21/03/2011

A partir de quand un civil devient complice du militaire?

 

La guerre moderne, en tout cas du côté des démocraties, devient de plus en plus difficile à mener de peur de toucher des civils.

Force est de constater, qu'aujourd'hui, il devient nécessaire de tenir compte du comportement des civils à se mettre à l'abri et en sécurité où à soutenir un camp ou un autre. Kadhafi a fait, sans aucun doutes, des dizaines de milliers de morts civils en quarante ans de régime tortionnaire. Hors, malgré ses crimes horribles, un pan entier de la population libyenne a soutenu et soutient encore ce régime d'une cruauté terrifiante quitte à mourir pour lui (preuve d'idolâtrie caractérisée).

Du côté de la démocratie, toutes les précautions sont prises pour ne pas attenter à la vie des civils acquis ou non à la cause d'un régime tortionnaire. Hors nous le savons, dans le conflit serbo-kosovar, il avait fallu se résoudre à détruire la propagande de la télévision officielle serbe pour réussir à faire craquer Milosevic. Des civils, des journalistes, sont morts en tenant leur poste, des journalistes et du personnel technique qui, soit par lâcheté, soit par peur de mourir d'une balle dans la tête, soit clairement en faveur du régime Milosevic, ont payé de leur vie ce soutien fasciste à un régime fasciste.

Qu'en était-il de l'Allemagne et de la France au moment des frappes alliés? Des centaines de milliers de civils, gens fidèles à Hitler ou opposants, sont décédés, pêle-mêle, dans la reconquête des terres occupées par un régime honni des démocraties.

Aujourd'hui, on déclare de façon présomptueuse: « Touche pas aux civils » Hors les civils, mis à part les enfants, pris d'ailleurs dans un jeu scandaleux au service de la propagande, ne sont pas tous neutres ou ennemis d'un régime dictatorial. Ils le soutiennent et le crient à la face du monde. Même s'ils sont de pauvres gens manipulés par le magnétisme de ce monstre qu'est devenu Kadhafi, ils sont responsables devant eux-mêmes de ce qu'ils sont devenus et de ce qui pourraient leur arriver. Défendre les civils, c'est magnifique, c'est respectueux de l'être humain. Mais il y a des limites objectives à cette défense, une ligne rouge à franchir en cas d'absolu nécessité.

Et franchement dit, je n'imagine pas aujourd'hui un opposant à Kadhafi, non armé, se promener dans cette foule de fanatiques, habillés en vert du livre, sans être sûr de se voir torturer et lyncher sur place pour outrage à la parole du Guide... De l'autre côté, j'espère qu'à Benghazi les autorités arrêteront quiconque attenterait à la vie d'un civil fasciste qui défend avec son unique parole les crimes de sang du tortionnaire. Arrêter cet homme scandaleux, oui, pour violation à la loi (qui n'existe pas encore là-bas) sur le racisme et appel au meurtre déclaré ouvertement sur la place public. Le tuer, cet homme solitaire éructant des paroles scandaleuses? Non. Le juger et le punir d'une peine symbolique est largement suffisant. Car il se punit déjà lui-même devant toute la société démocratique. On l'a très bien vu, dernièrement, avec le cas du couturier John Galliano.

A Tripoli, pendant ce temps, certains civils ne font pas que parler. Ils mettent leur vie en danger, et même celles de leurs propres enfants, pour défendre un régime inacceptable en se proposant en bouclier humain face à l'armée de libération du peuple. A eux d'en accepter les éventuels conséquences funestes suite à leur volonté définitive de défendre un régime fini. La différence est claire entre un régime démocratique et un régime fasciste: le premier acceptera toujours toutes les opinions dans les limites du respect d'autrui alors que le régime fasciste n'accepte qu'une seule opinion jusqu'à la mort: celle de la dictature en place.

Bien choisir les représentants de la liberté et nos ambassadeurs du monde libre est un signe de démocratie. Bamby, un être à part, peut-être un genre d'extra-terrestre qui a rejoint le ciel...

 

P.S. en cas de frappes militaires sur le bunker des Kadhafi, les militaires auront cependant l'obligation de prévenir les civils de tripoli de déguerpir de là s'ils veulent rester en vie. C'est la loi de notre transparence démocratique qui l'impose même si cela permet aux Kadhafi de s'enfuir du bunker. Autre chose: je viens de lire des choses insensées: ne guerre militaire propre est-elle une guerre qui donne zéro militaire mort et des milliers de civiles massacrés par des blindés et des avions bombardant Benghazi, par exemple? A lire le récit de certains reporters, on aurait à faire à un massacre horrible de l'armée française sur les occupants des chars et de la logistique militaire libyenne. Bref, nous nageons en plein délire et les journalistes devraient parfois savoir se taire avant de dire des énormités qui ne font que rajouter au trouble actuel.

 

Question du jour: qui obtiendra cette année le "Prix Kadhafi" pour les droits de l'Homme? Ce n'est pas un gag. Kadhafi décerne chaque année son prix à une personne méritante: une fois, c'était Mandela, une fois, c'était Chavez et une auttre fois Castro. dommage pour notre cher Nelson Mandela. Comme quoi, le manipulateur a bien su se faire passer pour un grand libérateur. Heuuu... Celui qui aurait l'idée d'avancer votre serviteur pour ce prix sanguinaire en 2011...qu'il aille voir ailleurs si j'y suis. Merci.

 

14:29 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

C'est marrant, on se posait exactement la même question avec un collègue.

Un opérateur de control aerien, un fonctionnaire fabiquant de missile est-ce vraiment un civil ou un militaire?

Par contre pour les enfants, c'est parfois une situation difficile pour les militaire qui se retrouve dans la fragile situation où un enfant le vise avec une arme à feu.
Que faire? Tuer ou être tuer? Tel est la question...

Seulement, il faut être raisonnable, une guerre sans mort, n'est pas une guerre...

Écrit par : DdDnews | 21/03/2011

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