05/01/2012

Porte-à-porte amoureux

 

Combien de marches montées par les dealeuses de palier déhanchant leurs amples aspirateurs sur l'escalier de la Septième Saveur?

Branchées nuits et jours au tarif de leurs menus composés à base de pur cochon exclusivement, par beau temps ou pluie d'averses, elles passent les allumettes de Bengale puis traversent l'espace-temps autorisé et non-censuré, convertissant des égarés le temps du bal, conversant sur le canapé-lit avec des convertis un peu gêné de cette église close et hermétique, secret des dieux oblige, avant d'incendier leurs cigarettes dans les bénitiers de feu à leurs corps ouverts. Puis, mine de rien, elles se refont une beauté, repassent dans la rue pour pointer un chat lent au désir chaud, poussant un peu plus loin leur kif branché au courant alternatif des voyageurs de commerce cherchant une aventure ou une décharge perverse contre taxe à l'énergie renouvelable. Sur le front des femmes et des hommes,, invisible, une seule marque: « Histoire d'O  Zone »

 

Combien pour le quart d'heure d'ivresse? Elles ne le disent jamais qu'avec un pauvre signe. Elles commencent parfois à 5 doigts (en précisant ceci: « Chéri,t'auras la totale plus un bonus parce que c'est toi », puis descendent à 4, puis 3, puis 2. Elles arrêtent là l'amputation...ou descendent de désespoir jusqu'à 1, parfois. Mais si elles en arrivent là, les plus courageuses diront « Fuck You » et renverront l'intrus sans avoir obtenu leur petit chat d'amour. Les plus faibles économiquement diront simplement O.K. Mais elles le feront sans conviction et en cinq minutes si possible. En insistant: « Tu payes d'avance ». Alors que pour les plus généreux, elles attendent toujours la fin et disent merci pour le cadeau reçu. Car une fille de joie ne le fait pas plus pour l'argent qu'une autre quand elle a le béguin passager pour un mec.

Les plus gourmandes ou téméraires montrent parfois les dix doigts et répètent jusqu'à dix fois leur geste. 10'000. Dix mille quoi? Dix mille balles dans le cul pour toi le pingre. Sur quoi, le pingre répond: « Sale pute, tu veux me niquer la gueule? ». C'est parfois hard le monde de la prostitution.

J'ai voyagé jadis dans ce monde-là. J'ai visité aussi Pornoland comme acteur d'occasion. Il n'y avait pas de quoi faire les Monsieur Sainte-Nitouche. J'ai appris de ce monde-là. Appris la valeur des filles que l'on touche de corps et de coeur sans faire exprès, des filles sans matricule autre que leurs culs dévoués aux fantasmes des hommes. Des filles que je respecte infiniment. Si j'étais sous la loi criminogène que certains veulent introduire par derrière dans nos pays proprets, je serais aujourd'hui derrière les barreaux. Le monde des faux-culs ne me convient pas. Car le monde de la rue n'est pas plus glauque que le monde des mariages violents. Au contraire, ce monde-là est parfois bourré de poésie chevaline, rempli de chevauchées fantastiques, pour autant que la fille comme le garçon savent se reconnaître le temps d'un verre, et d'une épousaille furtive, prendre le temps de l'ivresse commune en partant direction le soleil et la lune. Direction sky and the moon. En double version. La deuxième est carrément d'enfer blogosphère. On danse ce soir avec the rainbow de l'Amour.

 

Passe-passe la rue

dans le coeur de nos vies.

Passe moi ta main

et prends la mienne,

l'école est finie.

21:03 Publié dans Lettres | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

J' ai froid j' ai pas faim et pourtant je ne suis pas à la rue.
Alors oui j' espère bien que l' école est fini.
Ma main dans la tienne.
bb qui est là avec toi.

Écrit par : Cristal Gagnante | 05/01/2012

Les commentaires sont fermés.