12/04/2012

Quand Nicolas Sarkozy devint Nicolas Sarkozaccio

 

Nicolas a révélé un secret de sa vie intime. Si lui et Carla Bruni l'Italienne avaient eu un garçon à la place de leur fille Giulia, ils l'auraient baptisé Lorenzo.

Ce prénom, la presse ne l'a pas relevé, est très célèbre dans la littérature française. Alfred de Musset en a tiré un roman de la Renaissance sur fond d'Histoire réelle. Au temps des Médicis, a existé un certain Lorenzaccio, de son nom pur et premier Lorenzo de Médicis, héros romantique.

Lorenzaccio est un diminutif que les Florentins attribuèrent par mépris au personnage et qui rejoint aujourd'hui curieusement la méprisance décriée par un certain Nicolas Sarkozy à son égard.

Fait marquant de la pièce. Dans la réalité, Lorenzo se fixe pour mission d'assassiner le tyran au pouvoir, son cousin Alexandre de Médicis. Il échoue, prend la fuite et survit encore quelques années. Dans la pièce de Musset, il reste et se laisse tuer. Pour Nicolas Sarkozy, il réussit à faire assassiner le plus célèbre et ubuesque tyran de la Terre, Muammar Kadhafi, afin d'y installer un pouvoir démocratique en Libye après avoir flirté avec le tyran sous les toits de Paris et l'avoir aidé à chasser les démocrates chez lui par une technologie d'espionnage vendue par la France à la Libye. Sarkozaccio, le traître, le lâche au service des pouvoirs occultes et financiers retrouve son idéal de beauté et de démocratie en sauvant les gens de Benghazi d'un massacre programmé. Toute ressemblance entre les deux personnages est fortuite...

Sarkozy agit presque seul en Libye, aidé d'un philosophe connu et décrié, Bernard Henri Lévy, improvisé diplomate de circonstance, et personne en Europe n'a le courage de croire le Président au départ de son idéal, surtout pas Angela Merkel, pour se servir de son acte audacieux devant l'ONU comme d'un tremplin pour instaurer une démocratie en Libye. Pourtant, à l'arrivée, Sarkozy réussit le tour de force de sa présidence et fait éliminer le clan Kadhafi du pouvoir. Cela n'empêche pas la France de continuer à faire de l'anti-sarkozysme simplet. Il reste Sarkozaccio, le petit Naboléon au pouvoir illégitime, le président traître et félon du Fouquet's et du yacht du milliardaire(un boléro d'opéra mis au service de sa Dame de Coeur, la perfide Cécilia qui le quittera malgré tout en pleine avènement élyséen). Jamais Sarkozy ne dénoncera le bling-bling de Cécilia et il prendra tout en pleine figure sans rien avouer à personne. Lui, s'écraser au service de son épouse, impossible. Il est trop fort l'homme Sarkozy pour se risquer à assouvir sans rechigner tous les caprices luxueux de son joyau féminin. Une certaine dictature d'esprit règne dans le couple et c'est elle qui décide de quand et du comment...aussi du pourquoi de son départ définitif. Mais ça, Nicolas ne peut l'avouer à personne.

Sarkozy ne se résoudra jamais à être Sarkozaccio. Il ne va pas s'enfuir et laisser l'Elysée à un autre. Il va encore se battre, quitte à mourir en Président digne. Il n'est pas ce personnage corrompu, pervers, et débauché qu'on lui prête. Il n'est pas mêlé à des histoires trouble telle que l'affaire du financement de sa campagne par Kadhafi en 2007 ou l'affaire Karachi et d'autres encore qui entachent sa Présidence. Sarkozaccio n'existe que dans les fantasmes de ses ennemis. Lui, c'est Nicolas Sarkozy, homme-président digne de la République de France, combattant à toutes heures du jour et de la nuit pour la Grande Nation, homme d'épée, de lettres, et de chiffres tandis que d'autres ne sont que des chiffons en papier et brouillon de culture. D'ailleurs, il défend la culture supérieure judéo-chrétienne et cela lui vaut des railleries à n'en plus finir. L'Homme du Guéandertal est né et survivra à toutes et à tous. Il survivra même devant tous les Crocs des Mélenchons, des Le Pen, et des Hollande qui veulent sa perte. Lui, c'est Darwin et Dieu dans la même peau évolutionniste. Il ne choisit pas. Il unit sous le même toit éternel la théorie scientifique et la théologie des êtres humains. Face au désenchantement et à l'idéal flouté de ses contemporains, Sarkozy se demande sans cesse si un mal peut justifier un bien dans l'action politique. Le désir de liberté pour justifier un crime, éliminer le tyran, est-il possible en Syrie comme en Libye? L'international est sous le feu de la rampe sarkozyenne. Il veut sauver le Printemps de Jasmin après ne l'avoir pas vu venir. C'est son idéal et sa fibre démocratique qui s'impose avec l'aide de son Ministre aux Affaires Etrangères, Alain Juppé, Alien pour ses intimes, qui sait que du monstrueux de la dictature accouche parfois des futurs plus lumineux pour les peuples. A l'intérieur, son pays est miné par la crise des idéologies. Croire encore aux idéaux républicains, liberté, égalité, fraternité? Sont-ce finalement des mensonges ? Compte tenu de l’emprise de la vie politique dans nos démocraties, des scandales qui les agitent, des risques encourus par la liberté, on peut légitimement se poser la question. Mais Sarkozaccio ne se pose pas la question. Il fonce et croit encore en sa bonne étoile. Il va poursuivre le travail en France comme devant la crise de confiance qui secoue l'Europe entière. Sarkozy ne supporte pas l'échec. De ses expériences de jeunesse et de ses galanteries auprès de la gente féminine, il va conserver le masque et le regard aiguisé et cynique du libertin débauché qui sait deviner les êtres. Il ne fera rien au monde pour faire croire au peuple qu'il est désormais fidèle parmi les fidèles à la nouvelle femme de sa vie, Carla Bruni, la belle italienne romantique ex-croqueuse d'hommes qui va lui donner un enfant. Les deux ensemble se sont dévorés mutuellement. Ils sont désormais promis l'un à l'autre pour la vie. Il a conquis l'adolescente désinvolte qui cherchait un homme à travers tous les hommes qu'elle séduisait. Elle a conquis le petit garçon tyrannique qui se mettait en colère pour un rien et séduisait à outrance les grandes femmes par manque d'assurance en sa petite taille d'homme. Carla et Nicolas rêvent de Lorenzo...

Un joli extrait de « Lorenzaccio » pour comprendre la rencontre réussie entre Carla et Nicolas:


Je réponds de la petite. Deux grands yeux languissants, cela ne trompe pas. Quoi de plus curieux pour le connaisseur que la débauche à la mamelle ? Voir dans une enfant de quinze ans la rouée à venir ; étudier, ensemencer, infiltrer paternellement le filon mystérieux du vice dans un conseil d’ami, dans une caresse au menton ; tout dire et ne rien dire, selon le caractère des parents ;
– habituer doucement l’imagination qui se développe à donner des corps à ses fantômes, à toucher ce qui l’effraye, à mépriser ce qui la protège ! Cela va plus vite qu’on ne pense ; le vrai mérite est de frapper juste. Et quel trésor que celle-ci ! tout ce qui peut faire passer une nuit délicieuse à Votre Altesse ! Tant de pudeur ! Une jeune chatte qui veut bien des confitures, mais qui ne veut pas se salir la patte. Proprette comme une Flamande ! La médiocrité bourgeoise en personne. D’ailleurs, fille de bonnes gens, à qui leur peu de fortune n’a pas permis une éducation solide ; point de fond dans les principes, rien qu’un léger vernis ; mais quel flot violent d’un fleuve magnifique sous cette couche de glace fragile qui craque à chaque pas ! Jamais arbuste en fleur n’a produit de fruits plus rares, jamais je n’ai humé dans une atmosphère enfantine plus exquise odeur de courtisanerie.


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Deux enfants à l'innocence retrouvée...le garçon est Président d'un grand pays. La fille est chanteuse romantique d'un autre grand pays. Ensemble, ils vont former "The Voice" de l'Europe...mais d'abord de la France.

Déjà nous pouvons comprendre que pour Sarkozy il faudra élever la dissimulation au rang d’art accompli afin d’échapper à la clairvoyance d’un regard roué et de plus méfiant. Sarkozy révèle aussi avec une certaine prescience le rôle sournois de l’imagination pour abattre les défenses, le rôle du désir impur qui porte plus loin qu’on ne voudrait aller, qui mène en terres interdites et dangereuses. Il y aurait donc dans l’esprit délicat une faculté traîtresse propre à ouvrir la boîte de Pandore, une faiblesse inconnue, un ennemi intérieur dissimulé. Musset, dans sa pa pièce, traduirait-il à sa manière le dogme chrétien du péché originel ? Et surtout, pourrait-il nous faire comprendre Nicolas Sarkozy de l'intérieur et à l'extérieur de lui?

Nous terminons ici cette comparaison entre deux héros par cette citation. L'un est encore Président, l'autre n'est qu' un héros de roman...

Les hommes ne m’avaient fait ni bien ni mal ; mais j’étais bon, et, pour mon malheur éternel, j’ai voulu être grand. Il faut que je l’avoue : si la Providence m’a poussé à la résolution de tuer un tyran, quel qu’il fût, l’orgueil m’y a poussé aussi.

Suis-je un Satan ? […] Quand j’ai commencé à jouer mon rôle de Brutus moderne, je marchais dans mes habits neufs de la grande confrérie du vice, comme un enfant de dix ans dans l’armure d’un géant de la Fable. Je croyais que la corruption était un stigmate, et que les monstres seuls le portaient au front. J’avais commencé à dire tout haut que mes vingt années de vertu étaient un masque étouffant ; ô Philippe ! j’entrai alors dans la vie ; et je vis qu’à mon approche tout le monde en faisait autant que moi ; tous les masques tombaient devant mon regard ; l’humanité souleva sa robe, et me montra, comme à un adepte digne d’elle, sa monstrueuse nudité. J’ai vu les hommes tels qu’ils sont, et je me suis dit : pour qui est-ce donc que je travaille ? Lorsque je parcourais les rues de Florence, avec mon fantôme à mes côtés, je regardais autour de moi, je cherchais les visages qui me donnaient du cœur, et je me demandais : quand j’aurai fait mon coup, celui-là en profitera-t-il ?

Nicolas Sarkozy, ex Sarkozaccio, dans le coeur de beaucoup de Français prépare son coup. Devenir Président de la France pour un second mandat. Il pourrait encore une fois réussir après avoir participé à la chute de la maison Kadhafi à l'extérieure, il pourrait être directement responsable de la chute de la maison socialiste à l'intérieur de son pays.

Où quand la grande littérature rejoint parfois l'Histoire de France. Lorenzo a pris les traits féminins de Giulia. Pas vraiment en contradiction avec la pièce d'Alfred de Musset.


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Commentaires

Hello Pachakmac,

Bien bonne idée d'avoir amené Lorenzaccio au milieu du débat. Personnage archétypal de tant d'humains.

Musset disposait d'une lucidité et d'une modernité étonnantes. Un auteur très pointu.

Analyse complexe que vous faites dans ce billet. Je le relirai pour savoir quel fil en tirer.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | 12/04/2012

Bonjour hommelibre, un siècle de Renaissance commence...ou alors est-ce la Décadence finale et la fin de l'Histoire civilisationnelle de l'Humanité. L'horloge Maya a-t-elle une suite? :) Bonne journée. Me réjouis de vous lire sur le sujet.

Écrit par : pachakmac | 13/04/2012

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