03/02/2011

100 jasmins offerts pour le Vendredi du Départ

 

100 jours pour changer l'Egypte. Impossible de faire plus vite. Impossible de ne pas accepter le changement. Impossible de laisser le chaos s'installer. Impossible pour le monde de vivre dans un trou noir égyptien.

Mais 100 jours où tout deviendrait enfin possible pour le peuple. 100 jours d'espérance où les forces vives du pays se mettraient en marche pour donner le ton et les couleurs de la nouvelle démocratie naissante.

Si j'étais Egyptien, j'aimerais dire non à Moubarak tout de suite en sachant pourtant que la réalité de la situation m'impose d'attendre trois petits mois pour voir naître des élections présidentielles et législatives. Trois mois, c'est plus court que le délai tunisien et plus court que les sept mois qui étaient initialement prévu. Trois mois, ce n'est rien dans l'échelle du temps de l'Histoire. Si j'étais Egyptien, résistant Place Tahrir contre le régime, je comprendrais à quel point l'Egypte c'était Moubarak et Moubarak c'était l'Egypte, surtout en observant mes adversaires et mes équipiers du jour qui ne seraient peut-être que des amis de circonstance mais des ennemis féroces pour la suite des opérations. Que si j'étais ce démocrate lucide qui attend l'avènement de la démocratie depuis si longtemps, je saurais d'instinct que tuer le père tyrannique de la nation laisserait un vide impossible à remplir dans l'immédiateté. Et alors, ce serait sans doute « La Terreur », comme en 1789, avec tous les révolutionnaires et contre-révolutionnaires qui s'espionneraient et s'invectiveraient, se trucidant parmi en condamnant d'anciens frères à la guillotine. Le mensonge et la délation seraient plus roi que le roi. Tout le monde se méfiant de tout le monde. Des charrettes de prisonniers politiques se dirigeant place Tahrir pour les exécutions du jour, un pouvoir terriblement instable remis sans cesse en question.

Non. Vraiment. Demain j'offre 100 jasmins au peuple égyptien pour qu'il enterre la hache de guerre et réalise la paix avec lui-même et avec son Président sur le départ. L'armée est garante d'élections libres et non truquée. Les réponses données hier en fin d'après-midi par son vice-président sont satisfaisantes pour le moment. Il est temps que l'opposition accepte les propositions du gouvernement transitoire actuel.

C'est la seule décision sage et intelligente pour l'Egypte et pour le monde.

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