11/04/2012

Le capitaine de pédalo n'arrivera pas à destination

 

François Hollande, forcé de faire une place à Jean-Luc Mélenchon sur son pédalo d'infortune, va au-devant d'un tragique remake de l'élection ratée de Ségolène Royal.

Pourquoi l'affirmer? Parce qu'au centre, ça bouge, ça se concentre, avec François Bayrou et ça penche plutôt à droite du moment que Mélenchon a réussi maintenant sa percée décisive. Hollande est coincé. Soit il dit oui à Bayrou et aux grandes lignes du programme du centriste, soit il le perd et gagne Mélenchon. Mais alors les centristes iront à leur écrasante majorité se calquer sur Bayrou à droite, du côté de Sarkozy, pour autant que ce dernier ait l'intelligence de donner une grande liberté d'action à François Bayrou et à ses idées républicaines.

Avec Mélenchon à son bord, le pédalo coulera. Trop lourd, trop chargé du fardeau des cadeaux électoraux au peuple des gagne-petits et des poisons fiscaux aux riches et très riches. Avec Bayrou et sans Mélenchon, la gauche de la gauche s'abstiendra de voter pour Hollande et Sa Majesté Sarkozy flattera un peu plus l'extrême-droite pour aller la faire voter pour lui.

Mais Bayrou n'ira de toute façon pas à gauche, pas avec Hollande. C'est trop casse-gueule pour lui et sa probabilité de prendre le pouvoir est quasi nul, l'électorat de le Pen et une petite partie de celui de Mélenchon votant alors pour Sarkozy ou s'abstenant sans aucun état d'âme. Ira-t-il alors à droite? Oui. Parce qu'il n'a pas le choix. Il doit être au gouvernement pour exister encore. Sinon il peut mourir tranquille. Personne ne viendra le chercher dans 5 ans. Cela pourrait être sa dernière option politique, mais pas très glorieuse pour lui. Car comment prétendre et dire qu'il veut donner sa vie à la France pour la sortir du marasme et de la catastrophe et, dans le même temps, faire le saut de l'ange dans le néant politique qui lui serait alors promis. Il ne peut pas critiquer le Gouvernement et l'UMPS pendant 10 ans sans jamais participer au grand chamboulement qu'il souhaite de tous ses voeux! C'est une posture politique impossible à tenir. Pire. C'est la posture des politiciens démagogues qui font de belles promesses s'ils deviendraient Président... Donc, pour sa crédibilité, François Bayrou ira à Sarkozy si Sarkozy est intelligent avec lui. Et si Bayrou y va, Hollande coulera avec Mélenchon. C'est clair comme de l'eau de mer bien salée. A l'addition, Bayrou et Sarkozy s'entendront mieux que Hollande et Mélenchon. C'est le ticket gagnant. Et le moins nocif pour la France. On ne voit pas comment Mélenchon pourrait trouver une grande envergure politique à côté de son capitaine de pédalo...et surtout redonner un espoir certain à la nation française.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon sait parfaitement qu'en cas de défaite de Hollande, il deviendra le leader de la nouvelle gauche. Le PS sera dans un désarroi tel qu'il ne se relèvera pas de si tôt. A prendre la Bastille avec des vieilleries et des bigoteries trotskystes, le démagogue aura ouvert un boulevard aux jeunes personnalités de gauche qui surgiront sur la débâcle des éléphants du PS qui n'y arrivent décidément plus depuis François Mitterrand. Pendant ce temps, le révolutionnaire millionnaire Mélenchon paradera en pétaradant sa mitraille d'extrême gauche. Vaut mieux être riche et révolutionnaire de pacotille que pauvre et révolutionnaire pour de vrai.

Mélenchon, c'est notre Jean Ziegler helvétique. Mais si Ziegler avait pris le pouvoir en Suisse, il n'aurait pas fait 100 jours au pouvoir. Les Helvètes savent encore utiliser leur coeur et leur tête à des fins non démagogiques. On peut rêver, vivre d'utopie égalitaire et préférer la liberté sincère, aimer le sel libéral et le poivre social pour équilibrer la démocrratie au centre, seule attitude responsable pour garder la paix sociale, la porspérité, et l'avenir sans guerre.

 

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