, mon frère ou mon père commettaient des délits tels que ceux dont il est accusé (J'ose espérer que l'existence des preuves est obligatoire dans un état de droit!) je réagirais de la même manière! Je ne peux pas être d'accord avec quelqu'un qui violerait gravement les règles de circulations routières, surtout de la part d'une personne qui n'a plus 20 ans! Combien de personnes meurent sur les routes à cause de l'inconscience et de l'irresponsabilité des conducteurs?
Quant au blanchiment d'argent et violations de diverses lois d'assurance sociale, cela aussi est inacceptable de personne, car l'argent de l'état appartient à tous les citoyens. Voler c'est voler. Le jour du Jugement dernier, Dieu pourra lui pardonner toutes les choses mauvaises qu'il s'est faites à lui-même, mais pas ce qu'il a fait à ses prochains, si ces derniers ne lui pardonne pas! Il doit rendre de son vivant tous ce qui ne lui appartient pas! "Il faut rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu" Aimer un proche ou un prochain ne doit pas nous aveugler, ni nous empêcher de donner un bon conseil. Si je m'écarte du droit chemin tracé par Dieu, j'attendrai que mes proches et amis me conseillent, car au final, le bonheur suprême c'est d'accéder au Paradis! La vie ici-bas, n'est qu'épreuves bonnes ou mauvaises! Mr. Rappaz est en train d'en subir et j'espère qu'il a autour de lui des gens capables de le guider comme il se doit, car il est facile de se laisser aveugler par un combat (même juste!). Nos amis et proches ne nous seraient d'aucun secours dans l'au-delà, où on sera seul en face du Seigneur dont la Justice ne lèsera jamais personne!

J'espère que tu m'as comprises cette fois car je ne voudrai pas que tu gardes l'impression que je suis totalement insensible aux drames de cet homme!

Bien à toi.

Écrit par : zakia | 13/11/2010

corrigé : ne pardonnent
tout ce qui...

Écrit par : zakia | 13/11/2010

Merci de vos mots, Mesdames. Ce qui est triste, c'est que j'ai du chercher durant 10 minutes pour retrouver cette archive concernant Dorian et son père. Sur Wikipédia et la vie de Monsieur Rappaz, on n'y fait pas même mention de la mort tragique de l'enfant! Et sur les recherches Google, rien en premières pages sur la mort de cet enfant même avec "Accident de tracteur, fils Bernard Rappaz" ou "Mort du garçon de Bernard Rappaz"comme mots-clefs. Comme quoi, les enfants comptent parfois pour beurre dans l'actualité du monde...

très belle journée à vous deux.

Écrit par : pachakmac | 14/11/2010

Et bien, à la lecture des précisions concernant la perte du fils de Rappaz, c'est bien sa petite que je plains! Elle a déjà perdu son petit frère, la voilà en passe de perdre son père. Dramatique.

Écrit par : lucide | 14/11/2010

L'accusation contre Bernard Rappaz comporte des termes juridiques qui font augurer le pire, et nombreux sont ceux qui s'y sont laissé prendre. À ce sujet, lisez "MA GRÈVE DE LA FAIM" où il rétablit les choses, ce sont 2-3 pages sur internet.

Écrit par : hortensia | 14/11/2010

hortensia

Merci beaucoup pour votre conseil. Je viens d'y jeter un très rapide coup d'oeil (je vais le lire attentivement, un peu plus tard) et le peu que j'ai lu m'a profondément touché!

Merci encore une fois!

Écrit par : zakia | 14/11/2010

Voilà un cadeau pour vous, gens de bonne volonté ! :)

Lettre de Bernard Rappaz 1er juillet 2010

Hôpital Universitaire de Genève
- Quartier carcéral
- Bernard Rappaz
- Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
- 1211 GENEVE 14
- Coordination Suisse du Chanvre, Romande

Genève, le 1er juillet 2010

Chères Amis

Merci pour votre lettre, ma seule nourriture est l’injustice et la solidarité. Je vous comprends mais je ne peux accepter votre attitude et vos conseils. Vous arrivez comme Zorro ou un ange de la mort, alors que j’arrive enfin au bout de mon tunnel avec la liberté ou la mort.

Je demande compréhension et respect, c’est tout.

Cela fait 45 ans que je me bats pour différentes causes à la non-violence et aussi son arme la plus dangereuse ! La grève de la faim.

Personne ne peut me faire changer d’avis. Je suis content qu’enfin, quelqu’un de la C.S.C. me contacte !! Dans une ½ heure j’ai la visite de Fabrice de Genève.

Mourir n’est pas un problème pour moi, autrement je ferai pas ce 7ème jeûne de protestation en prison ! Les 6 derniers, j’ai gagné malgré les conseils de gens comme toi. La mort c’est aussi une merveilleuse expérience spirituelle, l’évasion et la liberté. Dans mon cas ce serait aussi une joie de quitter ce monde de fous et peut-être de voire mon petit Dorian.

Tu réagis comme François, vous ne connaissez rien au jeune, mais vous avez votre opinion et pensez que vous seuls avez raison. Oui, je prends des risques, oui je peux, maintenant, mourir chaque jour, oui seul moi décide ! OK ?

Il y a aussi la joie du militant du chanvre qui a réussi à 100% de porter ce combat juste derrière le barreaux, OK ? Mes croyances spirituelles m’appartiennent et m’aident beaucoup en ce moment.

Oui, je ne veux ni sucre, ni sel, ni vitamines, ni médocs et que l’on me laisse mourir si je pars en inconscience ! C’est le prix à payer. Ici les médecins le respecteront.

L’espoir existe toujours.

Hier la seule personne qui peut me sauver est venue dialoguer seule à seul, 2 heures avec moi. La valaisanne du département de la sécurité, Ester Weber Kalbermatten, une haut-Valaisanne qui a la tête aussi dure que moi !

Un guerrier qu’il soit violent ou non-violent, n’a pas peur de la mort, autrement on est pas un guerrier, c’est clair ?

Quand j’étais le pionnier du chanvre suisse, personne n’a cru cela possible, personne n’a osé me soutenir et pourtant je l’ai fait, OK ?

Quand j’ai voulu créer la C.S.C même François, j’ai du le convaincre et le pousser et la C.S.C a existé, et existe encore.

La Liberté du chanvre viendra un jour en Suisse et je fais ce que je peux. Il me restera mon livre que je veux éditer aussi en allemand. Ruth mérite notre respect à tous, car elle n’a pas peur de manifester seule s’il le faut !

Je m’en fout de mon égo et de devenir un mythe ou pas, cela n’a pas d’importance, seul le combat est important. Tu peux lire (traduire) ce message aux autres de la C.S.C. Boris me respecte et me fait pas chier avec des réfléchi : mange....ou autre connerie, Gandhi et Mandela n’ont pas arrêté leurs jeunes avant le succès. Déjà 600 jours de jeune dans ma vie !

P.S. Rester en paix, force et joie

Bernard

La liberté ou la mort (dans un état totalitaire gouverné par l’industrie multinationale qui interdit même des plantes offertes part Dieux pour la seule raison « le bénéfice ».)


http://www.encod.org/info/LETTRE-DE-BERNARD-RAPPAZ.html

Écrit par : fortezza | 21/11/2010

Merci de ce courrier, chère Fortezza. permettez, avec le respect que j'ai envers le guerrier Rappaz, que j'émette juste un doute sur la justesse du combat pour la libéralisation du chanvre. C'est vrai, on peut toujours rêver mourir pour une cause qui nous paraît essentielle. Encore faut-il que cette cause paraisse essentielle à beaucoup de gens. Quel soutien manifeste a-t-il obtenu de la population pour cette cause. Aucun! Même les fumeurs de joints ont en rien à foutre qu'il meurt! Ils ne se manifestent en tout cas pas car leur H, ils le trouvent de toute façon, illégalement, cela leur est bien égal, au final.

Si Bernard faisait la grève pour le sauvetage des enfants qui ne mangent pas à leur faim, qu'il mourrait pour cela, la majorité de notre population serait tous choqué par cette mort et ce combat à la manière d'un Edmond Kaiser. Là, je dirais que son combat aurait pris la dimension supérieure sur le combat pour la vie en faveur de sa famille et de ses propres enfants. Hors la lutte pour la libération du chanvre me paraît vraiment pas adapté à la dimension de la valeur du personnage Rappaz et de sa révolte radicale, surtout que des intérêts privés se mêlent à l'intérêt collectif.

Pour le reste, chapeau à la résistance de cet homme devant l'Etat. Il ose braver l'hostilité du monde. Bernard, je n'ai qu'une seule parole à te dire en ce moment très fragile pour toi: modifie la teneur de ton combat. Moins de THC dans ta lutte, plus de non-violence et de justice pour l'Humanité. Je te suivrai comme l'objecteur de conscience que je suis aussi et le guerrier quotidien que je reste malgré mon radicalisme moins visible et moins télévisuelle.

Écrit par : pachakmac | 22/11/2010

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