29/03/2011

Libye: un moyen sérieux en vue de fins sérieuses

 

Cette périphrase de Clausewitz qui désigne "la guerre" et son sens, est d'actualité brûlante. Fallait-il intervenir en Libye pour sauver Benghazi la liberté? Au nom de la démocratie, c'est un "oui" clair, franc, et sans aucun doute possible. Faudra-t-il soutenir les révolutionnaires jusque durant le siège éventuel de Tripoli? Là, cela devient nettement moins clair. On désire tous le départ de Kadhafi mais on ne veut pas que l'intervention de la coalition se transforme en boucherie populaire.

Alors aurons-nous au final une division de l'Etat libyen, provisoire ou durable, entre Tripolitaine et Cirénaïque? Pour quel bénéfice des populations qui vont se retrouver déchirées et séparées par un mur invisible de haine politique, économique, et sociale? Pour quel bénéfice à l'intervention décidée sous l'égide de l'ONU? L'accusation fatale et inévitable sera qu'en décidant de stopper à Ras Lanouf nos efforts potentiels de libération d'un peuple, nous voulions en fait le pétrole qui coule dans les puits de Cirénaïque.

Ce serait alors franchement une catastrophe pour tout le monde. Nous nous devons de terminer le travail avec le départ évident du clan Kadhafi. Tripoli ne peut pas rester aux mains de la dictature. Nous devons, si ce n'est par des moyens militaires, arriver par des moyens diplomatiques intenses et internationaux à coincer Kadhafi, à faire en sorte que ses derniers soutiens populaires se retournent contre lui. C'est notre seul choix acceptable pour éviter un chaos et l'ère d'un soupçon intenable sur cette « Aube de l'Odyssée ». Qu'Harmattan puisse souffler sur les restes de ce pouvoir malsain des Kadhafi afin que demain la démocratie et le soleil se lèvent sur Tripoli comme sur Tunis.

 

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