21/01/2011

La Suisse empressée entrave l'économie "propre" tunisienne!

 

Geler les avoirs des familles Ben Ali, Trabelsi, et affiliées. Il fallait le faire. Encore que. Il aurait fallu vérifier avec le plus grand tact ceux qui méritent la liste noire et ceux qui ne la méritent pas.

La Confédération a agi dans la précipitation. En bloquant large, elle a blessé des personnes et des entreprises qui ne sont pas impliquées dans le business mafieux de l'ex-président.

Agir vite et bien, cela aurait été possible. Mais qui a donné les numéros de compte à la Confédération suisse si ce n'est nos banques qui sont encore soumis au secret bancaire? Et qui, dans nos banques, a vérifié si telle ou telle personne était affiliée à la « couscous connexion » des Ben Ali? Il semblerait qu'en réalité la quasi totalité des entreprises tunisiennes traitant avec nos banques installées en Suisse soient tombées sous le couperet du gel des avoirs tunisiens.

Où quand la Suisse officielle généralise sa propre opinion courante sur les pays arabes, soit toute personne commerçante au Maghreb serait donc soupçonnée d'avoir des liens solides avec un système corrompu... Chassez la xénophobie de vos esprits, elle reviendra au galop. Avant, on savait, mais on faisait avec. Maintenant, on sait, mais on se dit que tous étaient coupables, tous étaient des corrompus, tous n'avaient aucune manière honnête, efficace, éthique, d'agir dans la direction de leur entreprise. La Suisse officielle est devenue désespérante. A force de soupçons, de manichéisme politique mené par un parti xénophobe toujours plus fort qui voit en tout étranger, surtout d'origine musulmane, un potentiel profiteur du système, un magouilleur à la petite semaine, ou un bandit de grands chemins, la Suisse se déshonore alors qu'elle voulait montrer sa volonté de fermer le robinet à la clique des Ben Ali.

Il est temps que la Suisse cesse d'être maladroite et qu'elle réapprenne à d'abord chercher la vérité avant de bloquer des personnes, des comptes, des affaires commerciales qui n'ont certainement pas besoin, en cette période difficile pour la Tunisie, de se voir en plus embêtées par des entraves extérieures.

Aujourd'hui, c'est la Tunisie, ses citoyennes et citoyens, qui donnent la leçon à la Suisse. Et pas l'inverse. Il faudrait peut-être que nos autorités et nos banques réalisent cela...

Au passage, 400 membres de la famille Ben Ali Trabelsi ont trouvé refuge en Arabie Saoudite. La Suisse serait fort inspirée d'interdire aux dignitaires milliardaires de ce pays qui pratiquent la Charia de façon pure et dure de leur interdire désormais le territoire helvétique, en particulier le canton de Genève devrait intervenir auprès de la Confédération en faveur d'une interdiction de territoire. Mais comme quelques commerces réputés de la place genevoise trafiquent honorablement en se bouchant le nez avec ses corrompus de là-bas, on pourrait aussi avertir nos braves commerçants que le peuple suisse peut vivre avec du pain et de l'eau mais plus avec les Princes du Golfe. La suite logique a la Révolution de Jasmin si l'on veut enfin faire tomber toutes les dictatures dans le monde musulman.

Grande utopie quand tu nous tiens...

16:16 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Re-salam cher ami,

Avant d'oublier, je t'envoie ce lien sur l'histoire tragique d'une jeune femme
http://fr.tv.yahoo.com/110120/24/5rype.html

J'ai de la peine à croire que la Suisse ait manqué à ce point de discernement. Ce serai vraiment grave surtout en ce moment où le pays n'a vraiment pas besoin que son économie souffre. En tous les cas, c'est une affaire à suivre de très près. Les monde de la politique et de l'économie (dont celui des banques) ont leur propre logique qui ne s'embarrasse d'aucun scrupule.

Bien à toi

Écrit par : zakia | 21/01/2011

Salam alaykoum, Zakia. Merci pour le lien. La mort de cette jeune fille me trouble d'autant que dans mes années folles, Cora étaient une sorte d'héroïne littéraire débauchée qui rêvait de Moïse et de l'Arche d'Alliance, essai littéraire écrit à la suite du suicide de mon meilleurs ami qui a provoqué chez moi une sorte d'exaltation spirituelle liée à la sexualité. Les écrits ont disparu, noyés dans les souvenirs de mon cerveau et les deux boutures littéraires que j'avais ébauchées. Je vais peut-être écrire un billet au sujet de Cora. Je ne sais pas encore. Cela dépend de mes capacités à accepter ce deuil du glamour extrême, des films X, et de mes souvenirs de dérives dans ce monde-là, brûlantes à l'extérieur, et terriblement destructrices de liens amoureux entre deux êtres qui s'aiment et se sont persuadés d'avoir trouvé à la fois le grand amour et la liberté de corps dans le même temps. Après expérience, je peux écrire ici que la fidélité ne vaut rien mais rien ne vaut la fidélité pour paraphraser Alain Souchon...et revenir aux commandements de Dieu.

Très belle journée à toi, chère Zakia.

Écrit par : pachakmac | 22/01/2011

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