21/11/2010

Le Mongol fier de lui

 

Il était né sur des terres inhospitalières, en des lieux où les bassesses humaines étaient à la hauteur de l'orgueil déployé par des populations de plus en plus aptes à porter en elles les fruits amers de Satan. Le Mongol avait lui-même commis de graves manquements à sa vie, à sa famille, à ses amis. Emporté par les forts courants marins médiatiques, il s'était noyé corps et âmes par un jour de pleine lune.

Dans les profondeurs noires de l'océan, il y rencontra une belle sirène qui voulait se faire reconnaître des humains. Elle l'aida à reprendre son oxygène et à remonter à la surface afin qu'elle-même puisse s'échapper des abysses et qu'elle abandonne à Neptune sa jolie queue de poisson car elle voulait conquérir le Royaume des people dont elle rêvait depuis fort longtemps. Ils échouèrent tous deux dans leur mission. Leur émission offerte au public, sans sponsors ni marketing, ne faisait point d'audience ni recette. Ils étaient juste de petits poissons originaux dont les requins empêchaient, par leur taille et leur appétit, de faire illusion sur le petit écran en couleur.

Leur histoire finit forcément en queue de poisson. La sirène repartit dans ses profondeurs obscures afin de tenter, par sa voix d'ange rebelle et son beau corps charnel, d'autres Ulysse attaché à leur poteau des supplices. Quant au Mongol, sa tête sembla enfler si bien que certaines gens le prirent pour une montgolfière. C'est depuis ce jour-là, qu'on l'appela parmi les âmes sarcastiques de la Blogosphère, Mongol le Fier.

Il n'était pourtant pas si différent qu'avant. Il avait juste visé la justesse du Ciel plutôt que les failles de l'Enfer. Et il restait là, debout, sur le chemin du juste milieu pris entre les contingences terrestres et ses aspirations divines. Un être parfois inspiré, parfois désespéré; un être tantôt dans sa bulle atmosphérique, tantôt dans sa bulle périphérique à la conquête de sa nouvelle épouse qui cherchait la perfection nuptiale et non la dérive dans les zones rouges et légères des filles.

Cela demandait au Mongol beaucoup de courage et de sacrifices vu son passé olé olé. Il n'était même pas bien sûr de pouvoir vraiment devenir pour elle et l'amour qu'elle lui vouait un être plus proche de la perfection humaine. Il doutait sans cesse de ses capacités à devenir meilleur. Il doutait aussi de pouvoir enfin devenir un mari exemplaire pour la plus belle des épouses promises. Mais il s'était fixé ce but à atteindre que d'autres réprouvaient avec beaucoup d'énergie négative. Il cherchait une lumière plus intense, moins artificielle que la lumière des spots publicitaires et des soirées caviardeuses où tout le monde finissait par devenir semblable à tout le monde par des discours convenus et humainement très corrects. Il cherchait à savoir pourquoi Dieu pouvait être aussi sévère avec l'homme et la femme alors qu'il était l'Amour. Pourquoi Adam et Eve avaient, ensemble, apporté le péché sur Terre et contaminé les humains grâce à Satan, le seul Ange rebelle de la création qui ne s'était pas prosterné devant la création terrestre la plus parfaite de Dieu: l'être humain.

En fait, l'être humain avait en ces temps-là relégué Dieu au dernier rang de ses préoccupations. Il l'avait même déclaré mort. Alors, évidemment, Si Dieu avait donné la grâce à l'être humain d'exister, il était difficile à son génie créateur d'accepter que l'homme se révolta contre Ses exigences et qu'il préféra Satan le désobéissant, le seul ange qui ne se prosterna pas devant l'Humanité.

Se dirigeant sur de fausses pistes, beaucoup d'hommes ricanaient et s'enfonçaient chaque jour davantage dans une sorte de complicité avec le diable. Le Mongol avait connu cela. Il savait qu'on ne quittait pas ces routes-là facilement car tous les cerveaux sont faits et construits pour se souvenir du passé, de tout le passé. Il savait aussi que seul l'humilité de sa situation humaine, l'acceptation de son sort, pourrait le mener sur le droit chemin. Il savait même que son épouse pourrait le rejeter s'il ne se montrait pas à la hauteur de son amour. Le Mongol fier n'était en fait pas si fier ni si Mongol que cela. Il était un homme en pénitence qui cherchait l'inspiration divine afin de la transmettre aux humains. Il avançait sans se retourner ni se détourner. Il ne savait pas si sa femme le suivrait dans le futur et son destin et s'il serait lui-même fidèle à Dieu. Il savait simplement qu'il devrait encore beaucoup progresser en son coeur et en son âme pour atteindre la porte du paradis et oser se présenter devant Dieu le coeur léger et l'âme purifiée.

Et s'il échouait dans sa mission malgré tout, c'est que lui-même n'aurait alors pas eu la sagesse suffisante pour rester les pieds bien posés sur la Terre en vivant et partageant avec ses soeurs et ses frères ses sentiments humains. Et s'il finissait quand même en enfer, c'est que le tentateur lui aurait alors fait perdre tout espoir de Rédemption. Souffrir en enfer ou souffrir sur Terre pour le paradis, il faut choisir son chemin. Le bonheur appartient aux âmes innocentes. Le malheur tombe sur les coupables de perversion.

 

12:11 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

Mongol? arabe (oui) en Suisse (de fait), mais fier de quoi?

rien ici sur la Chine en Tibet en Birmanie

si tourner dans une roue est un sport,
cela n'est que le sport de tout ces parasites agglutinés
là où de quoi se nourrir se trouve

Écrit par : na...ya | 21/11/2010

Vous, c'est plutôt le mongolien fier de lui...

Écrit par : Géo | 21/11/2010

Se reconnaître au sein du sein côté coeur est déjà la une des faits du soin de prendre son allure en tant que démarche humanitaire douée d' une unité simple et pure.

PS: Bonne soirée Nature - Mère ! Je me suis perdue en elle !
Alors si quelqu' un peut m' éclairer sur ce que je viens d' écrire, ce serait sympa, merci.

Bonne soirée à tous et surtout à PKM qui brille en ce billet.

Écrit par : Cristal Gagnante | 21/11/2010

Quel joli texte! Je me demande cher frère si tu n'as pas raté ta vocation d'écrivain et de poète! Que Dieu te bénisse et te comble de Ses bienfaits et merci beaucoup pour tes magnifiques billets!

Bien à toi.

Écrit par : zakia | 21/11/2010

Bonsoir à tous et à toutes. Aux insultes répondent les commentaires les plus humains. J'ai passé l'après-midi avec deux de mes filles. Mon plus beau cadeau de l'existence est d'avoir des enfants qui m'aiment et me le montrent malgré leur vie parfois difficile et leurs amours un peu déréglés allant à l'encontre de leur désir d'aimer un seul homme, un vrai, qui assume et qui leur est fidèle. L'amour, il ne sert à rien d'en parler si sur le terrain de la vie les actes ne suivent pas les mots.

Chère Zakia, on ne rate que ce que n'ont jamais recherché. C'est vrai qu'il eût été plus facile d'avoir succès et reconnaissance immédiate. Mais alors je ne pourrais pas parler du vécu tel que je l'ai connu. J'aurais fait d'autres rencontres, eut d'autres priorités. On ne sait pas. Le destin, j'y crois. Hors Dieu a voulu que je n'obtienne pas la notoriété afin que je vive les épreuves mais aussi les passions que j'ai vécues tout au long de ma route. C'est ainsi. Je n'en veux ni à Dieu ni aux hommes. J'ai mon originalité et ma générosité qui permettent à mes lectrices et lecteurs de me lire gratuitement et d'y puiser pour leur vie ce qu'ils y veulent. C'est un don de Dieu formidable que de se dire que nos mots peuvent toucher des inconnus, que nos sentiments sont aussi des sentiments que l'on peut partager avec des étrangers, des personnes que l'on ne rencontrera sans doute jamais dans la réalité.

Le blog est un outil qui permet certainement d'être plus lu que beaucoup d'écrivains qui s'évertuent à publier...puis à passer au pilon. Et c'est aussi un acte écologique. Plus que le quart de millions de pages originales vues par son public sur un an grâce à l'écran, c'est déjà pas si mal pour un inconnu qui n'a pas ses entrées dans les librairies romandes...et cela économise pas mal de papier et épargne au moins un arbre. Un arbre de sauvé, et la forêt est repeuplée, prête à protéger les animaux et les plantes ainsi qu'à apporter bonheur et oxygène aux humains.

Et cela sans publicité de personne...

Très belle nuit de givre nocturne à toute et à tous.

Écrit par : pachakmac | 22/11/2010

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