21/01/2011

Les médias tunisiens font aussi leur Révolution de Jasmin

 

Ils écrivaient, la plume de l'ogre Ben Ali dans la main, les plus belles choses autour de la Sainte Famille. Ils avaient annoncé et suivi la naissance de l'enfant dieu du couple Ben Ali Travelsi, Mohamed, avec fastes, orgies de reportages et de photographies, toute soumission acceptée aux parents du nouveau-né.

Et ce sera un autre Mohamed, Mohamed Bouazizi qui deviendra le messie de Tunisie. Un messie grandeur Petit Poucet. Un messie sans nom, sans grade, sans valeur pour les médias, protégeant les siens, ses enfants, sa famille, la Tunisie, en vendant des fruits et légumes avec le sourire d'un jeune homme sain d'esprit et de corps. Jamais une mention de ce jeune homme, jamais une photo de lui dans les médias, alors que des centaines de milliers d'articles élogieux, de reportages télévisés, de photos de la Sainte Famille usurpatrice bourraient le crâne des Tunisiens durant 23 ans. La servitude d'un pays, d'un continent, d'une religion à la croyance laïque à la botte de régimes dictatoriaux tout-puissants pour chasser les islamistes, les sorcières spirituelles, comme on chassait jadis les vrais chrétiens sous les despotes du Ier millénaire de l'air chrétienne.

La première fois que nous verrons à l'image le jeune homme, que l'on parlera de lui, ce sera au moment où, tragiquement, il prendra feu et rendra son âme à Dieu.

Nous parlons de Renaissance, pas seulement populaire et démocratique mais aussi spirituelle. Nous parlons de filles, de fils de Kasserine et de toutes ces petites villes du centre de la Tunisie qui se sont révoltés et jetés contre les policiers de ce régime aux allures hitlériennes. Par le mépris, ils dominaient la majorité du peuple. Il fallait être du RCD ou alors crever vite, voir à petit feu en ne créant pas d'air autour de soi. Il fallait aussi un monstre cynique de type athée et communiste dans le sens « à moi le communisme et la communauté des biens », camouflant ses crimes par des opérations carritatives, pour abuser de tout un peuple pendant 23 ans. Il fallait un pervers soumis à l'argent et à une femme arriviste, des médias noyautés par ce maître illusionniste qui savaient avec quelle facilité la presse européenne se soumettait à la mode du people. Lui, il avait décidé que les médias de son pays ne parleraient pas des people mais du clan people, son propre clan, avec lui ou son épouse en première page et son portrait ou celui de son épouse en alternance quotidienne pour rappeler qui est le maître..

Ensemble, ils avaient vampirisé l'espace. Ensemble, ils avaient remplacé Dieu. Ensemble, ils avaient créé la religion du peuple, son opium, son abrutissement. Et les journalistes laïques n'avaient rien vu ou ne voulaient rien voir. Eux, voulaient juste chasser Dieu de la vie quotidienne des gens.

Dieu est revenu sous les traits d'un humain révolté. Et de cet humain révolté, le pays s'est soulevé. Demain, la démocratie laïque se rappellera qu'il aura fallu un miracle, une sorte de réalité surnaturelle pour réussir cette Révolution de Jasmin. Il faudra aussi que les médias ne crient plus au loup quand l'islam exige plus de moralité et de comportements citoyens.

Nous avons assisté à une Révolution des Lumières, populaire, pas du tout élitiste ni religieuse. Le peuple est la raison. Et la raison est le peuple. Son coeur vient de l'islam spirituel, de l'islam profond et vrai, libre et flamboyant.

Ils rêvaient tous d'être la Suisse des pays Arabes. Les Tunisiennes et Tunisiens ne subiront pas la contre-révolution dictatoriale ni la victoire de l'islamisme radical. Les Tunisiennes et Tunisiens ont ramassés les médias à Ben Ali. Les journalistes vont parler du peuple, désormais. Et comme en Suisse, la population vivra en paix et dans prospérité. Car telle est la Justice de Dieu quand un peuple, par son débat civique, recherche d'abord sincèrement le bien de tous et pour tous avant les égoïsmes individualistes.

 

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