14/11/2010

Un retard météorologique

Venant comme le calme après la tempête, je pose un billet réservé au blog collectif qui arrive trop tard, ce matin, chez notre ami Haykel.

 

Météo, météore, météorite. Boum! Elle venait de lire le petit sms laissé sur le Samsung par son Roméo:

"Je te quitte. Oublie-moi. Tchaô."

Ce fut comme un cyclone dévastant tout son quotidien. A son boulot, on crut d'abord qu'elle avait fait nuit blanche sous une pleine lune tellement elle paraissait abrutie. D'autres assurèrent qu'elle semblait en totale dépression. Une collègue l'a trouva carrément "sous les Tropiques" avec son air brûlé d'après coup de soleil. "Vaporeuse comme la brume d'hiver s'insinuant sur le plateau des Franches-Montagnes" enrichit avec poésie un Jurassien pur souche qui dit par la suite que "Lothard avait du passé sa dernière nuit à scier le tronc de cette belle fille au lieu de s'occuper d'elle dans un plumard".

C'était un 26 décembre, comme un lendemain de Noël, abandonnée par son amant Roméo, elle venait de perdre la foi.

Elle était devenue pendant toute la sainte journée le phénomène météo principal de la boîte avec ses dérèglements climatiques, sa banquise reconstituée, son réchauffement remis à plus tard, sa tornade amoureuse transformée en noyade de naïade libertine post-moderne prise dans une coulée de boue en tenue bikini croyant pourtant au retour de son Roi Soleil régnant en maître sur la chaleur écrasante de son Sahara. D'ailleurs son Roméo l'avait surnommée "Sahara mon Amour" à cause de la chaleur qu'elle transmettait à tous les hommes quand elle déambulait en petites tenues vestimentaires, dans les rues passantes et sur les lieux de son travail.

En fait, son Roméo venait de la quitter car il ne supportait plus ni les éruptions volcaniques qu'elle provoquait de temps en temps sur son passage parmi les hommes, ni les coulées de lave et les nuées ardentes qu'il soupçonnait s'étendre comme le diable en ébulition sur son corps de midinette, et cela depuis un certain temps déjà. Il avait eu confirmation de ses soupçons, il y a un mois ,d'un ami qu'il surnomma dès ce jour "Tsunami", que sa copine le trompait avec une sorte de garçon faisant tomber les filles sur un coup de tabac dans le corps et d'un coup de foudre dans les yeux. L'indic ne faisant pas la pluie et le beau temps, il chercha à en savoir plus et découvrit le pot au noir au passage d'un beau trimaran bien bronzé et sûr de lui qui venait chercher la belle Alizée à la boîte pour l'emmener naviguer en Mer des Orgasmes. Il fut tout secoué comme un cocotier pris dans un ouragan asiatique. Il plia mais ne broncha pas sur ses racines.

Alizée remarqua bien que ses collègues de travail médisaient sur elle durant cette maudite journée. Alors elle demanda une réunion collective d'urgence pour mettre les choses aux poings. Elle leur fit ce speech tenu à la façon d'une présentatrice de météo:

"Bulletin météo du 26 décembre 2010:

Une zone dépressionnaire s'est installée dans ma vie. L'anticyclone des Açores s'est barrée avec une pouffe qui provoquera des pluies torrentielles sur sa zone pas franche du tout. Il en découlera des innondations monstres saccageant très sûrement son camping-car de pacotille. Quand à moi, il faut me laisser le temps de me reconstruire. Je demande à tous mes amis l'aide en cas de catastrophe sentimentale. Que celles et ceux qui ont des tentes festives et du matériel de premières nécessités s'activent pour nourrir mon petit coeur tout âbimé. Téléphoner ce soir, hors des heures de bureau, à ma ligne de coeur et faites tous  et toutes promesse de don de soi.

C'était le bulletin météo du jour présentée par Alizée, votre stagiaire préférée. Maintenant au boulot et que l'on ne reparle plus de moi. Le soleil brille très fort malgré qu'on se les gèle. La pluie peut aller se faire foutre".

Voilà, cher Haykel. Encore une photo repêchée parmi les cendres d'un volcan indonésien, et je te quitte déjà. Très belle journée à toi.

P.S. Excuse-moi pour le retard pris dans la météo du jour:). Aux lectrices et lecteurs, voici la version modifiée du premier jet de pluie tombée en quelques minutes sous l'impulsion de ce cher Haykel. je n'avais pas le temps de retenir mon nuage plus longtemps car le soleil devait retrouvé vite sa place parmi les rêves d'Alizée.

 

 

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