17/01/2011

Au ras des Jasmins, le gouvernement transitoire tunisien

 

On pouvait en espérer monts et merveilles et des jasmins qui convolent en toute pureté avec la révolution devant le palais royal de Carthage.

Ce sera pour plus tard. Sans doute plus tard. Quand les Tunisiens pourront enfin dire et écrire leurs mots dans les urnes nationales.

La Tunisie ce soir a un nouveau gouvernement, un mini-gang Ben Ali s'est reformé, qui n'a pas encore reconstruit une nouvelle grande famille mais qui constitue le nouveau mur à franchir, comme une 2ème vague d'un tsunami dévastateur qu'il faudra vaincre coûte que coûte si les Tunisiens, et le monde arabe dans son entier et à sa suite, ne veut pas sombrer pour une nouvelle période de 20 ans sous la dictature de quelques personnages peu ragoûtants.

Pendant ce temps, à Genève, la Grande Famille tente de percer les coffres pour virer les avoirs volés vers d'autres cieux. En matière d'argent, c'est fou ce que cette Famille a comme attaches personnelles. En matière de solidarité avec son peuple, c'est dingue comme le monde entier a su faire de belles courbettes à ses jeunes voyous, presque sans formation, sans doute aussi beaux que des fers à repasser et des brushing plissés sous le vent, very hype society and clubber comme en dit en langage Hiltonien, de Paris bien entendu. Mais ne mélangeons pas les torchons de la Jet tunisienne avec les chaussettes sales de la grande artiste fréquentée des médias du monde entier, dont notre presse nationale qui en fait ses choux gras depuis tant et tant d'années. Bien qu'ils ont dû se fréquenter à certaines occasions very nice, les bad boys tunisiens et la bad girl de l'empire hôtelier n'ont strictement rien à fricoter ensemble à part....pour le business et éventuellement la fesse si plus et affinités.

Nous n'en dirons pas plus. Mais nous en penserons pas moins. Car les échappés du fisc, les rescapés de Rastapopoulos voguant sur le Shézéarade, les fils et filles de dictateurs et de milliardaires se rencontrent et se fréquentent en bonne intelligence de moeurs. Mais ce soir, c'est le clan des Ben Ali qui est chassé par la meute des vertueux. Un gros gibier familial, une sorte de famille de sangliers avec ses neveux et nièces marcassins qui ont trop piétiné et labouré le couscous du peuple. Les autres, tous les autres animaux sauvages de la tribu courent encore en toute liberté, en toute impunité, et même sous l'admiration de tant d'admirateurs qui aimeraient être aussi dans leurs petits souliers, ou au moins dans leurs petits papiers et inscrits sur les cartons d'invitation des soirées.

C'est aussi cela notre monde moderne. Et il ne faudrait pas l'oublier au moment de partir à la chasse à cour de la famille Ben Ali et de sa reine Leïla. Les Ben Ali sont des voyous de grand chemin. Mais autant et pas plus que tous les grands évadés fiscaux et les profiteurs cyniques définitivement hors du cercle démocratique. Ils sont nombreux, très nombreux, et très puissants. Tandis que la démocratie tire en bloc sur une seule famille, les autres dorment et s'amusent tranquilles sur la planète Terre.

A quand la prochaine chasse à cour populaire et comment s'appellera la Grande Famille?

A vous, peuples du monde, d'écrire l'histoire et l'avenir de la démocratie.

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