15/11/2010

La Femme de l'Autre

 

Elle s'était inventée de drôles d'histoires d'amour

suite à ses nuits de déroute

qui la virent trahir en chemin

sa plus grandiose histoire d'amour.

 

Elle prenait la pose amoureuse facile

et se donnait aux corps glabres, muse oubliée,

oublieuse de fidélité et docile à l'aventure,

s'éblouissant aux bras d'obscures jeunesses nocturnes.

 

Elle était encore belle.

D'une beauté flétrie de douleurs odorantes.

Elle aimait la chaleur de l'amour, l'osmose,

les corps en bataille et haletants de plaisir.

 

Elle était toujours belle.

Mais son cerveau se racontait des fariboles.

Elle s'inventait de fausses histoires de folle

sur les nouvelles étoiles de son peintre mort.

 

Elle voulait être la seule à l'avoir aimer.

Elle voulait aussi rester l'amoureuse criminelle

à l'avoir poignardé au coeur

par volonté de garder en elles

toutes les toiles colorées d'amours interdits.

 

L'épopée orgiaque, opulente, se nourrissant de chair grandiose,

où son peintre s'enfiévrait sans relâche à sa chair vibrante

et transformait, passionné, son corps ardent

en art de la jouissance, avait vécu.

 

Elle était devenue peu à peu la femme de l'Autre

par pur goût de la transgression libertine,

une exilée d'amour brûlée au contact électrique de son peintre.

Une femme au crime insondable et inconsolable

qui cachait sa souffrance par de longs cris de petite mort

et les plaisirs extrêmes qu'elle offrait à son furieux libertinage.

 

Elle avait appris que son peintre en mouvement

avait découvert de nouvelles muses émouvantes

et que pour elles il avait fait d'étranges choses

en s'abonnant chèrement à leurs solitudes de luxe.

Alors elle se racontait d'étranges fariboles

pour ne pas perdre le fil de sa grande croyance symbolique.

 

Jadis, elle avait promis l'alliance éternelle

à son beau coloriste libertin.

Mais quand le peintre devint fou de sa liberté

et qu'il se mit à cochonner ses toiles,

elle n'avait pas su lui dire à temps:

 

"O mon peintre d'amour,

pourquoi de ton pinceau

tu t'es fait peu à peu pourceau

en me transformant en libertine publique

tandis que tu recherchais notre amour?"

 

Comme elle n'avait pas su le lui dire et mettre un terme

aux oeuvres maléfiques proposées par Satan,

ce fut la blessure narcissique et

le grand bordel final où les délires profonds

saccageaient le nid de leurs existences.

De leur fenêtre du chaos, elle rejeta violemment son peintre.

Tous deux ivres de jalousie et vomissant leur haine mutuelle,

elle se réfugia immédiatement dans les bras d'un gentilhomme

tandis que son peintre prit la pose dramatique d'un SDF.

 

Que l'on pouvait aussi traduire par un "Sans Demoiselle Fixe".

 

C'est ainsi qu'elle devint exclusivement la Femme de l'Autre.

Et que lui la rechercha durant quelques années moroses

entre les bras dociles des filles mutines de salons trop roses.

 

Quand, par miracle du Ciel, son peintre devint

un jour l'Homme de l'Autre,

elle se rendit compte qu'elle avait égaré fraîcheur et jeunesse

et préféré s'enfermer dans un lit de certitudes populistes

plutôt que continuer à explorer sa propre liberté de femme

en gardant et respectant l'amour pour son peintre pécheur.

 

Il avait fallu ce crime de coeur offert à Dieu.

Un mouton noir dans la peau d'un pécheur avait été sacrifié.

Une muse fatale à l'arme blanche l'avait égorgé.

Dieu approuva le crime matrimoniale

mais Il sauva et la femme et l'homme de l'issue fatale.

 

Ainsi peut aussi se faire comprendre la Foi

et la Soumission à un Dieu d'Amour.

 

 

 

16:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Beauté humble, fragile et verte de bonté, c' est un conte à raconter devant toute vulnérabilité. J' adore, merci! Pachaksmac adoré.

Écrit par : Cristal Gagnante | 15/11/2010

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