01/02/2011

Hosni Moubarak: comme Louis XIV, il règne encore!

 

Incroyable ce sentiment de puissance et cette dignité royale de braver seul les millions d'Egyptiens qui désirent son départ immédiat à une époque où règne la démocratie et le droit des peuples à s'autodéterminer.

Hosni Moubarak a osé le défi. Il ne quittera pas le pouvoir. Sauf les pieds devant ou en prison si l'armée prend la défense du peuple et l'arrête. Ce soir, Hosni Moubarak a mis un peu plus le feu aux poudres. Il ne veut pas comprendre qu'il est conspué, honni, et désormais haï d'une majorité de la population égyptienne. Il continue à croire qu'il est l'homme de la situation, celui qui est chargé de diriger la transition vers la démocratie.

Mais les peuples, quand ils font leur révolution, ne veulent surtout pas que le roi s'en mêle. Au mieux, ils le placent en résidence surveillée. Au pire, il l'exécute.

Hosni Moubarak aimerait tant qu'on le reconnaissance encore et pour l'éternité. Il n'a pas compris qu'il est de fait déchu et condamné à l'exil, à la prison, ou à la mort. Il ne fuira pas comme Ben Ali. Il restera en digne monarque jusqu'au bout.

Ce soir, l'armée a d'un côté un pharaon en fin de course, et de l'autre un peuple qui ne cèdera pas. L'armée doit choisir. Le plus terrible serait qu'elle prenne faits et cause pour Pharaon contre le peuple. Avec l'influence des grandes puissances, on risque le pire. Hosni Moubarak met en danger son peuple. La nuit sera dangereuse et l'aube accouchera d'une population qui ne cédera jamais. En ce 1er février, on croyait le roi moribond, atteint de la gangrène populaire. Il s'est relevé tel le phénix dans le soleil. Louis XIV est mort un 1er septembre. Moubarak, même déclaré mort par la foule, reste plus vivant et plus fier de lui que jamais. Il faudra donc le destituer par la force ou voir le peuple mourir sous les canons de l'armée.

 

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ROSE D'AMOUR, JASMIN DE PURETE, JUILLET 2010,

VASE MAGIQUE DE MIDOUN

 

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