23/04/2012

Elysée 2012: pourquoi les extrêmes ont (presque) déjà gagné

Par urgence, je continue à commenter l'élection présidentielle française suite aux résultats calamiteux du premier tour.

 

François Bayrou constate à cette heure les dégâts d'une politique centriste non-partisane. Il a laissé libre le champ aux vrais démagogues qui ont tout dévasté durant la campagne, soit Jean-Luc Mélenchon et surtout Marine Le Pen. Ce soir, il récolte le résultat non mérité d'un homme qui n'a pas voulu se positionner clairement sur l'échiquier politique. Etre au centre de la vision politique d'un pays ne signifie pas refuser une union avec la Droite ou la Gauche pour gouverner si on constate que le peuple ne suit pas la ligne centriste pour la Présidence.

Le peuple, ne comprenant guère l'attitude solitaire de François Bayrou alors même que tous les sondages indiquaient qu'il n'aurait aucune chance de passer au second tour, a sanctionné l'attitude du patron du MoDem en le gratifiant d'un petit 9% de soutien, la moitié du score réalisé en 2007! Pendant ce temps, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon cartonnent. Les deux anti-Européens, associés encore aux communistes réalisent un score réuni de près de 35%! C'est tout simplement énorme. Sarkozy, Président sortant, ne réalise que 26%! Hollande, le futur promis, 28%!

C'est impensable. La catastrophe annoncée se précise. Si Sarkozy, pour tenter de survivre coûte que coûte, insiste sur l'aile droite de son parti, il va faire imploser la Droite. L'aile la plus proche des préoccupations humanistes ne pourra le suivre dans sa dérive extrémiste Si le 50% le plus à droite de ses sympathisant rejoignent alors Le Pen durant ces prochaines années, celle-ci peut espérer en 2017 un FN qui pourra dépasser les 30% au premier tour. La vague FN n'en finit plus de rouler sur les terres républicaines!

Bayrou, aujourd'hui en position de faiblesse, doit tenir au plus vite un discours très clair et tenter de ramener, avec un Nicolas Sarozy main dans la main, les brebis qui s'égarent vers les extrêmes. Ils échoueront peut-être ensemble mais au moins l'honneur républicain et humaniste aura été défendu jusqu'au bout afin de sauver l'idéal républicain français et européen sur un paquebot en vraie perdition. Bayrou-Sarozy à la barre. La dernière chance pour la République d'éviter le raz-de-marée des extrêmes dans cinq ans. C'est un cri, la sirène d'un S.O.S. D'un blogueur suisse et européen qui refuse la défaite devant les extrêmes qui montent partout en Europe.

Parce qu'il est Européen convaincu; parce qu'il est d'abord libéral et ensuite social; parce que sa seule famille politique c'est le centre-droite, François Bayrou doit renoncer au vote anti-sarkozy au côté de François Hollande qui reçoit davantage de soutien par anti-sarozysme  primaire que par adhésion au programme politique utopiste du leader socialiste. L'opportunisme de Mélenchon et de Le Pen les poussent à offrir la victoire à un candidat socialiste affaibli dès le premier jour qu'il accéderait au pouvoir. Ils savent tous les deux très bien pourquoi Sarkozy doit perdre absolument. Alors je l'écris encore une fois. Bayrou-Sarkozy, c'est la double force du centre-droite, la France Forte et Solidaire. François, n'hésitez pas. C'est là que se situe votre juste combat pour une France libre et démocratique, la France libérale et sociale.

 

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