11/03/2011

« Révolution du 17 février » et fin de l'ultimatum

 

« La seule expérience journalistique des rédacteurs de Révolution du 17 février remonte à l’édition d’une gazette universitaire où ils étaient autorisés à parler de la vie estudiantine, sans aborder la politique. “Au moins, nous avons appris comment faire des coupes dans un texte. C'est utile aussi”, racontent-ils, stylo rouge à la main, en train de repérer les informations dans les dépêches qui sont ensuite saisies sur l’ordinateur. Puis c’est la correction et une nouvelle saisie. Parmi celles qui s’en occupent, une fille de 19 ans, un voile transparent sur le visage. A côté, deux volontaires d’Alexandrie, plus à l’aise avec les programmes informatiques d’édition, s’apprêtent à traduire les textes en anglais. “Nous avons ici tout ce dont nous avons besoin. Des militants islamistes, des libéraux, des gauchistes. Aucun ne veut de Kadhafi”, dit Manafi. »


A Benghazi, c'est aussi ce genre de modernité métissée et de désir de liberté que nous allons tuer, nous les grands démocrates du Nord qui n'avançons plus que par extrême prudence, calculs économiques, et cynisme bien mesuré et ressenti.

Fin de l'ultimatum de l'autorité libyenne provisoire. Kadhafi n'est évidemment pas parti. Tellement sûr de son bon droit de massacrer son peuple, tellement fier devant ces Occidentaux misérables qui rêvent de grands principes et agissent si souvent en intérêts spéculatifs et économiques. Personne ne veut se faire tuer pour la Libye, sauf les Libyens eux-mêmes. Et surtout plus personne, à part Sarkosy, considéré un peu partout comme un acteur de théâtre qui se met en avant pour braver seul le pouvoir libyen, pour dire « On y va. On fait le boulot pour détruire les avions, les tanks, et les bunkers de Kadhafi. Ensuite, on laisse les Libyens accomplir leur Révolution sur des bases un peu plus égalitaires, moyens militaires s'entend ». Ce discours-là, c'est juste du théâtre de boulevard parisien, et pas une parole sensée, réfléchie, libre, démocratique, pour dire « NON A LA TYRANNIE DE KADHAFI ».

Nous sommes de braves humanitaires, de chics gens prêts à porter secours. Mais devant la barbarie, nous fermons désormais nos yeux, calculons au plus près les conséquences des méthodes des barbares sans leur faire une opposition digne de leur brutalité quand cela est devenu nécessaire. Dans la rue, on laisserait un criminel tué la population par principe de nom ingérence dans son droit à sa citoyenneté folle. Dans la rue, à Genève par exemple, on dirait aux flingueurs qu'une fois qu'ils ont flingué à tout va, ils ont le droit de porter plainte quand des flics leurs tirent dessus et les blessent. C'est un peu ça, le système Kadhafi. Il s'appuie sur nos droits de l'hommisme pour tuer en toute impunité sa population. Puis il nous donne sa leçon de conduite. Pas d'ingérence dans les affaires des Libyens, pas d'impérialisme. Juste sa tente Kadhafi partout dans le monde. Parce que lui au moins, il n'impose pas son impérialisme à la face du monde. Bonjour tristesse. Le Japon vient de tomber dans la nuit d'une énorme catastrophe. Nous, nous subissons les jeux fripons d'un gentil dictateur qui nous veut le plus grand bien.

La France est à l'honneur à Bengazi. Le drapeau tricolore flotte dans la ville. Ce n'est pas de l'impérialisme français. C'est juste un magnifique geste d'amitié d'un peuple arabe en pleine détresse qui cherche sa liberté. Monsieur Sarkozy, si vous avez accompli une belle chose dans votre règne de Président, c'est bien ce que vous voulez exiger aujourd'hui de l'Europe. Reste à faire le boulot. Le ferons-nous? C'est une autre histoire.

Si j'étais Japonais aujourd'hui, je serai du côté de mon peuple, si j'étais Libyen, je serais du côté de mon peuple. Je suis Helvète, je suis du côté des gens qui agissent pour leur liberté, leur dignité, leur volonté de surmonter les désastres et les malheurs qui leur arrivent. quelque soit leur origine, leur couleur de peau, et leurs idées acceptables dans un jeu démocratique. C'est peu de chose. C'est rien du tout. Mais c'est tellement mieux que d'être du côté d'un tortionnaire et d'un tyran qui veut imposer sa Vérité à la face du monde entier.

 

 

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