02/03/2011

Porte de sortie ou de l'enfer pour Kadhafi?

 

C'est un pauvre travailleur sans emploi, de Tripoli, ou presque, qui ne gagne que 450 dinnars par mois au service de sa révolution qui dure depuis plus de 40 ans. Il n'est chef de rien, il n'est responsable de rien. C'est donc le peuple qui sera responsable de sa survie ou de sa mort.

Le pauvre travailleur sans titre possède un bunker sophistiqué qui pourrait être bombardé facilement. Tout le monde sait où se trouve le bunker tabou. Tout le monde veut le départ du pauvre travailleur qui a placé 100 milliards de dollars (monnaie non couverte) à son nom et au nom des membres de sa famille à l'étranger. Mais toute cette fortune appartient aux Libyens même si les enfants du pauvre travailleur sans ressources vivent dans le luxe extrême grâce à Allah et par le propre désir du peuple qui adore offrir tout le faste des cérémonies royales à cette famille magnifique alors qu'eux-mêmes ont si peu; et surtout n'obtiennent même pas le droit d'ouvrir leur bouche pour dire du mal du pauvre travailleur au service de la révolution verte. Car la torture et la mort guettent et veillent au grain de la folie révolutionnaire du pauvre travailleur.

Tout le monde sait où se trouve le bunker. Mais plane l'interdit d'atteindre un pauvre diable, un pauvre type, un pauvre travailleur sans le sous. Je crois que je vais verser une larme pour cet homme et faire l'aumône pour lui et sa famille mourant de faim et de soif. Les Américains, ces horribles, ont même les armes sophistiquées pour transpercer sans difficulté le bunker. Mais cela reste encore un terrible sacrilège moral international que de toucher au trou du boucher, ce pauvre travailleur à 450 dinnars qui tranche les corps de son peuple au sabre, au canon, et à la mitrailleuse avant de les brûler à l'essence. Ils sont par ailleurs bientôt un million sur la route de l'exode sans rien, sans eau, sans nourriture, sans toit. Car ils suivent tous l'exemple du pauvre travailleur révolutionnaire. C'est tout simplement biblique. Ils sont déjà plus de 6000 à être morts ces sept derniers jours pour le pauvre travailleur. Combien de blessés? Combien de torturés dans les prisons? Combien d'horreurs à venir? Les avions du pauvre travailleur sont sortis aujourd'hui. Ô bien timidement. Sans doute juste pour impressionner les foules avant la décision suprême des gros moyens, gaz et armes bactériologiques gracieusement vendue par l'Occident, l'Allemagne, sans doute, comme heureux pourvoyeur du travailleur devenu fossoyeur, ou autre pays civilisé d'Europe qui ont pensé bien faire en vendant ces armes si légères à l'âme humaine.

Après, enfin, ce sera la délivrance morale. On enverra les avions de l'U.S. Army. Seulement après. Mais avant cela, il faudra la caution morale et d'abord que le boucher gentil travailleur finisse impeccablement son travail de trompe-la-mort. Il faudra assez de preuves convaincantes du génocide en marche pour oser toucher à la toque du grand homme sans se faire passer pour d'horribles impérialistes qui ne s'intéressent qu'au pétrole. Noir c'est noir. Et les Libyens sont en premières lignes pour déguster la macabre danse du Grand Dictateur.

Palabres à l'ONU. Palabres à la Ligue arabe. Palabres à l'Otan. Le dictateur et sa grande famille sont encore fréquentables des journalistes. Jusqu'à ce que les médias soient noircis entièrement à force de fréquentations infernales. Car les Kadhafi sont les victimes d'un énorme complot fomenté par al-Quaïda, lié pour la bonne cause, à l'impérialisme occidental. Délirant mais on écoute et on reproduit le discours. Ce type est complètement givré comme ses avoirs en banque. Et pourtant, sur la banquise des médias, on l'entend toujours parler comme on entendrait Hitler en train d'envoyer les Juifs au crématoire tandis qu'il cause dans les salons feutrés avec les journalistes de la BBC. Il a au moins bel prestance le travailleur à 450 dinnars par mois. Il cause bien, même si son discours est archi nul et rempli de petites pilules bleues qui droguent son auditoire fidèle. Il amuse sa galerie de cires qui le lui rend bien. Il aimerait soudain crever les yeux du 1er Ministre britannique. On n'a tout de même pas entendu les hourra des femmes et des hommes à ses pieds. On lui pardonne pourtant volontiers ses aimables écarts de langage. On lui en veut tellement à travers la planète au pauvre travailleur de la terre. Et d'ailleurs, c'est un bon travailleur civilisé depuis le temps qu'il fréquente les temples des démocraties occidentale avec sa tente et ses chameaux.

Demain est un autre jour du Grand Guignol Kadhafi. Encore combien de morts pour cet homme et son clan? Encore combien de haine intercommunautaire à construire sur les décombres de sa manipulation et de sa démagogie?

C'est assez pour ce soir. Je vais me coucher. Que Dieu veille sur les âmes de bonne volonté.

 

22:54 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.